Une des­ti­née in­cer­taine

ÉCO­NO­MIE MON­DIALE . La zone eu­ro et son in­fluence, sur­tout sur le Moyen-orient, étaient en tête des su­jets dis­cu­tés lors des réunions du prin­temps du FMI et de la Banque mon­diale, cette se­maine à Wa­shing­ton. En plus de la dé­ci­sion du G20 de consa­crer 430

Al Ahram Hebdo - - Economie -

430MILLIARDS DE DOL­LARS. C’est la somme que le G20 s’est en­ga­gé à ac­cor­der au Fonds Mo­né­taire In­ter­na­tio­nal (FMI) à la clô­ture des réunions du prin­temps de la Banque mon­diale et du FMI pour faire face au risque le plus ai­gu pour la crois­sance éco­no­mique mon­diale : la crise eu­ro­péenne. « Ce­la double presque la ca­pa­ci­té de prêt du Fonds et montre vé­ri­ta­ble­ment la dé­ter­mi­na­tion de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale à avoir les ou­tils pour ré­sis­ter et se dé­fendre face aux crises. Il était ex­trê­me­ment im­por­tant, né­ces­saire, l’ex­pres­sion d’une dé­ter­mi­na­tion com­mune », es­time la di­rec­trice gé­né­rale du FMI, Christine La­garde.

Les pays émer­gents BRIC — Bré­sil, Rus­sie, Inde, Chine — de­vraient four­nir des fonds sup­plé­men­taires au FMI sans pré­ci­ser le mon­tant conve­nu par cha­cun. En échange, les pays émer­gents ont ob­te­nu de leurs par­te­naires du G20 des ga­ran­ties de voir leur rôle éco­no­mique gran­dis­sant pro­gres­si­ve­ment re­con­nu au sein du FMI par le biais d’un ren­for­ce­ment de leurs droits de vote. « Nous avons condi­tion­né les fonds à l’achè­ve­ment de la ré­forme des quo­tas du FMI, afin que les pays émer­gents aient une re­pré­sen­ta­tion plus large — ce­la a été ac­cep­té », a dé­cla­ré le mi­nistre bré­si­lien des Fi­nances, Gui­do Man­te­ga, à l’is­sue de la réunion du G20.

L’eu­rope souffre en fait de­puis la crise fi­nan­cière, dé­clen­chée il y a plus de 4 ans, d’une grave crise éco­no­mique, dont les re­tom­bées me­nacent l’ave­nir des éco­no­mies des pays du monde en­tier. Une souf­france qui me­nace les éco­no­mies du monde en­tier, sur­tout les pays du Moyen-orient, dont l’egypte, qui as­sistent tous à une tran­si­tion po­li­tique dont les ré­per­cus­sions éco­no­miques s’ag­gravent avec la crise eu­ro­péenne.

Se­lon le der­nier rap­port du FMI « Les pers­pec­tives éco­no­miques », le Moyen-orient et l’egypte avec l’eu­rope qui est un prin­ci­pal par­te­naire des pays de la ré­gion arabe, se­ront for­te­ment in­fluen­cés par la crise de la zone eu­ro. Les tur­bu­lences po­li­tiques aux­quelles as­sistent quelques pays de la ré­gion arabe ac­croissent la ré­gres­sion de l’éco­no­mie eu­ro­péenne pour abou­tir à de mau­vaises ré­per­cus­sions sur l’éco­no­mie, in­dique le rap­port.

Le taux de crois­sance dans ces pays ac­cuse une cer­taine baisse vu l’ef­fon­dre­ment du sec­teur du tou­risme, la chute de l’af­flux des in­ves­tis­se­ments étran­gers et la chute des ex­por­ta­tions. Et l’eu­rope est le pi­vot de ces trois res­sources dans le pays. C’est ain­si que le rap­port, avec un simple es­sor de la crise eu­ro­péenne, pré­voit une amé­lio­ra­tion du taux de crois­sance au Moyen-orient pour at­teindre 4,2 % en 2012 contre 3,2 % en 2011.

Pour l’egypte, le rap­port a pré­vu une baisse du PIB de 1,8 % en 2012 et 1,5 % en 2013, vu l’in­sta­bi­li­té po­li­tique qui coûte au pays une perte du tou­risme et des in­ves­tis­se­ments. « L’éco­no­mie égyp­tienne est liée à l’éco­no­mie eu­ro­péenne. C’est son plus grand par­te­naire éco­no­mique. Et une re­lance de ces pays si­gni­fie une re­prise des af­flux des in­ves­tis­se­ments eu­ro­péens et un mar­ché plus ou­vert aux ex­por­ta­tions égyp­tiennes. Une faible éco­no­mie eu­ro­péenne si­gni­fie plus de contraintes face aux Egyp­tiens », ex­plique Ami­ra Al-had­dad, professeur d’éco­no­mie à l’uni­ver­si­té amé­ri­caine du Caire.

La Syrie n’est pas men­tion­née dans le rap­port vu l’in­sta­bi­li­té et l’obs­cu­ri­té de la si­tua­tion po­li­tique. En fait, la crois­sance mon­diale, bien qu’en faible pro­gres­sion vu la re­lance éco­no­mique aux Etats-unis, de­meure en­core fra­gile à cause des risques af­fron­tés par l’eu­rope, tels que les dettes sou­ve­raines dans la zone eu­ro et la hausse des cours du pé­trole. « Le fan­tôme d’une nou­velle crise est à l’ho­ri­zon », ré­sume Oli­vier Blan­chard, éco­no­miste au­près du FMI, dans le rap­port.

C’est ain­si que le FMI pré­voit une baisse du taux de crois­sance mon­diale à 3,5% en 2012 contre 4 % en 2011. Cette es­ti­ma­tion de 3,5 %, et une autre de 4,1 % en 2013 viennent à l’en­contre des pré­vi­sions pré­cé­dentes plus basses au dé­but de l’an­née, de 3,3 % et 3,9 % res­pec­ti­ve­ment. L’ita­lie et l’es­pagne af­frontent une crise de leur bud­get et l’on doute de la ca­pa­ci­té de la Grèce à rem­bour­ser ses en­ga­ge­ments.

Pre­nant en consi­dé­ra­tion la sta­bi­li­té ac­tuelle dans les pays de l’eu­rope, le fonds a pré­vu une lé­gère con­trac­tion dans la zone eu­ro de 0,3 % en 2012 ain­si qu’une crois­sance de 0,9 % en 2013. Pour la Chine, le fonds a gar­dé ses mêmes pré­vi­sions de crois­sance à 8,2 % et 8,8 % en 2012 et 2013, car l’in­ves­tis­se­ment lo­cal fort ré­com­pense la chute des ex­por­ta­tions. Quant aux éco­no­mies émer­gentes, le fonds a aug­men­té ses pré­vi­sions à 5,7 et 6 % en 2012 et 2013 contre 5,4 et 5,9 % au­pa­ra­vant.

Une em­prise contro­ver­sée

L’ap­port des 430 mil­liards de dol­lars ne ré­sou­dra pas tout d’un coup le pro­blème, et les Eu­ro­péens sont tou­jours dans la pos­ture de ras­su­rer les in­ves­tis­seurs sur la cré­di­bi­li­té des ré­formes éco­no­miques en­tre­prises en par­ti­cu­lier sur la ré­duc­tion des dé­fi­cits pu­blics.

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