« La psy­cho­lo­gie de l’or­phe­lin est l’une de nos prio­ri­tés »

La psy­cho­lo­gie de l’or­phe­lin est le mot- clé dans toute ten­ta­tive de ré­forme. Ami­ra Hos­sam, res­pon­sable de l’en­fance et de la jeu­nesse à l’as­so­cia­tion Wa­ta­niya, ouvre ce dos­sier.

Al Ahram Hebdo - - Mode De Vie - D. D. D. D.

Al-ah­ram Heb­do

: Quels sont, se­lon vous, les cri­tères de qua­li­té qui doivent être ap­pli­qués dans les or­phe­li­nats ?

Ami­ra Hos­sam : La psy­cho­lo­gie de l’or­phe­lin est l’une de nos prio­ri­tés, sur­tout que cet en­fant est le pro­duit fi­nal de tout ce pro­ces­sus. D’après notre re­cherche sur ter­rain, on a dé­cou­vert que les or­phe­lins, qui ont été éle­vés dans un mi­lieu cha­leu­reux qui res­semble à une fa­mille na­tu­relle, sont des per­sonnes très équi­li­brées. L’orphelinat ne doit pas être très vaste pour fa­ci­li­ter la com­mu­ni­ca­tion entre les en­fants. Il ne faut pas non plus qu’il soit trop étroit pour que l’en­fant puisse avoir un mi­ni­mum de vie pri­vée.

L’orphelinat ne doit pas être dans un en­droit iso­lé afin d’ai­der les en­fants à s’in­té­grer dans la so­cié­té. Il faut aus­si évi­ter de les en­fer­mer dans l’orphelinat, mais bien au contraire, les en­cou­ra­ger à par­ti­ci­per avec les en­fants d’autres écoles et ONG, et à ef­fec­tuer des ac­ti­vi­tés com­munes et utiles pour leur dé­ve­lop­pe­ment.

Le dos­sier du per­son­nel a été éga­le­ment abor­dé. On a pris plu­sieurs re­com­man­da­tions concer­nant l’im­por­tance de sur­veiller l’équipe qui tra­vaille avec l’or­phe­lin et de lui four­nir la for­ma­tion psy­cho­lo­gique né­ces­saire. Il faut écou­ter tous ceux qui sont en contact avec l’en­fant et ne pas se conten­ter de prendre l’avis de la per­sonne en charge de lui. Il faut ins­tau­rer aus­si un sys­tème qui gère la re­la­tion entre l’or­phe­lin et son par­rain, s’il y en a, et ce pour que l’en­fant soit sé­cu­ri­sé fi­nan­ciè­re­ment et psy­cho­lo­gi­que­ment.

— D’après les études psy­cho­lo­giques, un or­phe­lin passe du­rant sa vie par plu­sieurs chocs, avez-vous abor­dé ce cô­té ?

— Un or­phe­lin peut connaître, lors de son sé­jour dans l’orphelinat, plu­sieurs mères al­ter­na­tives, ce qui a sou­vent un im­pact né­ga­tif sur sa psy­cho­lo­gie. C’est pour cette rai­son qu’on conseille au per­son­nel des or­phe­li­nats de ne pas uti­li­ser le mot ma­man, afin d’évi­ter le choc en cas de sé­pa­ra­tion. On a aus­si pro­po­sé la pré­pa­ra­tion de l’en­fant à être res­pon­sable de­puis sa plus tendre en­fance, en lui de­man­dant d’as­su­mer des res­pon­sa­bi­li­tés qui conviennent à son âge. On tente aus­si de l’ai­der à de­ve­nir in­dé­pen­dant avant de quit­ter l’orphelinat en le pré­pa­rant au monde ex­té­rieur.

— Y a-t-il des me­sures qui ga­ran­tissent un mi­ni­mum de pro­tec­tion pour l’or­phe­lin ?

— Des pro­grammes de pro­tec­tion ont été éla­bo­rés pour ai­der l’en­fant à com­prendre les at­ti­tudes des autres. Nous sommes très exi­geants à l’égard du choix des fa­milles qui veulent par­rai­ner un or­phe­lin et nous pré­pa­rons l’en­fant à cette nou­velle vie et sa nou­velle fa­mille. Quant aux fa­milles na­tu­relles, dont les en­fants quittent les foyers pour fuir la vio­lence fa­mi­liale, on a pro­po­sé que la loi leur offre une cer­taine pro­tec­tion. Et ce, en pro­po­sant aux res­pon­sables des or­phe­li­nats d’étu­dier les condi­tions de ces fa­milles et à quel point elles sont qua­li­fiées pour re­ce­voir leur pro­gé­ni­ture, car la loi ac­tuelle leur donne ce droit, peu im­porte l’in­té­rêt de l’en­fant

Une table ronde vient d’être or­ga­ni­sée par l’as­so­cia­tion l’or­ga­ni­sa­tion arabe pour l’en­fance et le dé­ve­lop­pe­ment, avec la col­la­bo­ra­tion de l’uni­cef et d’autres ONG ain­si que des di­rec­teurs d’or­phe­li­nats. Une ren­contre qui a pour but de dis­cu­ter des cri­tères de qua­li­té qui doivent être ap­pli­qués dans les or­phe­li­nats d’egypte.

D’après Az­za Ab­del- Ha­mid, fon­da­trice et PDG de l’as­so­cia­tion Wa­ta­niya pour l’évo­lu­tion et le dé­ve­lop­pe­ment des or­phe­li­nats, il existe 6 cri­tères de qua­li­té ap­prou­vés par l’onu et ap­pli­qués dans la plu­part des pays eu­ro­péens, dont l’angleterre. Ces cri­tères sont : la compétence du per­son­nel oeu­vrant avec l’or­phe­lin, la pro­tec­tion de l’en­fant, les équi­pe­ments pré­sents dans les lo­caux, les ser­vices de soins of­ferts aux en­fants, la pla­ni­fi­ca­tion et la do­cu­men­ta­tion. L’as­so­cia­tion Wa­ta­niya, pré­sente de­puis 4 ans sur le ter­rain, tra­vaille en co­opé­ra­tion avec les mi­nis­tères de So­li­da­ri­té et de Jus­tice so­ciale, le Conseil na­tio­nal de l’en­fance et de ma­ter­ni­té et les res­pon­sables des or­phe­li­nats pour étu­dier les dé­fis qui en­travent la mise à jour de ces cri­tères ain­si que les so­lu­tions pro­po­sées. La par­ti­ci­pa­tion im­por­tante des or­phe­lins a mar­qué cette der­nière ren­contre. Une par­ti­ci­pa­tion que l’as­so­cia­tion Wa­ta­niya tente d’élar­gir pour pro­fi­ter des avis de ces pe­tits, afin d’amé­lio­rer la per­for­mance des or­phe­li­nats

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