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Al Ahram Hebdo - - Monde Arabe - Pro­pos re­cueillis par Atef Sa­kr

Waël Al-as­sad : De­puis la dé­ci­sion d’or­ga­ni­ser la confé­rence en 2010, au­cun choix n’a été fait sur l’etat qui ac­cueille­ra la confé­rence. Les Etats-unis sont res­pon­sables de cette len­teur. Par contre, les Arabes ont sou­le­vé la ques­tion. Le Ca­na­da, la Hol­lande et la Fin­lande étaient les 3 pays pro­po­sés. Mais la par­tie arabe avait des ré­serves concer­nant le Ca­na­da et la Hol­lande à cause de leurs po­si­tions en­vers les Arabes, tan­dis que la Fin­lande adopte des po­si­tions po­si­tives, en par­ti­cu­lier en­vers la cause pa­les­ti­nienne et la ques­tion de l’adhé­sion de la Pa­les­tine à l’onu. Ce­pen­dant, il y existe des ré­ti­cences en ce qui concerne le choix du mi­nistre fin­lan­dais des Af­faires étran­gères comme co­or­di­na­teur de la confé­rence. La par­tie arabe au­rait pré­fé­ré un exp­re­mier mi­nistre ou un ex­mi­nistre des Af­faires étran­gères pour jouer un rôle plus ac­tif.

— De quelle ma­nière la par­tie arabe se pré­pare-t-elle ?

— La Ligue arabe ef­fec­tue­ra des contacts avec le co­or­di­na­teur de la confé­rence pour connaître sa concep­tion sur les su­jets trai­tés par la confé­rence. Une co­or­di­na­tion se­ra ef­fec­tuée à l’in­té­rieur de la Ligue pour dé­ter­mi­ner les ap­proches arabes et les ex­pri­mer à tra­vers des po­si­tions conjointes, comme la dé­fi­ni­tion du cadre géo­gra­phique. Il faut dé­ter­mi­ner s’il com­pren­dra ou non l’iran. Il se peut que la ques­tion du Pa­kis­tan soit aus­si sou­le­vée ain­si que d’autres ques­tions tech­niques aux ré­per­cus­sions po­li­tiques, comme le mé­ca­nisme d’ins­pec­tion et d’in­ves­ti­ga­tion. La pre­mière prio­ri­té por­te­ra sur l’agenda et le plan d’ac­tion de la phase post-confé­rence. Reste la ques­tion du pro­ces­sus de né­go­cia­tions sur le­quel il doit y avoir un ac­cord arabe.

— L’ob­jec­tif est-il de par­ve­nir à un ac­cord obli­ga­toire pour ins­tau­rer une zone exempte d’armes nu­cléaires ?

— Oui, l’ob­jec­tif fi­nal est d’ins­tau­rer une zone exempte d’armes nu­cléaires. Cet ac­cord se­ra obli­ga­toire pour toutes les par­ties.

— Pour­quoi ci­ter pré­ci­sé­ment les Etats- Unis, la Rus­sie et le Royaume-uni en par­lant de la confé­rence ?

— Quand le Trai­té de Non­Pro­li­fé­ra­tion ( TNP) des armes nu­cléaires a été si­gné, il a été dé­po­sé au­près de ces Etats qui dé­si­raient, lors d’une confé­rence de ré­vi­sion du trai­té en 1995, le pro­lon­ger. Ce­pen­dant, des pays arabes ont re­fu­sé. C’est pour­quoi, ces 3 Etats ont ré­cla­mé l’ins­tau­ra­tion d’une zone exempte d’armes nu­cléaires et D’ADM au MoyenO­rient, pour que les Etats arabes ac­ceptent le pro­lon­ge­ment du trai­té.

— Quelle est la po­si­tion arabe sur le pro­gramme nu­cléaire ira­nien ? Est-elle dif­fé­rente de la po­si­tion oc­ci­den­tale ? — La par­tie arabe adopte un rôle d’ob­ser­va­teur. La com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale n’a pas pu prou­ver jus­qu’à pré­sent que les in­ten­tions de l’iran sont de pos­sé­der des armes nu­cléaires. Il est vrai que cer­tains pays sont in­quiets quant au pro­gramme ira­nien. Ce­pen­dant, la Ligue arabe ef­fec­tue un lien entre le dos­sier nu­cléaire ira­nien et la di­men­sion géo­gra­phique, c’es­tà-dire qu’elle lie le pro­gramme ira­nien au pro­gramme is­raé­lien. Comment par­ler des in­ten­tions ira­niennes sans par­ler des in­ten­tions d’is­raël qui pos­sède ef­fec­ti­ve­ment l’arme nu­cléaire ?

