Le cli­gno­tant est au vert

Al Ahram Hebdo - - Economie -

M», sou­ligne Mag­da Qan­dil, di­rec­trice exé­cu­tive du Centre égyp­tien pour les études éco­no­miques. Tous les chefs d’en­tre­prises in­ter­ro­gés par AlAh­ram Heb­do af­firment qu’il y a une re­prise des in­ves­tis­se­ments. Mais les at­taques contre les ma­ni­fes­tants font que le re­dres­se­ment est plus dif­fi­cile. Dans l’en­semble, la lec­ture des ré­sul­tats des neuf pre­miers mois d’une qua­ran­taine d’en­tre­prises — re­pré­sen­ta­tives des sec­teurs les plus im­por­tants du Pro­duit In­té­rieur Brut (PIB) — in­cite à l’op­ti­misme. AL­GRÉ un contexte éco­no­mique dif­fi­cile, les grandes et moyennes en­tre­prises s’en sortent plu­tôt bien. C’est ce que semble in­di­quer le bi­lan tri­mes­triel des so­cié­tés co­tées en Bourse. Si sur une qua­ran­taine d’en­tre­prises co­tées en Bourse et qui re­pré­sentent les sec­teurs-clés de l’éco­no­mie égyp­tienne, 28 ont vu leurs re­ve­nus bais­ser au cours des 9 der­niers mois, la qua­si-ma­jo­ri­té des en­tre­prises ont connu un re­dres­se­ment si­gni­fi­ca­tif au cours du troi­sième tri­mestre 2011. Le sec­teur ban­caire est consi­dé­ré comme le meilleur en termes de per­for­mance, sui­vi par ce­lui du com­merce et les té­lé­coms. Grâce à une de­mande lo­cale et une ex­por­ta­tion plus ou moins sou­te­nues, les chiffres d’af­faires sont res­tés à leur ni­veau de 2010 ou n’ont su­bi qu’une lé­gère baisse. La re­struc­tu­ra­tion fi­nan­cière a éga­le­ment joué un rôle-clé pour que les en­tre­prises puissent réa­li­ser des bi­lans po­si­tifs. Beau­coup d’en­tre­prises ont ré­duit leurs dé­penses, soit à tra­vers le li­cen­cie­ment, ou la ré­duc­tion des dé­penses re­la­tives à la pu­bli­ci­té ou la fer­me­ture des fi­liales. D’autre part, les pertes en­re­gis­trées par cer­taines en­tre­prises n’ont rien à voir avec la si­tua­tion et ont pour cause l’im­pli­ca­tion dans des af­faires de cor­rup­tion. « La ma­jo­ri­té des sec­teurs éco­no­miques ont com­men­cé à se re­dres­ser fai­ble­ment en en­re­gis­trant des ré­sul­tats po­si­tifs au troi­sième tri­mestre 2011. Ce­pen­dant, il faut res­ter pru­dent, des fac­teurs d’in­quié­tude per­sistent

Ce­la si­gni­fie qu’il reste tou­jours fort par rap­port aux autres sec­teurs », sou­ligne Oqeil Bé­chir, pré­sident du nu­mé­ro un du mar­ché, Te­le­com Egypt, qui s’em­pare de la part du lion des ser­vices té­lé­pho­niques, In­ter­net et in­fra­struc­tures des té­lé­coms. Les ré­sul­tats des so­cié­tés va­rient entre un re­cul des pro­fits (sans réa­li­ser des pertes) lors des 9 pre­miers mois de 2011 par rap­port à la même pé­riode en 2010 ( Te­le­com Egypt et Raya hol­ding ont vu leurs pro­fits re­cu­ler de 14,8 et 15 % res­pec­ti­ve­ment) et la réa­li­sa­tion de pertes, comme c’est le cas avec Mo­bi­nil, le nu­mé­ro deux du mar­ché, vic­time d’une cam­pagne de boy­cott par les Egyp­tiens. Ces pertes sont es­ti­mées à 76 mil­lions de L.E. pen­dant les 9 pre­miers mois de l’an­née, contre des pro­fits nets d’un mil­liard de L.E. pen­dant la même pé­riode de l’an­née der­nière.

