Dans l’at­tente d’une deuxième ré­vo­lu­tion

Après la ma­ni­fes­ta­tion de ven­dre­di à Tah­rir, les par­ti­sans du can­di­dat sa­la­fiste, Ha­zem Sa­lah Abou-ismaïl, sont res­tés sur la place. Ils dé­noncent son ex­clu­sion de la course à la pré­si­dence.

Al Ahram Hebdo - - Egypte - Ola Ham­di

Di­manche, deux jours après les ma­ni­fes­ta­tions géantes de ven­dre­di, les par­ti­sans du can­di­dat dis­qua­li­fié à la pré­si­den­tielle Ha­zem Sa­lah AbouIs­maïl sont en­core là, en sit-in sur la place Tah­rir. Ils pro­testent contre son ex­clu­sion de la course à cause de la na­tio­na­li­té amé­ri­caine de sa mère, ce que le can­di­dat conti­nue à nier.

La place est com­plè­te­ment sous le contrôle des sa­la­fistes qui en ont oc­cu­pé les ac­cès. Des tentes sont par­se­mées au­tour de la spa­cieuse place, no­tam­ment de­vant le com­plexe ad­mi­nis­tra­tif com­mu­né­ment ap­pe­lé le Mo­gam­maa ain­si que der­rière la mos­quée de Omar Ma­kram, toute proche. Les forces de sé­cu­ri­té sont en­tiè­re­ment ab­sentes. Non loin du Mo­gam­maa, une tri­bune dif­fuse en conti­nu les dis­cours des sym­pa­thi­sants du cheikh Abou-ismaïl, des dis­cours en­tre­cou­pés des mêmes slo­gans : « A bas la com­mis­sion élec­to­rale ! A bas le Conseil mi­li­taire ! A bas les fe­loul ! ».

« Nous ne quit­tons pas la place que si la haute com­mis­sion des élec­tions pré­si­den­tielles dé­cide le re­tour du cheikh au ma­ra­thon élec­to­ral », pro­met un ma­ni­fes­tant du haut de la tri­bune. Par­mi les re­ven­di­ca­tions des ma­ni­fes­tants fi­gurent le dé­part des mi­li­taires du pou­voir ain­si que l’amen­de­ment de l’ar­ticle 28 de la Cons­ti­tu­tion qui im­mu­nise les dé­ci­sions de la com­mis­sion élec­to­rale contre toute contes­ta­tion.

Sous une grande tente consa­crée aux femmes, Sa­mah Mo­ha­mad, mère de 4 en­fants, ra­conte qu’elle vient chaque jour du ma­tin au soir, pour par­ti­ci­per au sit-in. « Je suis là pour dire non aux fe­loul de l’an­cien ré­gime comme Amr Mous­sa et Ah­mad Cha­fiq. Je suis là pour cor­ri­ger l’in­jus­tice com­mise contre notre cheikh Ha­zem Sa­lah Abou-ismaïl », dit-elle. « Tous les jours, on in­vente une ru­meur pour nous dé­cou­ra­ger de ve­nir. Au­jourd’hui, cer­tains di­saient que les mi­li­taires ont en­va­hi la place et se sont at­ta­qués aux ma­ni­fes­tants. Hier, une autre ru­meur cir­cu­lait se­lon la­quelle l’eau a été cou­pée de toutes les mos­quées du quar­tier, ce qui veut dire qu’on res­te­ra toute la jour­née sans boire ni pas­ser aux toi­lettes », in­dique Sa­mah qui ne s’est pas lais­sée dis­sua­der par ces ru­meurs.

Na­glaa, une jeune femme de 32 ans, prend la pa­role pour af­fir­mer qu’elle et les autres femmes sont là pour ap­pli­quer la loi di­vine. « Abou-ismaïl a pro­mis de gou­ver­ner en fonc­tion de la cha­ria, et c’est pour ce­la qu’on le sou­tient », dit-elle avant d’être in­ter­rom­pue par un homme qui lui dé­con­seille de par­ler aux mé­dias.

Sayed Ab­dal­lah, un pié­ton quin­qua­gé­naire tra­verse la place en lan­çant des cri­tiques. « L’egypte va tout perdre, alors que cha­cun cherche sa part du gâ­teau », crie-t-il à plein go­sier. Mo­ha­mad, 25 ans, l’un des ma­ni­fes­tants, char­gé de gar­der la sé­cu­ri­té, se pro­pose de lui ré­pondre : « Nous ne sommes pas comme les Frères mu­sul­mans qui ont ga­gné plu­sieurs parts du gâ­teau, ce que nous cher­chons c’est la jus­tice, la loi du bon Dieu ». Ici, les is­la­mistes ne se dé­marquent pas des li­bé­raux mais des autres is­la­mistes moins ri­gou­reux. « Nous res­te­rons sur la place en at­ten­dant la deuxième ré­vo­lu­tion », ajoute Mo­ha­mad

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