— Cer­tains af­firment que le pré­sident amé­ri­cain a de­man­dé à des ins­pec­teurs de l’agence In­ter­na­tio­nale de l’ener­gie Ato­mique (AIEA) des do­cu­ments prou­vant la vo­lon­té de l’iran d’ac­qué­rir les armes nu­cléaires. Qu’en pen­sez-vous ?

— Il y a une es­ca­lade entre les Etats- Unis et l’iran. La par­tie amé­ri­caine uti­lise le dos­sier nu­cléaire pour faire pres­sion sur l’iran. Si des do­cu­ments sont pu­bliés, les Arabes adop­te­ront une po­si­tion. Mais jus­qu’à pré­sent, L’AIEA n’a pas pu prou­ver l’exis­tence de tels do­cu­ments. Les Arabes re­fusent ca­té­go­ri­que­ment qu’is­raël ou l’iran pos­sède l’arme nu­cléaire. La ré­gion ne peut sup­por­ter l’exis­tence de cette arme.

— Qu’ad­vient-il de la dé­ci­sion de L’AIEA de 2009 concer­nant les ca­pa­ci­tés nu­cléaires is­raé­liennes ?

— Le mys­tère qu’en­tre­tient Is­raël sur son pro­gramme nu­cléaire ne pro­fite à per­sonne. Nous al­lons pour­suivre le dia­logue entre les Etats- Unis et Is­raël au­tour de ces ques­tions. Wa­shing­ton tente de convaincre Tel-aviv de par­ti­ci­per à la confé­rence de 2012, ce qui pose une in­ter­ro­ga­tion im­por­tante : cette par­ti­ci­pa­tion pous­se­ra- t- elle Is­raël à com­men­cer à re­mé­dier au pro­blème de l’arme nu­cléaire ? Il semble que ce der­nier ne re­fuse pas la par­ti­ci­pa­tion, mais il pose des ques­tions pour ne pas être em­bar­ras­sé du­rant la confé­rence de 2012. Or, nous as­pi­rons à une so­lu­tion ré­gio­nale glo­bale.

— Quelles sont les res­tric­tions im­po­sées par les Etats ex­por­ta­teurs de pro­duits et tech­no­lo­gies nu­cléaires aux pays en dé­ve­lop­pe­ment ?

— Nous avons des doutes quant aux groupes char­gés de sur­veiller les ex­por­ta­tions d’armes, en par­ti­cu­lier les armes nu­cléaires, qui en ex­cluent l’inde, et tentent de faire la même chose avec Is­raël, non si­gna­taire de l’ac­cord. En même temps, les mêmes pré­ro­ga­tives ne sont pas at­tri­buées aux pays arabes si­gna­taires de l’ac­cord sur le nu­cléaire.

— Quelle est la po­si­tion arabe en­vers le dos­sier nu­cléaire sy­rien ?

— Ce dos­sier a été trans­fé­ré au Conseil de sé­cu­ri­té de l’onu de­puis plus d’un an par le conseil des conser­va­teurs de L’AIEA. Nous sa­vons que la Sy­rie nie toute ac­ti­vi­té nu­cléaire. A ce pro­pos, nous avons des res­tric­tions sur 2 points. Pre­miè­re­ment : Is­raël a frap­pé la ré­gion de Der Al-zor sans en in­for­mer la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale. Ce qui est très dan­ge­reux, car ce­la si­gni­fie que chaque pays qui doute d’une pos­ses­sion de l’arme nu­cléaire par son voi­sin a le droit de lan­cer des frappes contre lui.

Deuxiè­me­ment : la destruction par Is­raël du site a em­pê­ché de connaître la vé­ri­té. Nous at­ten­dons la dé­ci­sion de l’agence sur cette ques­tion. Quant à l’es­ca­lade du dos­sier nu­cléaire sy­rien, ce­la a un autre sens, car nous sa­vons que le Conseil de sé­cu­ri­té peut lan­cer cette es­ca­lade pour d’autres rai­sons qui n’ont rien à voir avec le pro­gramme nu­cléaire. Au­jourd’hui, le dos­sier sy­rien ne concerne plus la Ligue arabe, puis­qu’il est étu­dié par le Conseil de sé­cu­ri­té

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