Ces Frères mu­sul­mans d’egypte

Long­temps in­ter­dite, la confré­rie is­la­miste est de­ve­nue, avec la ré­vo­lu­tion de jan­vier 2011, la pre­mière force po­li­tique du pays

Al Ahram Hebdo - - Le Fait De La Semaine -

Fon­dée en 1928 en Egypte par le jeune ins­ti­tu­teur Has­san Al-ban­na avec une dou­zaine d’autres per­sonnes, elle a pour ob­jec­tif la re­nais­sance is­la­mique. Sa doc­trine s’or­ga­nise au­tour de la fu­sion du re­li­gieux et de la po­li­tique. A la tête des Frères, AlBan­na se donne le titre de « AlMour­ched al-aam » (guide gé­né­ral). Il di­rige, as­sis­té d’un conseil de 12 à 20 membres nom­més par lui. Ra­pi­de­ment, les Frères se dotent d’une struc­ture mi­li­taire clan­des­tine. Dès 1940, une re­la­tion se noue entre cette or­ga­ni­sa­tion se­crète et les cadres de l’ar­mée. Cet ac­ti­visme fi­nit par in­quié­ter le roi, qui exige en 1948 la re­mise des armes de la confré­rie. Au prin­temps 1948, un jeune Frère tue un juge. En dé­cembre, le pre­mier mi­nistre, No­q­ra­chi, or­donne la dis­so­lu­tion de la confré­rie. Quelques mois plus tard, Al-ban­na est tué dans un at­ten­tat. Obli­gé à la clan­des­ti­ni­té, le mou­ve­ment sur­vit en dé­pit de ses di­vi­sions in­ternes.

Le mou­ve­ment a os­cil­lé au cours de son his­toire entre l’op­po­si­tion vio­lente au pou­voir et la col­la­bo­ra­tion, entre plai­doyers, pour un Etat is­la­mique et as­su­rances de res­pec­ter le jeu dé­mo­cra­tique. Forts de leurs re­la­tions avec les put­schistes en 1952, ils croient le pou­voir à por­tée de leur main quand le roi tombe. Mais une fois Nas­ser au pou­voir, il dur­cit le ton en­vers eux. Sous Sa­date, l’or­ga­ni­sa­tion est to­lé­rée, mais non re­con­nue.

En 1984, Mou­ba­rak re­con­naît les Frères en tant qu’or­ga­ni­sa­tion re­li­gieuse mais leur re­fuse l’ins­crip­tion en tant que par­ti po­li­tique. L’or­ga­ni­sa­tion pros­père dans les couches so­ciales les plus dé­fa­vo­ri­sées, crée des ré­seaux d’en­traide so­ciale, des écoles, des dis­pen­saires et four­nit des mé­di­ca­ments. En 2005, la confré­rie de­vient la pre­mière force d’op­po­si­tion en rem­por­tant aux élec­tions lé­gis­la­tives 88 sièges de dé­pu­tés ; elle était of­fi­ciel­le­ment tou­jours in­ter­dite, mais ses membres se sont pré­sen­tés comme can­di­dats in­dé­pen­dants. En 2011, ils mettent du temps avant de ral­lier le mou­ve­ment de contes­ta­tion qui fait tom­ber Mou­ba­rak

Après des ba­tailles qui ont du­ré 83 ans, et après la ré­vo­lu­tion, la Confré­rie a en­fin créé un par­ti po­li­tique.

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