Cou­purres de pr­resse

La vi­site du muf­ti de la Ré­pu­blique, Ali Go­maa, à Jé­ru­sa­lem a sou­le­vé un tol­lé d’in­di­gna­tions. Plu­sieurs édi­tos y ont vu un acte de nor­ma­li­sa­tion com­man­di­té de haut. Avec en toile de fond une si­tua­tion po­li­tique in­terne consi­dé­rée par beau­coup comme haut

Al Ahram Hebdo - - Egypte - Na­jet Bel­ha­tem

«

Ce qui s’est pas­sé mer­cre­di der­nier est une grande ca­tas­trophe contre la­quelle nous de­vons lut­ter pour ne pas être sur­pris un jour, par le cheikh d’alAz­har à Jé­ru­sa­lem et en­suite, sous un ef­fet boule de neige, voir toutes nos ins­ti­tu­tions, nos syn­di­cats et nos as­so­cia­tions po­pu­laires se di­ri­ger vers la ville de Jé­ru­sa­lem oc­cu­pée », écrit Emad­dine Hus­sein dans Al-sho­rouk, com­men­tant la vi­site du muf­ti de la Ré­pu­blique, Ali Go­maa, à Jé­ru­sa­lem la se­maine der­nière. Vi­site qui a sou­le­vé une tem­pête de ré­ac­tions de co­lère. « On ne sait pas qui le cheikh veut leur­rer en di­sant que la vi­site s’est faite sous la tu­telle de la Jor­da­nie loin des oc­cu­pants is­raé­liens. Ne sa­vez-vous pas Mon­sieur le muf­ti que le pré­sident Mah­moud Ab­bas ne peut pas bou­ger de Ra­mal­lah sans une per­mis­sion is­raé­lienne ? L’af­faire n’est pas une af­faire de pa­pe­rasse ni de ca­chets sur le passeport. Quand vous en­trez par un point de pas­sage, le sol­dat qui vous per­met de pas­ser est ce­lui-là même qui tue vos frères pa­les­ti­niens. N’avez-vous pas en­ten­du Mon­sieur le muf­ti qu’au mo­ment où vous fai­siez la prière dans la mos­quée d’al-aq­sa, il y avait 1 200 pa­les­ti­niens qui fai­saient la grève de la faim pour pro­tes­ter contre les tor­tures quo­ti­diennes ? N’avez-vous pas en­ten­du que des mar­tyrs tombent chaque jour sous l’ef­fet des bom­bar­de­ments à Ga­za ? La ques­tion qui se pose est la sui­vante : qui a per­mis au muf­ti de se di­ri­ger vers Jé­ru­sa­lem à ce mo­ment pré­cis et quelques jours seule­ment après le dé­part de cen­taines de coptes en pè­le­ri­nage à Beth­léem ? ». Et de conclure : « Il faut conti­nuer la pres­sion pour que le cheikh soit dé­mis de ses fonc­tions. Il est à no­ter que le scan­dale de les es­prits ne peuvent pas en ab­sor­ber les dé­tails. En dé­fi­ni­tif, pour le ci­toyen moyen, tout le monde est fau­tif face à la si­tua­tion du pays après la ré­vo­lu­tion. Il est dans un état de manque de confiance en ce qui l’en­toure. Et pen­dant que tout le monde se lance des ac­cu­sa­tions et com­met des fautes, voire des pé­chés, les ins­ti­tu­tions, les par­tis, les syn­di­cats, les coa­li­tions, les as­so­cia­tions et les per­son­na­li­tés pu­bliques s’af­faissent ... Tout ce­la se passe au mo­ment où il est de­man­dé aux Egyp­tiens de par­faire les deux pi­liers qui restent pour com­plé­ter le nou­veau ré­gime po­li­tique, à sa­voir la Cons­ti­tu­tion et l’élec­tion d’un pré­sident ». Pour l’au­teur, le mo­ment est d’une grande dan­ge­ro­si­té : « Cette réa­li­té qui se com­plique chaque jour da­van­tage se­ra plus pe­sante pour les Egyp­tiens et plus op­pres­sante que le ré­gime Mou­ba­rak qu’ils ont réus­si à faire tom­ber … ». Dans Al-mas­ry Al-youm, un édi­to­ria­liste lance : « La ré­vo­lu­tion a été gran­diose, mais le diable s’est im­mis­cé dans les dé­tails. Les jeunes de la ré­vo­lu­tion se sont di­vi­sés sous la ten­ta­tion de la cé­lé­bri­té et du lea­der­ship. Les cou­rants is­la­mistes n’ont pas four­ni de ser­vices so­ciaux tan­gibles aux gens de­puis la ré­vo­lu­tion et le Conseil mi­li­taire a fait tout son pos­sible pour créer des crises et main­te­nir l’état d’anar­chie. La po­pu­la­tion nom­breuse est ca­pable de croire que le cha­meau vole si ce­lui qui le dit est un cheikh ! Les laïcs sans cré­dit dans la rue veulent leur part du gâ­teau et les fe­loul, les restes de l’an­cien ré­gime, sont prêts à mettre le feu au pays. Nous sommes tous cou­pables nous sommes tous fau­tifs ».

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