En gros, si la té­lé­pho­nie por­table tré­buche, les ser­vices In­ter­net ont le

Les té­lé­coms, un sec­teur qui se main­tient Même si sa contri­bu­tion au PIB est mi­nime, ce sec­teur, qui était le lea­der de la crois­sance au cours des der­nières an­nées, a com­men­cé à perdre du ter­rain après la ré­vo­lu­tion. Le taux de crois­sance du sec­teur a bais­sé de 17 % avant la ré­vo­lu­tion à 10 % ac­tuel­le­ment. « vent en poupe en Egypte. Le re­cul de l’ac­ti­vi­té tou­ris­tique après la ré­vo­lu­tion a tou­ché de plein fouet les re­ve­nus des opé­ra­teurs de té­lé­pho­nie mo­bile et fixe. C’est le cas de la so­cié­té gou­ver­ne­men­tale Te­le­com Egypt (TE), qui dé­tient le mo­no­pole du té­lé­phone fixe dans le pays, qui a su­bi une chute de re­ve­nus opé­ra­tion­nels de 5,1 % pen­dant les 9 pre­miers mois de l’an­née en cours. « Le re­cul du tourisme, sur­tout pen­dant l’été avec l’ab­sence des tou­ristes arabes, a eu des ré­per­cus­sions né­ga­tives sur les re­ve­nus des ap­pels in­ter­na­tio­naux et le roa­ming, en plus de l’ab­sence des tou­ristes arabes qui, ha­bi­tuel­le­ment, font de grandes dé­penses sur le por­table et In­ter­net », ex­plique Has­san Hel­mi, di­rec­teur fi­nan­cier au­près de TE. Il ajoute que même les Egyp­tiens ont ré­duit leurs dé­penses à cause du chô­mage. Ce qui a en­traî­né la chute des re­ve­nus des so­cié­tés de té­lé­pho­nie por­table comme Vo­da­fone Egypt (dont 49 % des ac­tions ap­par­tiennent à TE) qui a connu une baisse de 30 %. « Mal­gré la baisse de nos pro­fits à 2,3 mil­liards de L.E., Vo­da­fone Egypt reste la plus per­for­mante du groupe In­ter­na­tio­nal Vo­da­fone en termes de pro­fi­ta­bi­li­té (soit 1,5 mil­liard de L.E.) », ren­ché­rit Has­san Hel­mi. Et d’ajou­ter que la chute des re­ve­nus en ma­tière de té­lé­pho­nie por­table a été com­pen­sée par une hausse des re­ve­nus pro­ve­nant du ser­vice In­ter­net ac­cor­dé par sa fi­liale TE Da­ta qui a réus­si à col­lec­ter 760 mil­lions de L.E. « Nous pré­voyons d’at­teindre un mil­liard de L.E. à la fin de cette an­née », af­firme Has­san Hel­mi. Pour sa part, Oqeil Bé­chir, PDG du groupe TE, ex­prime son op­ti­misme à l’égard de l’ave­nir du sec­teur : « Les so­cié­tés de té­lé­com­mu­ni­ca­tions ont dé­jà tra­ver­sé la mau­vaise phase et ont at­teint la der­nière phase de la guerre des prix avec la sa­tu­ra­tion du mar­ché ».

Les hauts et les bas du sec­teur fi­nan­cier La contri­bu­tion de ce sec­teur au PIB s’élève à 11 %. Il com­prend les banques et les so­cié­tés fi­nan­cières. Les der­nières souffrent plus que les pre­mières. La si­tua­tion des banques s’amé­liore même si les pro­fits ont quelque peu re­cu­lé. Les pro­fits nets du nu­mé­ro un pri­vé, la Com­mer­cial In­ter­na­tio­nal Bank, ont re­cu­lé de 23 %. La NSGB a vu ses re­ve­nus bais­ser de 30 % lors du troi­sième tri­mestre 2011 et Cré­dit Agri­cole Egypt a per­du 26 % de ses re­ve­nus. « Mal­gré le re­cul des pro­fits pen­dant les 9 pre­miers mois de l’an­née, il y a vrai­ment une pro­gres­sion au ni­veau

Dans l’ar­ticle sur les banques fran­çaises opé­rant en Egypte, pa­ru le 16 no­vembre, une dé­cla­ra­tion a été pu­bliée par er­reur au nom de Mon­sieur Yas­ser Auf, di­rec­teur du dé­par­te­ment de fi­nan­ce­ment immobilier au­près de la banque fran­çaise NSGB. Cette dé­cla­ra­tion in­di­quait que « la plu­part des em­ployés dans les suc­cur­sales dans la ci­té du 10 de Ra­ma­dan se plaignent de la fai­blesse des sa­laires et des aug­men­ta­tions sa­la­riales de­puis 2010, qui a mar­qué le dé­but de la crise eu­ro­péenne. Au vu de cette si­tua­tion, comment la banque peut-elle em­bau­cher de nou­veaux em­ployés ? ». Nous nous ex­cu­sons pour cette er­reur in­vo­lon­taire. de l’ac­ti­vi­té d’un tri­mestre à l’autre », af­firme le rap­port de CI Ca­pi­tal, jus­ti­fiant le re­cul des pro­fits par la hausse des pro­vi­sions au sein des banques à cause de l’ins­ta­bi­li­té po­li­tique dans le pays. Mais au ni­veau de l’ac­ti­vi­té, les dé­pôts ban­caires ont aug­men­té dans les banques opé­rant dans le sec­teur comme la CIB (+10 %) et Cré­dit Agri­cole ( CA) (+1,1 %) ain­si que les cré­dits (+8 % au sein de la CIB et +5,3 % au sein de CA).

