Al-as­sad s’en­fonce

Al Ahram Hebdo - - Monde Arabe - Ma­ha Sa­lem

ger dans les pays arabes pour cer­tains res­pon­sables sy­riens dont la liste reste à dé­ter­mi­ner ain­si que la sus­pen­sion des liai­sons aé­riennes entre les pays arabes et la Sy­rie. La date de l’en­trée en vi­gueur de cette der­nière me­sure se­ra fixée la se­maine pro­chaine.

Qua­si-una­ni­mi­té Sur les 21 membres de la Ligue arabe — sans comp­ter la Sy­rie, ex­clue des réunions —, 19 ont vo­té en fa­veur de ces sanc­tions. Seuls l’iraq et le Li­ban s’en sont dis­so­ciés. Pour ren­for­cer les pres­sions sur les au­to­ri­tés sy­riennes, le chef de la di­plo­ma­tie turque, Ah­met Da­vu­to­glu, qui a par­ti­ci­pé à l’ou­ver­ture de la réunion, a as­su­ré qu’an­ka­ra ap­pli­que­rait les mêmes me­sures contre la Sy­rie. L’éco­no­mie sy­rienne est dé­jà af­fec­tée par des sanc­tions eu­ro­péennes et amé­ri­caines. Les me­sures de la Ligue arabe risquent de l’as­phyxier da­van­tage : la moi­tié des ex­por­ta­tions et près d’un quart des im­por­ta­tions de la Sy­rie se fai­sant avec les pays arabes.

Avant de re­cou­rir aux sanc­tions, la Ligue arabe avait lan­cé deux ul­ti­ma­tums, som­mant Da­mas de faire ces­ser la ré­pres­sion et d’ac­cep­ter l’en­voi d’ob­ser­va­teurs arabes. Le ré­gime de Ba­char AlAs­sad a igno­ré ces ul­ti­ma­tums. Le mi­nistre sy­rien des Af­faires étran­gères a ac­cu­sé la Ligue arabe de favoriser une « in­ter­ven­tion étran­gère » en Sy­rie après leur dé­ci­sion de faire ap­pel à l’onu pour les ai­der à trou­ver un rè­gle­ment, no­tam­ment après les dé­cla­ra­tions du chef de la di­plo­ma­tie fran­çaise, Alain Jup­pé. Ce der­nier a an­non­cé que « les jours du ré­gime sy­rien sont comp­tés. Il est to­ta­le­ment iso­lé après le vote de sanc­tions par la Ligue arabe, qui a un poids consi­dé­rable ». Il a ce­pen­dant re­con­nu que les choses avan­çaient len­te­ment pour faire ces­ser la ré­pres­sion.

Jus­ti­fiant la dé­ci­sion de la Ligue arabe, le pre­mier mi­nistre qa­ta­ri a es­ti­mé : « Tout ce que nous fai­sons, c’est pour évi­ter une so­lu­tion ve­nant de l’étran­ger ». Si la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale voit que « nous ne trai­tons pas la ques­tion de ma­nière sé­rieuse, je ne peux pas ga­ran­tir qu’il n’y au­rait pas d’in­ter­ven­tion étran­gère » , a- t- il ajou­té.

« Pour nous, l’im­por­tant est que le gou­ver­ne­ment sy­rien se rende compte qu’il y a une po­si­tion arabe qui veut ré­gler la ques­tion de ma­nière ur­gente », a af­fir­mé la Ligue arabe dans un com­mu­ni­qué de­man­dant « l’arrêt des mas­sacres, la li­bé­ra­tion des pri­son­niers et le re­trait des chars des villes sy­riennes ».

Une fois ces sanc­tions an­non­cées par la té­lé­vi­sion pu­blique sy­rienne, plu­sieurs cen­taines de ma­ni­fes­tants se sont ras­sem­blés à Da­mas pour les dé­non­cer. Les pro­tes­ta­taires contre le ré­gime sy­rien pour­suivent, quant à eux, leurs ma­ni­fes­ta­tions en dé­pit de la ré­pres­sion. En outre, l’ar­mée Sy­rienne Libre (ASL), qui se re­ven­dique forte de quelque 20 000 dé­ser­teurs et dont le chef Riad AlAs­saad est ba­sé en Tur­quie, a mul­ti­plié ses at­taques contre les forces de l’ordre.

La ré­pres­sion de la contes­ta­tion po­pu­laire lan­cée le 15 mars der­nier a fait plus de 3 500 morts se­lon l’onu et en­traî­né des di­zaines de mil­liers d’ar­res­ta­tions

Les ma­ni­fes­tants sont ré­so­lus à pour­suivre la lutte jus­qu’à la chute du ré­gime.

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