Era­di­quer la pau­vre­té

Al Ahram Hebdo - - Environnement - Ra­sha Ha­na­fy

MILLE TROIS CENTS. Tel est le chiffre avan­cé par les res­pon­sables de l’agence Egyp­tienne pour les Af­faires de l’environnement (AEAE) pour le nombre de vil­lages les plus pauvres en Egypte, ou qui « ont le plus be­soin de ser­vices ». Ces zones sont l’ob­jet d’un pro­gramme in­ti­tu­lé « sou­te­nir les vil­lages les plus pauvres », qui a été mis en place par le gou­ver­ne­ment de­puis 2009. L’ob­jec­tif de cette ini­tia­tive est d’ai­der les vil­lages qui sont né­gli­gés et ne bé­né­fi­cient d’au­cun ser­vice. Le sou­tien tente de cou­vrir tous les do­maines, de l’édu­ca­tion au drai­nage en pas­sant par la san­té et l’environnement. 14 ap­pa­reils de l’etat sont im­pli­qués dans le pro­jet, dont le mi­nis­tère de l’agri­cul­ture et de la bo­ni­fi­ca­tion des terres, le mi­nis­tère des Res­sources hy­drau­liques, le mi­nis­tère de la San­té, ou en­core le mi­nis­tère de l’edu­ca­tion et L’AEAE. Dans le cadre de la deuxième phase de ce pro­gramme, L’AEAE a ache­vé, la se­maine der­nière, les travaux de créa­tion de 3 dé­charges dans le gou­ver­no­rat de Mi­nya avec pour but de mettre un terme au pro­blème des dé­chets so­lides. Ces dé­charges servent les 3 dis­tricts d’abou-quor­quass, Mi­nya et Sa­mal­lout. Les res­pon­sables de L’AEAE ont éga­le­ment dé­li­vré des équi­pe­ments de net­toyage au gou­ver­no­rat ser­vant à la col­lecte des or­dures de tous les vil­lages de Mi­nya.

« La pre­mière phase du pro­gramme a du­ré un an et de­mi. Elle concer­nait 151 vil­lages re­le­vant les gou­ver­no­rats de Bé­hei­ra, Char­qiya, Mi­nya, As­siout, So­hag et Qé­na. Les travaux de cette phase ont coû­té 4,4 mil­liards de L.E. Le rôle de L’AEAE dans ce pro­gramme consiste à ré­soudre le pro­blème des dé­chets so­lides dans ces vil­lages. Il s’agit éga­le­ment de for­mer le per­son­nel de l’or­ga­nisme de net­toyage du gou­ver­no­rat, afin de me­ner à bien le tra­vail dans les dé­charges et le tri des or­dures. La deuxième phase com­prend 373 vil­lages re­le­vant des gou­ver­no­rats de Char­qiya, Mi­nya, As­siout, So­hag, Qé­na et Lou­q­sor », ex­plique Ah­mad Fa­rouq, res­pon­sable du pro­gramme au sein de L’AEAE. Avant de pré­ci­ser : « Les ha­bi­tants de ces vil­lages ont re­fu­sé l’ap­pel­la­tion de vil­lages les plus pauvres. C’est la rai­son pour la­quelle on a chan­gé le nom du pro­gramme qui est de­ve­nu Sou­tien aux vil­lages ayant le plus be­soin de ser­vices. Quelques gou­ver­no­rats ont col­la­bo­ré avec des or­ga­ni­sa­tions de la so­cié­té ci­vile pour me­ner les travaux. Je dois dire que les vil­lages concer­nés n’avaient au­cun ser­vice. Grâce à ce pro­gramme, des routes ont été gou­dron­nées, quelques vil­lages ont construit une école qui ac­cueille les en­fants des alen­tours et quel­que­fois c’est un hô­pi­tal ou une uni­té sa­ni­taire qui ont été bâ­tis ». Mais le rôle de L’AEAE ne s’ar­rête pas là, puisque l’agence oeuvre éga­le­ment à sen­si­bi­li­ser les ha­bi­tants dans ces zones. « Ces vil­lages ont vrai­ment be­soin d’aide. Mais il faut ad­mettre aus­si que nom­breux étaient les ha­bi­tants dans les en­droits où nous sommes al­lés qui n’avaient au­cune idée de la na­ture du pro­gramme ni même des ap­pa­reils de l’etat qui le mettent en place. On a or­ga­ni­sé des col­loques dans plu­sieurs vil­lages concer­nés, afin de pré­sen­ter le pro­gramme et de mettre en exergue les ser­vices que les dif­fé­rents ap­pa­reils d’etat et mi­nis­tères pou­vaient of­frir aux ha­bi­tants », in­dique Fa­rouq.

Si le pro­gramme est cen­sé concer­ner 1 300 vil­lages pauvres, il semble ce­pen­dant que le nombre réel de bé­né­fi­ciaires soit plus im­por­tant. Ain­si, la se­maine der­nière, des cam­pagnes ont été mises en place pour sou­te­nir le vil­lage de Dahs­sa, dans le gou­ver­no­rat de Qé­na. Un autre vil­lage, Ghor­bal, dans le gou­ver­no­rat de Bé­hei­ra, a éga­le­ment cap­té l’at- ten­tion des au­to­ri­tés du fait des pro­blèmes d’as­sai­nis­se­ment. Les eaux pol­luées ont inon­dé les mai­sons et des ap­pels ont été lan­cés, ti­rant la son­nette d’alarme contre de pos­sibles épi­dé­mies cau­sées par ce si­nistre. « Les en­droits les plus pauvres qui ont be­soin de toutes sortes d’aides ne concernent pas seule­ment les vil­lages, mais aus­si les bi­don­villes et les zones d’ha­bi­tat sau­vage. De tels en­droits se trouvent dans tous les gou­ver­no­rats d’egypte et même dans la ca­pi­tale. Amé­lio­rer l’état sa­ni­taire de ces ré­gions afin d’at­teindre un mi­ni­mum de droits hu­mains exige une col­la­bo­ra­tion entre le gou­ver­ne­ment et la so­cié­té ci­vile dans les gou­ver­no­rats », as­sure Mo­ha­mad Al-raei, professeur à la fa­cul­té des sciences à l’uni­ver­si­té d’alexan­drie. Se­lon lui, c’est éga­le­ment le ca­rac­tère du­rable des ser­vices construits qui est im­por­tant. Ce­la passe par une ap­pro­pria­tion de ces ser­vices par les ha­bi­tants et leur for­ma­tion pour les en­tre­te­nir et les main­te­nir en place. « Ce pour­rait être le rôle des ONG et du pu­blic dans ces ré­gions afin d’éli­mi­ner la cor­rup­tion dans les mu­ni­ci­pa­li­tés de chaque gou­ver­no­rat », conclut Al-raei

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