Par contre, les bi­lans des banques d’in­ves­tis­se­ment, se­couées par la baisse des ac­ti­vi­tés bour­sières, échanges, fu­sion et ac­qui­si­tion ain­si que le gel des offres pu­bliques ini­tiales, sont dans le rouge. Efg-hermes, HC, Pio­neers et Bel­tone qui do­minent en­semble 50 % des échanges bour­siers, ont réa­li­sé des ré­sul­tats né­ga­tifs ou des baisses de pro­fit (-60 % pour EFG et -17 % concer­nant Bel­tone) pen­dant le troi­sième tri­mestre 2011, ain­si que pen­dant les 9 pre­miers mois de l’an­née. Bref, les so­cié­tés géantes du sec­teur fi­nan­cier égyp­tien sont confron­tées ac­tuel­le­ment à un dé­clin ja­mais vu. La pre­mière banque, EFGHermes, est la plus tou­chée, avec un re­cul de pro­fits de 60 %. Les pro­fits réa­li­sés sont de 276,7 mil­lions de L.E. lors du troi­sième tri­mestre 2011, contre 738,2 mil­lions de L.E. le tri­mestre pré­cé­dent. A no­ter, le nom D’EFG- Hermes est lié aux fils de Mou­ba­rak. Les pro­fits de Bel­tone ont flé­chi de 17,71 % pen­dant le troi­sième tri­mestre. Les banques d’in­ves­tis­se­ment ont dé­ployé beau­coup d’ef­forts pour se re­dres­ser. Par exemple, HC a dû ré­cem­ment fer­mer sa fi­liale à Du­baï, et Pion­ners a eu re­cours au li­cen­cie­ment pour contre­car­rer la crise. Se­lon Hi­cham Tew­fiq, PDG de la so­cié­té Al-ara­beya on­line, « les so­cié­tés géantes avaient l’ha­bi­tude de sur­vivre, lais­sant les pe­tites so­cié­tés faire face seules à la crise. Main­te­nant, toutes les so­cié­tés ont du mal à sur­vivre. En fait, la ma­jo­ri­té des grandes so­cié­tés se sont abs­te­nues de pu­blier les ré­sul­tats des 9 pre­miers mois de 2011 de peur de pu­blier la baisse de leurs pro­fits, qui si­gni­fie le ré­tré­cis­se­ment de leurs ac­ti­vi­tés ». Se­lon lui, la baisse de la va­leur quo­ti­dienne des échanges en Bourse est à blâ­mer. Ces échanges étaient à hau­teur de 2 mil­liards de L.E. avant la ré­vo­lu­tion. Au­jourd’hui, ils at­teignent à peine le dixième de cette va­leur, « ce qui a conduit au re­cul des re­ve­nus des dé­par­te­ments de cour­tage au­près des so­cié­tés ».

De son cô­té, Yas­ser Al-ma­la­wa­ni, di­rec­teur gé­né­ral de Efg-hermes, pense que l’ins­ta­bi­li­té po­li­tique conti­nue­ra à pe­ser sur le mar­ché fi­nan­cier jus­qu’à la fin 2011, d’au­tant plus que la crise éco­no­mique mon­diale per­dure. Pour at­té­nuer la crise, EFG a ache­té une banque com­mer­ciale.

Re­cul du sec­teur agri­cole Ce sec­teur re­pré­sente 20 % de l’éco­no­mie réelle. Il est ce­pen­dant sous­re­pré­sen­té à la Bourse, mais aus­si mal re­pré­sen­té car les en­tre­prises agroa­li­men­taires co­tées en Bourse sont très mo­dernes et très grandes par rap­port aux mil­lions d’uni­tés de pro­duc­tion in­for­melles et fa­mi­liales que l’on ren­contre dans le pays. Il n’em­pêche que ces so­cié­tés agroa­li­men­taires sont les prin­ci­paux ache­teurs du sec­teur agri­cole tra­di­tion­nel d’une part. D’autre part, leurs chiffres d’af­faires ap­portent des in­di­ca­tions sur la consom­ma­tion lo­cale et les ex­por­ta­tions.

Une en­tre­prise sur quatre a connu une hausse de ses pro­fits en 2011 contre 2010.

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