Un état ver­sa­tile

Al Ahram Hebdo - - Egypte -

Go­maa n’est pas un scan­dale in­di­vi­duel. Il faut le pla­cer dans un cadre gé­né­ral et vous trou­ve­rez qu’il entre dans une ten­ta­tive de pré­pa­rer la scène à plus de nor­ma­li­sa­tion ». Un autre ar­ticle dans AlS­ho­rouk de Wael Qan­dil tente d’al­ler au-de­là de la vi­site de Go­maa qua­li­fiée par son porte-pa­role d’acte per­son­nel. « Tout le monde sait que le poste de muf­ti de la Ré­pu­blique est un poste po­li­tique par es­sence. Il est nom­mé par le pré­sident de la Ré­pu­blique au titre de mi­nistre. Ob­jec­ti­ve­ment, il n’a pu être qu’envoyé à Jé­ru­sa­lem par les au­to­ri­tés. Il a été por­teur d’un mes­sage ni ver­bal ni écrit, mais co­dé de la part de la nou­velle di­rec­tion du pays concer­nant la ques­tion de la nor­ma­li­sa­tion et des re­la­tions avec l’etat sio­niste. Le mes­sage ren­ferme ce­ci : rien n’a chan­gé après la des­ti­tu­tion de Mou­ba­rak. Il semble que cer­tains ont cru que l’af­faire de la non-nor­ma­li­sa­tion est tom­bée en désué­tude et ne fait plus par­tie des prio­ri­tés du peuple égyp­tien à l’ombre des dos­siers in­té­rieurs brû­lants … Le muf­ti n’a pas osé faire un tel pas au plus fort des re­la­tions douces entre le ré­gime Mou­ba­rak et l’en­ne­mi sio­niste, et du coup, sa ré­cente dé­marche est un fait mar­quant dans son ti­ming et ses cir­cons­tances po­li­tiques et in­ter­na­tio­nales ». L’au­teur fait re­mar­quer qu’il faut s’at­tar­der sur les mes­sages que com­porte cette vi­site du muf­ti à Jé­ru­sa­lem. « D’un cô­té, ceux gou­ver­nant l’egypte ac­tuel­le­ment ont vou­lu ten­ter une ex­pé­rience pra­tique sur le dos- sier de la nor­ma­li­sa­tion au mo­ment où les Egyp­tiens sont ex­té­nués par les crises éco­no­miques et sé­cu­ri­taires, et d’un autre cô­té, ils ont vou­lu en­voyer un mes­sage d’apai­se­ment à l’ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine et au gou­ver­ne­ment is­raé­lien que rien n’a chan­gé de­puis Mou­ba­rak et que les con­vic­tions de ceux qui gou­vernent ac­tuel­le­ment ne chan­ge­ront pas ». Dans le quo­ti­dien Al-youm Al-sa­bie, un autre édi­to­ria­liste s’en prend à la vi­site du muf­ti de la Ré­pu­blique que l’union des écri­vains égyp­tiens veut ra­dier de ses listes. « Le boy­cott d’is­raël n’est pas un point de vue, mais une po­si­tion na­tio­nale qui n’a be­soin ni de trop de rhé­to­rique, ni de ter­gi­ver­sa­tions ver­bales sous l’in­ti­tu­lé du dia­logue avec l’autre. Toute vi­site en ter­ri­toire oc­cu­pé est une nor­ma­li­sa­tion fla­grante », com­mente Adel AlSan­hou­ri.

Et pour re­ve­nir à la si­tua­tion po­li­tique du pays, Diaa Rach­wane dans son ar­ticle dans le quo­ti­dien Al-mas­ry Al-youm fait état d’une si­tua­tion dé­sas­treuse : « L’egypte est dans une phase des plus dan­ge­reuses de­puis la fon­da­tion de l’etat mo­derne sous Mo­ha­mad Ali il y a plus de 200 ans. Et comme c’est une si­tua­tion nou­velle et ja­mais connue jusque-là dans l’his­toire, pleine d’in­ter­ac­tions, de di­vi­sions et de di­ver­gences, toute ana­lyse est en­ta­chée de contra­dic­tions. Au mi­lieu de cette si­tua­tion très ver­sa­tile, tout le monde se jette la balle, ce qui rend la scène tel­le­ment ab­surde que

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