Pre­mière étape vers le chan­ge­ment

Al Ahram Hebdo - - Monde Arabe - Ma­ha Sa­lem

SOUS PRES­SION, le pré­sident yé­mé­nite a cé­dé le pou­voir. Il a pa­ra­phé le plan des pays du Golfe si­gné de­puis long­temps par une grande par­tie de l’op­po­si­tion. Les ma­ni­fes­ta­tions se pour­suivent ce­pen­dant alors que l’ap­pli­ca­tion du plan arabe a dé­jà com­men­cé. Les élec­tions pré­si­den­tielles an­ti­ci­pées sont pré­vues pour le 21 fé­vrier 2012.

Se­lon les termes de l’ac­cord, les élec­teurs yé­mé­nites se­ront convo­qués pour une pré­si­den­tielle an­ti­ci­pée le 21 fé­vrier 2012. Le vice-pré­sident, AbdRab­bo Man­sour Ha­di, as­sure ac­tuel­le­ment la pé­riode d’in­té­rim. M. Sa­leh, 69 ans, dont 33 ans au pou­voir, est ain­si de­ve­nu le 4e chef d’etat arabe em­por­té par la contes­ta­tion de la rue de­puis le dé­but du prin­temps arabe fin 2010. Il est ce­pen­dant le pre­mier à le faire en ver­tu d’un ac­cord né­go­cié.

M. Sa­leh a re­mis le pou­voir à son vice-pré­sident, Abd-rab­bo Man­sour Ha­di, un homme de consen­sus, en échange de l’im­mu­ni­té pour lui-même et ses proches. Le fils aî­né du pré­sident, Ah­med, com­mande la Garde ré­pu­bli­caine, une uni­té d’élite, alors que plu­sieurs de ses proches, dont ses ne­veux, sont à la tête d’autres or­ganes de sé­cu­ri­té.

L’op­po­si­tion yé­mé­nite a an­non­cé sa­me­di der­nier avoir choi­si Mo­ha­mad Ba­sin­da­wa comme pre­mier mi­nistre pour la pé­riode in­té­ri­maire de 90 jours. Na­tif d’aden, dans le Sud du Yé­men, il avait été no­tam­ment mi­nistre des Af­faires étran­gères avant de rompre, il y a 10 ans, avec le par­ti pré­si­den­tiel : le

Po­pu­laire

Gé­né­ral Congrès (CPG).

De nou­velles ma­ni­fes­ta­tions de jeunes ont eu lieu pour dé­non­cer l’im­mu­ni­té ac­cor­dée à Sa­leh. Mais l’op­po­si­tion, dont la puis­sante tri­bu Al-ahmar, reste cen­trée sur l’ap­pli­ca­tion du plan de tran­si­tion, ne pou­vant re­mettre en cause cette im­mu­ni­té. Par ailleurs, Sa­leh reste pré­sident à titre ho­no­ri­fique pour les 90 jours de tran­si­tion, même s’il ne peut contes­ter les dé­ci­sions de Man­sour Ha­di. Mal­gré ce­la, Sa­leh a an­non­cé di­manche der­nier une am­nis­tie gé­né­rale. Une por­te­pa­role de l’op­po­si­tion a aus­si­tôt dé­nié à Sa­leh le droit de dé­cré­ter une telle am­nis­tie. « Cette am­nis­tie est contraire à l’ini­tia­tive du Golfe, aux termes de la­quelle le pré­sident a dé­lé­gué ses pré­ro­ga­tives au vice-pré­sident », a dé­cla­ré Hou­ria Ma­ch­houd. « Il n’a plus ni le droit, ni les pré­ro­ga­tives, ni la ca­pa­ci­té de prendre une telle dé­ci­sion », a-t-elle ajou­té à pro­pos de M. Sa­leh.

La crainte ré­side dé­sor­mais dans la pour­suite des ma­ni­fes­ta­tions par une par­tie de la jeu­nesse qui a tou­jours re­fu­sé le plan de tran­si­tion des mo­nar­chies du Golfe. « Les jeunes n’ont pas confiance. Ils ont me­né des ma­ni­fes­ta­tions pen­dant 10 mois, ils ont sup­por­té la ré­pres­sion et se sont sa­cri­fiés pour éta­blir dé­mo­cra­tie, li­ber­té et éga­li­té so­ciale. Ils n’ar­rê­te­ront leurs ma­ni­fes­ta­tions que s’ils sont sûrs de voir chu­ter l’en­semble du ré­gime. Ils veulent des ga­ran­ties et une par­ti­ci­pa­tion im­por­tante au sein de la vie po­li­tique », ex­plique Has­san AbouTa­leb, ana­lyste au Centre des Etudes Po­li­tiques et Stra­té­giques (CEPS) d’al- Ah­ram au Caire

Mal­gré la si­gna­ture du plan arabe, les pro­tes­ta­taires pour­suivent leurs ma­ni­fes­ta­tions.

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