Echecs suc­ces­sifs des ini­tia­tives in­ter­na­tio­nales

Al Ahram Hebdo - - Afrique - S. S.

L

Acom­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale sou­haite mettre fin à la pou­drière so­ma­lienne. Don­ner un nou­vel élan au pro­ces­sus po­li­tique, ai­der le pays à for­mer ses forces de sé­cu­ri­té et à in­ten­si­fier les ac­tions contre les pirates et le ter­ro­risme, tels sont les en­ga­ge­ments pris par les par­ti­ci­pants de la confé­rence in­ter­na­tio­nale te­nue jeu­di der­nier à Londres. L’es­poir, en­core té­nu, est de « ré­ta­blir la sé­cu­ri­té et la sta­bi­li­té en So­ma­lie ».

Ce som­met qui s’est ou­vert sous la hou­lette du pre­mier mi­nistre bri­tan­nique Da­vid Ca­me­ron —

et en pré­sence de Hilla­ry Clin­ton, de Ban Ki­moon, d’une qua­ran­taine de pays et d’une di­zaine d’or­ga­ni­sa­tions in­ter­na­tio­nales dont l’onu, L’UE, l’union afri­caine et la Ligue arabe — se tient à un mo­ment où la si­tua­tion sé­cu­ri­taire en So­ma­lie semble au bord du chaos. Il y a deux se­maines, AlQaë­da a an­non­cé que les in­sur­gés is­la­mistes she­bab avaient re­joint son or­ga­ni­sa­tion. Une al­liance qui in­quiète for­te­ment la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale.

Le ren­for­ce­ment de l’opé­ra­tion de l’union afri­caine en So­ma­lie (l’ami­som), l’aide hu­ma­ni­taire, le dé­ve­lop­pe­ment et la mise en place ra­pide d’un Etat re­pré­sen­ta­tif étaient les trois thèmes prin­ci­paux de la confé­rence. Pour le pre­mier mi­nistre bri­tan­nique, il existe une réelle op­por­tu­ni­té de chan­ger du­ra­ble­ment la donne en So­ma­lie : « Nous avons ap­por­té notre sou­tien à la dé­ci­sion des So­ma­liens de mettre un terme au man­dat des ins­ti­tu­tions fé­dé­rales de tran­si­tion. Il n’y au­ra au­cune autre pro­lon­ga­tion. Nous avons aus­si dé­ci­dé que la for­ma­tion du nou­veau gou­ver­ne­ment se­ra aus­si large que pos­sible ». Ca­me­ron s’est dit en­cou­ra­gé par « les pre­miers signes de fra­giles pro­grès » dans la corne de l’afrique.

Pour sor­tir de cet état de non-droit où la vio­lence règne en maître, les par­ti­ci­pants à la confé­rence es­timent que l’in­ten­si­fi­ca­tion de la lutte contre les com­bat­tants is­la­mistes est une prio­ri­té. Les si­gna­taires du com­mu­ni­qué fi­nal ont re­je­té toute idée de né­go­cia­tions avec les she­bab. Da­vid Ca­me­ron a af­fir­mé qu’il n’y au­rait pas de né­go­cia­tions avec les ter­ro­ristes tout en si­gna­lant que ceux qui se­raient prêts à re­fu­ser la vio­lence pour­raient re­joindre le pro­ces­sus po­li­tique. Une ré­ponse à ceux qui ont cri­ti­qué l’ab­sence no­toire des mi­li­tants is­la­mistes she­bab dans le gou­ver­ne­ment de tran­si­tion, tou­jours for­te­ment af­fai­bli.

De son cô­té, le pre­mier mi­nistre so­ma­lien, Ab­di­we­li Mo­ha­med Ali, a ap­pe­lé à une stra­té­gie com­mune contre un en­ne­mi com­mun. « Nous sommes fa­vo­rables à des frappes aé­riennes ci­blées contre Al-qaë­da en So­ma­lie. Néan­moins, il est es­sen­tiel de pro­té­ger la vie des ci­vils so­ma­liens et leurs biens » . Mais ce sou­hait n’a pas trou­vé d’écho fa­vo­rable.

Da­vid Ca­me­ron a ré­so­lu­ment re­je­té l’idée de toute frappe aé­rienne contre les she­bab et a conclu qu’il s’agis­sait avant tout d’ai­der la So­ma­lie à chan­ger son des­tin et à mettre un terme au man­dat du gou­ver­ne­ment pour com­men­cer à mettre en place un pro­ces­sus dé­mo­cra­tique. Les lea­ders so­ma­liens se sont mis d’ac­cord, le 18 fé­vrier lors d’une confé­rence dans la ca­pi­tale du Punt­land, sur les bases d’un nou­veau Par­le­ment et d’un nou­veau gou­ver­ne­ment. Ils se­ront ame­nés à rem­pla­cer les struc­tures de tran­si­tion exis­tantes, dont le man­dat a pris fin en août der­nier.

Ce­pen­dant sur le plan po­li­tique, l’ave­nir so­ma­lien reste flou. Les ins­ti­tu­tions ac­tuelles ont brillé par leur in­ef­fi­ca­ci­té et, se­lon plu­sieurs spé­cia­listes de la So­ma­lie, la pers­pec­tive d’une re­com­po­si­tion po­li­tique risque d’en­traî­ner le pays dans une nou­velle pé­riode de vio­lence. Les ri­va­li­tés entre clans et ré­gions — dont cer­taines pos­sèdent leur propre gou­ver­ne­ment — minent tout es­poir de sta­bi­li­té à long terme.

Pes­si­miste, L’ONG Ox­fam a es­ti­mé que les so­lu­tions ap­por­tées de l’ex­té­rieur n’ont ja­mais mar­ché, ne marchent pas et ne mar­che­ront pas. Une réunion de sui­vi est pré­vue en juin pro­chain à Is­tan­bul

Ré­ta­blir la sé­cu­ri­té et la sta­bi­li­té en So­ma­lie est le but de la confé­rence te­nue à Londres en pré­sence de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale.

Newspapers in French

Newspapers from Egypt

© PressReader. All rights reserved.