Té­hé­ran im­pas­sible face aux Oc­ci­den­taux

La nou­velle sé­rie de sanc­tions oc­ci­den­tales ne fait qu’en­har­dir l’épine du ré­gime ira­nien, dé­ci­dé à pour­suivre la voie du nu­cléaire.

Al Ahram Hebdo - - Monde - M. Ch.

E

Nréac­tion à la nou­velle sé­rie de sanc­tions éco­no­miques et fi­nan­cières im­po­sées par la Grande-bre­tagne, les Etats-unis et le Ca­na­da à Té­hé­ran en rai­son de son pro­gramme nu­cléaire, le Par­le­ment ira­nien a vo­té di­manche à une large ma­jo­ri­té une loi ré­dui­sant le ni­veau des re­la­tions di­plo­ma­tiques et éco­no­miques avec la Grande-bre­tagne. 179 des 206 dé­pu­tés pré­sents (sur 290) ont vo­té en fa­veur du prin­cipe d’une ré­duc­tion des re­la­tions entre les deux pays, avant d’en­ta­mer un dé­bat pour fixer les dé­tails de cette ré­duc­tion qui de­vrait au mi­ni­mum en­traî­ner le dé­part des am­bas­sa­deurs des deux pays. Le pro­jet pré­pa­ré par la com­mis­sion des Af­faires étran­gères du Ma­j­lis pré­voit que le mi­nis­tère des Af­faires étran­gères ré­duise « dans un dé­lai de deux se­maines les re­la­tions avec la Grande-bre­tagne au ni­veau de char­gé d’af­faires et li­mite les re­la­tions éco­no­miques et com­mer­ciales au mi­ni­mum ». La loi doit être ap­prou­vée par le Conseil des Gar­diens (consti­tu­tion­nel) avant d’être mise en ap­pli­ca­tion.

Ren­for­çant la po­si­tion de Londres et de Wa­shing­ton, la France a pro­po­sé à l’al­le­magne, au Ca­na­da, aux Etats-unis, au Ja­pon et au Royaume-uni de ge­ler dès à pré­sent les avoirs de la Banque Cen­trale d’iran et d’in­ter­rompre les achats de pé­trole ira­nien. Re­je­tant la me­nace de la France, le res­pon­sable de la Com­pa­gnie na­tio­nale ira­nienne de pé­trole a af­fir­mé que les ré­serves ira­niennes de pé­trole et de gaz sont si im­por­tantes qu’elles ne peuvent être ex­clues des mar­chés mon­diaux comme le pré­co­nise la France.

Té­hé­ran ne cède ja­mais Mi­ni­mi­sant la va­leur de ces sanc­tions, le pré­sident ira­nien, Mah­moud Ah­ma­di­ne­jad, a af­fir­mé que son pays ne re­cu­le­ra pas sur son pro­gramme nu­cléaire mal­gré les nou­velles sanc­tions oc­ci­den­tales. « Je vous conseille de re­non­cer à ces mé­thodes, ne croyez pas que vos mau­vaises hu­meurs ar­rê­te­ront le peuple ira­nien de pro­gres­ser sur son che­min pour maî­tri­ser la tech­no­lo­gie nu­cléaire », a dé­cla­ré M. Ah­ma­di­ne­jad. Ajou­tant que ces nou­velles sanc­tions oc­ci­den­tales rendent la pers­pec­tive de né­go­cia­tions in­ter­na­tio­nales sur le su­jet « plus dif­fi­cile ».

Met­tant de l’huile sur le feu, le gé­né­ral Amir Ali Ha­ji­za­deh, com­man­dant des forces aé­riennes des Gar­diens de la Ré­vo­lu­tion, a af­fir­mé sa­me­di que s’il était me­na­cé par une in­ter­ven­tion mi­li­taire étran­gère, l’iran pren­drait pour cible le bou­clier an­ti­mis­sile de l’otan en Tur­quie. Jus­qu’ici, des res­pon­sables ira­niens avaient af­fir­mé à plu­sieurs re­prises qu’en cas d’at­taque contre l’iran, leurs forces ar­mées mè­ne­raient en re­pré­sailles des frappes de mis­siles contre Is­raël.

Al­liés tra­di­tion­nels de Té­hé­ran, la Chine et la Rus­sie ont es­ti­mé cette se­maine que les sanc­tions oc­ci­den­tales contre l’iran al­laient « com­pli­quer la si­tua­tion et in­ten­si­fier la confron­ta­tion » au­tour de la ques­tion du pro­gramme nu­cléaire de Té­hé­ran. Se­lon Mos­cou et Pé­kin, le dia­logue reste l’unique is­sue à la crise ira­nienne.

Le pro­gramme nu­cléaire ira­nien in­quiète de plus en plus la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale. L’agence In­ter­na­tio­nale de l’ener­gie Ato­mique (AIEA) s’est in­quié­tée dé­but no­vembre d’un pos­sible vo­let mi­li­taire au pro­gramme nu­cléaire ira­nien, dont Té­hé­ran as­sure qu’il n’est que ci­vil

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