Les is­la­mistes s’ac­crochent

La sor­tie des can­di­dats is­la­mistes de poids lourd comme Khaï­rat Al-cha­ter et le sa­la­fiste Ha­zem Abou-ismaïl de la course à la pré­si­den­tielle per­turbe les cal­culs des is­la­mistes. Néan­moins, trois autres can­di­dats restent en lice.

Al Ahram Hebdo - - Le Fait De La Semaine -

Aboul-fou­touh, l’ex-frère

« L’er­do­gan égyp­tien », c’est ain­si que de jeunes Egyp­tiens, dont des Frères mu­sul­mans, le sur­nomment. Ab­del-mo­neim AboulFou­touh, dis­si­dent de la confré­rie, dé­ve­loppe pour­tant des idées et po­si­tions mo­dé­rées qui sont plus proches du « so­cial-dé­mo­crate ». Né en 1951, mé­de­cin et syn­di­ca­liste, Aboul-fou­touh était en­core étu­diant en mé­de­cine lors­qu’il fut at­ti­ré par le mi­li­tan­tisme po­li­tique is­la­miste et adhère à la Ga­maa is­la­miya avant de re­joindre la confré­rie. Son jeune âge ne l’a pas em­pê­ché dès lors d’en­trer en dis­cus­sion avec le pré­sident Sa­date. Il de­vient après un cadre émi­nent de la confré­rie, membre de son bu­reau po­li­tique de 1987 à 2009 et son porte-pa­role. Aboul-fou­touh a tou­jours re­pré­sen­té le cou­rant ré­for­miste au sein de la confré­rie, ap­pe­lant à sé­pa­rer la pré­di­ca­tion de la po­li­tique.

Le bras de fer entre Aboul-fou­touh et l’aile conser­va­trice au sein de la confré­rie s’est ter­mi­né par son écar­te­ment du bu­reau po­li­tique Mo­ha­mad Mor­si, le rem­pla­çant pa­role du bloc au Par­le­ment, puis membre du bu­reau po­li­tique, la plus haute au­to­ri­té du mou­ve­ment. Il a vé­cu 9 ans aux Etats-unis où il a fait ses études et tra­vaillé aus­si. Son nom de­vient plus fa­mi­lier aux mé­dias lors des lé­gis­la­tives de 2010, car il était char­gé de la cam­pagne élec­to­rale de la confré­rie.

Lors de la ré­vo­lu­tion, il a été le né­go­cia­teur de la confré­rie avec Omar So­li­man, chef des ser­vices de ren­sei­gne­ment. Une fois à la tête du nou­veau par­ti des Frères, il tente d’en­voyer des si­gnaux ras­su­rants aux ad­ver­saires des Frères mu­sul­mans, et pro­met de col­la­bo­rer avec les autres forces pour la ré­dac­tion de la

Mo­ha­mad Mor­si, can­di­dat « de re­change » des Frères mu­sul­mans, oc­cupe il y a quelques jours seule­ment la place de l’homme fort de la confré­rie, Khaï­rat AlC­ha­ter. Ce der­nier étant écar­té par la com­mis­sion élec­to­rale. Il est in­gé­nieur de for­ma­tion et professeur d’uni­ver­si­té et pré­sident du Par­ti Li­ber­té et Jus­tice (PLJ). Né en 1951, Mor­si a été un cadre de poids lourd au sein de la confré­rie, même s’il était une fi­gure in­con­nue pour le pu­blic. Il s’oc­cu­pait de la for­ma­tion po­li­tique et du choix des can­di­dats aux lé­gis­la­tives dans une par­tie de la ré­gion du Del­ta et du Ca­nal de Suez pour les lé­gis­la­tives de 2000, ce qui lui a va­lu le poste de porte- lors des élec­tions de 2009. En avril 2011 dé­jà, il se pro­nonce can­di­dat à la pré­si­den­tielle, à l’en­contre de la dé­ci­sion de la confré­rie qui ne tarde pas à l’évin­cer. En signe de pro­tes­ta­tion, une cin­quan­taine de jeunes dé­mis­sionnent. Il se dit en­core « en bons termes » avec les Frères en dé­pit des dé­cla­ra­tions mul­tiples des di­ri­geants de la confré­rie de ne pas vo­ter pour lui. Dans son équipe, on re­père des ac­ti­vistes de la gauche, des femmes non voi­lées, un fait in­ouï pour les is­la­mistes.

Grâce à son pro­gramme qui met l’ac­cent sur des pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment et de sé­cu­ri­té, il at­tire des élec­teurs de gauche, d’autres plus li­bé­raux. Voire, il a beau­coup de chance d’at­ti­rer d’autres élec­teurs qui, par dé­faut, ne trouvent pas d’autre can­di­dat pour le­quel ils peuvent vo­ter. Il semble le bé­né­fi­ciaire d’une bonne par­tie des voix « is­la­miques » après l’ex­clu­sion de Khaï­rat Al-cha­ter, can­di­dat des Frères, et du sa­la­fiste Ha­zem Abou-ismaïl Cons­ti­tu­tion. Pris par le triom­pha­lisme qui a ga­gné la confré­rie après la ré­vo­lu­tion, il a dé­fen­du fa­rou­che­ment la com­po­si­tion de la consti­tuante do­mi­née par les is­la­mistes et contes­tée par beau­coup de per­son­na­li­tés. Il a don­né of­fi­ciel­le­ment le coup d’en­voi de sa cam­pagne aux cô­tés de Cha­ter sous le slo­gan « L’is­lam est la so­lu­tion » et se dit l’unique can­di­dat « is­la­miste ». Un moyen de cour­ti­ser l’élec­to­rat is­la­miste, sur­tout les sa­la­fistes, et qui al­lait vo­ter fa­ci­le­ment pour Cha­ter et non Mor­si. Il n’a ni le cha­risme, ni la po­pu­la­ri­té lui per­met­tant de cour­ti­ser le simple ci­toyen. Les voix qu’il ré­col­te­ra se­ront pour l’ins­tant celles des Frères mu­sul­mans

Newspapers in French

Newspapers from Egypt

© PressReader. All rights reserved.