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Al Ahram Hebdo - - Sports - Pro­pos re­cueillis par Mi­rande Yous­sef

— Etes-vous sa­tis­fait de votre per­for­mance ?

— Il faut d’abord no­ter que la gym­nas­tique ar­tis­tique chez les hommes com­prend 6 agrès, à sa­voir le sol, le che­val d’ar­çon, les an­neaux, le saut, les barres pa­ral­lèles et la barre fixe. Le gym­naste doit jouer les 6 agrès. Mes per­for­mances étaient de 13 points pour le sol, 12,7 points pour le che­val d’ar­çon, 13,4 points pour les an­neaux, 15,6 points pour le saut, 13,9 points pour les barres pa­ral­lèles et 13,4 points pour la barre fixe. Avant 2004, la no­ta­tion était sur 10, mais ac­tuel­le­ment, la note est ou­verte. Le sys­tème de no­ta­tion est ba­sé sur la moyenne des scores des 6 agrès ain­si que le score de chaque agrès à part. Dans cette com­pé­ti­tion où les 3 plus grandes na­tions afri­caines dans cette dis­ci­pline étaient re­pré­sen­tées, à sa­voir la Tu­ni­sie, l’afrique du Sud et la Na­mi­bie, j’ai ter­mi­né 1er dans les 6 agrès avec un grand écart par rap­port à mes ri­vaux, car mon score to­tal était de 82 points. Le Tu­ni­sien a réa­li­sé un score de 77 et le SudA­fri­cain 76 points. Grâce à cette per­for­mance, j’ai amé­lio­ré mon clas­se­ment mon­dial, je suis main­te­nant 78e.

— Comment êtes-vous par­ve­nu à ce ni­veau ?

— Cette per­for­mance n’est pas le fruit du ha­sard. Je me suis bien pré­pa­ré. J’ai sui­vi un en­traî­ne­ment in­ten­sif 3 mois avant les Mon­diaux. J’ai com- men­cé au mois de juin un stage de pré­pa­ra­tion d’un mois, soit 15 jours au Centre olym­pique de Maa­di, où je m’en­traî­nais 8 heures par jour et 15 jours à To­kyo. En­suite, j’ai dis­pu­té la Coupe du monde en Bel­gique au mois de sep­tembre, afin d’ac­qué­rir plus d’ex­pé­rience et m’ha­bi­tuer au sys­tème d’ar­bi­trage de très haut ni­veau. Les ar­bitres arabes ou afri­cains manquent de for­ma­tion. En dis­pu­tant les Mon­diaux, on est sur­pris par l’ar­bi­trage, beau­coup plus dur que le nôtre. Voi­là pour­quoi la par­ti­ci­pa­tion à ces mon­diaux est d’une grande im­por­tance pour n’im­porte quel gym­naste.

— Comment éva­luez-vous la dis­ci­pline en Egypte ?

— Je crois que la dis­ci­pline est en re­cul. La meilleure per­for­mance égyp­tienne a été réa­li­sée au dé­but des an­nées 2000 par Raouf Ab­del-ké­rim et Wa­lid Saïd qui ont rem­por­té des mé­dailles à la Coupe du monde. Ces deux ath­lètes s’étaient to­ta­le­ment consa­crés à la dis­ci­pline. Or, ce­la n’est pas pos­sible pour la plu­part des gym­nastes qui par­tagent leur temps entre les études, l’en­traî­ne­ment et la par­ti­ci­pa­tion aux tour­nois in­ter­na­tio­naux. En ce qui me concerne, je suis en der­nière an­née de mé­de­cine den­taire. Je n’ar­rive pas à me consa­crer en­tiè­re­ment à la gym­nas­tique ar­tis­tique comme les ath­lètes eu­ro­péens. La gym­nas­tique ar­tis­tique est une dis­ci­pline très dif­fi­cile qui a be­soin de beau­coup d’en­traî­ne­ment pour maî­tri­ser les tech­niques de chaque agrès. La Fé­dé­ra­tion, elle, a té­moi­gné d’in­nom­brables conflits qui ont cau­sé sa dis­so­lu­tion en 2011. Cette si­tua­tion a en­traî­né l’in­ter­rup­tion des pro­grammes d’en­traî­ne­ment sui­vis par les ath­lètes de la sé­lec­tion. Cette ins­ta­bi­li­té fait qu’il est dif­fi­cile d’amé­lio­rer le ni­veau de la dis­ci­pline. Mais le pire reste la confu­sion dans le choix des di­rec­teurs tech­niques. Tous les 2 mois, la Fé­dé­ra­tion nomme un nou­vel en­traî­neur. Ce qui per­turbe la concen­tra­tion des ath­lètes. En plus, par manque de moyens, la Fé­dé­ra­tion nomme des en­traî­neurs non spé­cia­li­sés. Par exemple, elle a nom­mé un di­rec­teur tech­nique chi­nois spé­cia­li­sé dans l’en­traî­ne­ment des ju­niors et non des se­niors. Et quand nous avons pro­tes­té, la Fé­dé­ra­tion a nom­mé 2 di­rec­teurs tech­niques égyp­tiens, à sa­voir Ga­mal Ma­tar et Os­sa­ma Ezz AlRé­gal. Il est évident que l’en­traî­neur joue un rôle pri­mor­dial pour amé­lio­rer nos per­for­mances.

— Quel se­ra votre pro­gramme de tra­vail d’ici les JO de Londres ?

— Pour cette an­née, je vais par­ti­ci­per aux Jeux Arabes (JA) au Qa­tar le 9 dé­cembre pro­chain. Pen­dant les va­cances de mi-an­née, il y au­ra un stage d’en­traî­ne­ment de 2 se­maines à Alexan­drie et au Centre olym­pique de Maa­di. Quant aux tour­nois in­ter­na­tio­naux, mon ca­len­drier n’a pas chan­gé. J’ai be­soin de par­ti­ci­per à des com­pé­ti­tions in­ter­na­tio­nales pour re­mé­dier à mes points faibles. En fait, j’ai be­soin d’amé­lio­rer ma tech­nique, sur­tout dans l’épreuve des an­neaux qui me fait perdre beau­coup de points. Les an­neaux exigent un maxi­mum d’ef­fort phy­sique. Si j’ar­rive à amé­lio­rer mon ni­veau dans cette épreuve, je pour­rai amé­lio­rer mes re­cords per­son­nels. Mais pour ce faire, j’ai be­soin d’un pro­gramme d’en­traî­ne­ment in­ten­sif, et sur­tout de dis­pu­ter beau­coup de com­pé­ti­tions. Il faut sa­voir qu’on n’a pas beau­coup de temps pour se pré­pa­rer aux JO, et si la Fé­dé­ra­tion conti­nue à tra­vailler ain­si, je ne pour­rai pas faire de ré­sul­tats

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