Rupt­turre de contt

Al Ahram Hebdo - - Economie - Ah­med Fet­te­hah

Sque « la dé­ci­sion a une mo­ti­va­tion éco­no­mique. Nous avons an­nu­lé l’ac­cord d’ex­por­ta­tion parce qu’ils n’ont pas res­pec­té le ca­len­drier des paie­ments lors des der­niers mois ». Il af­firme que « l’egypte a pré­ve­nu ses par­te­naires à maintes re­prises, mais en vain ». La mi­nistre égyp­tienne de la Co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, Fay­za Aboul-na­ga, a dé­cla­ré que les ac­cords avec Is­raël peuvent être re­vus si une hausse des prix du gaz, con­for­mé­ment au prix in­ter­na­tio­nal, est prise en consi­dé­ra­tion par le cô­té is­raé­lien. Quant au mi­nistre de l’elec­tri­ci­té, Has­san You­nès, il a sou­li­gné que la quan­ti­té de gaz non ex­por­tée vers Is­raël se­ra uti­li­sée pour com­bler la pé­nu­rie sur le mar­ché lo­cal.

Les ré­ac­tions du cô­té is­raé­lien sont contra­dic­toires. Yu­val Stei­nitz, mi­nistre des Fi­nances, a ex­pri­mé son in­quié­tude face à cette me­sure « sur­prise ». Dans un en­tre­tien à Ra­dio Is­raël, il af­firme que la dé­ci­sion peut avoir de sé­rieuses consé­quences po­li­tiques et éco­no­miques liées à l’ac­cord de paix de Camp Da­vid.

Le mi­nistre is­raé­lien des Af­faires étran­gères, Avig­dor Lie­ber­man, est al­lé plus loin, pro­po­sant de ren­for­cer la pré­sence mi­li­taire is­raé­lienne

GAZ NA­TU­REL . Avan­çant un pro­blème de re­tard de paie­ments, l’egypte a in­ter­rom­pu ses ex­por­ta­tions vers Is­raël. Le gou­ver­ne­ment sio­niste parle de « vio­la­tions des ac­cords de paix ».

Ré­ac­tions contra­dic­toires

Twit­ter Nous ne consi­dé­rons pas cette cou­pure de gaz comme une mo­ti­va­tion po­li­tique ». Il qua­li­fie la crise de « dis­pute com­mer­ciale entre une en­tre­prise is­raé­lienne et une autre égyp­tienne ».

L’egypte se garde elle aus­si de don­ner à cette dé­ci­sion toute mo­ti­va­tion po­li­tique. Elle a par ailleurs ou­vert la porte à une ré­so­lu­tion pro­chaine du dif­fé­rend à tra­vers les propos de Hani Da­hi, pré­sident de l’au­to­ri­té pu­blique du pé­trole. Ce der­nier a af­fir­mé que l’egypte était prête à dis­cu­ter toute pro­po­si­tion de rè­gle­ment concer­nant les ar­rié­rés de paie­ments. « Nous avons ef­fec­tué plu­sieurs consul­ta­tions ju­ri­diques avant de prendre la dé­ci­sion », a-t-il as­su­ré lors d’une in­ter­ven­tion té­lé­vi­sée sur Al-ja­zee­ra.

D’après Da­hi, une rup­ture de contrat est en­vi­sa­geable si l’une des deux par­ties ne res­pecte pas ses en­ga­ge­ments. « Nous avons pris

eul le Conseil

su­prême des forces ar­mées a le pou­voir de prendre une telle me­sure. L’egypte a uni­la­té­ra­le­ment mis fin au contrat d’ex­por­ta­tion de gaz qui la lie à Is­raël. La nou­velle a été dé­voi­lée par Am­pal-ame­ri­can Is­raël Cor­po­ra­tion, une en­tre­prise par­te­naire d’east Me­di­ter­ra­nean Gas Co. (EMG). Cette der­nière est en charge de l’ex­por­ta­tion du gaz égyp­tien.

Am­pal, qui dé­tient 12,5 % D’EMG, a af­fir­mé dans un com­mu­ni­qué de presse que le gou­ver­ne­ment de M. Gan­zou­ri avait de­man­dé à ce que « l’au­to­ri­té pu­blique du pé­trole et la Hol­ding égyp­tienne du gaz (deux en­tre­prises pu­bliques, ndlr) fassent sa­voir à EMG qu’elles mettent fin au contrat d’ap­pro­vi­sion­ne­ment et d’achat entre les deux par­ties ».

Se­lon le même com­mu­ni­qué, EMG consi­dère cette ten­ta­tive de rup­ture de contrat « in­fi­dèle et de mau­vaise in­ten­tion », et que « EMG, Am­pal et ses autres par­te­naires sont en train d’étu­dier leur ré­ac­tion ju­ri­dique et vont sol­li­ci­ter les gou­ver­ne­ments im­pli­qués ».

Se­lon le cô­té égyp­tien, Is­raël a ac­cu­mu­lé des ar­rié­rés de paie­ment de 100 mil­lions de dol­lars ces der­niers mois. Mo­ha­mad Choaib, di­rec­teur exé­cu­tif de la Hol­ding du gaz égyp­tien, pré­cise à l’heb­do aux fron­tières avec l’egypte. Lie­ber­man au­rait af­fir­mé au quo­ti­dien is­raé­lien Maa­riv que « le cas égyp­tien est de­ve­nu plus alar­mant que le cas ira­nien ».

Le pre­mier mi­nistre, Be­nya­min Ne­ta­nya­hu, s’est conten­té de rap­pe­ler que l’ac­cord était tou­jours en vi­gueur et que le dif­fé­rend n’était que d’ordre ju­ri­dique. Son porte-pa­role a af­fir­mé sur : « toutes nos pré­cau­tions lé­gales pour que l’egypte ne doive pas in­dem­ni­ser Is­raël en cas de rup­ture de contrat », dit- il. En d’autres termes, il cherche à évi­ter qu’is­raël puisse in­vo­quer une rup­ture abu­sive de contrat.

L’ac­cord d’ex­por­ta­tion a tou­jours été for­te­ment cri­ti­qué en Egypte. Mou­ba­rak et plu­sieurs de ses col­la­bo­ra­teurs font ac­tuel­le­ment face à des ac­cu­sa­tions de cor­rup­tion liées à ce contrat. Par­mi eux se trouvent Hus­sein Sa­lem, un as­so­cié D’EMG, ain­si que l’ex-mi­nistre du Pé­trole, Sa­meh Fah­mi.

En 2010, un ver­dict du tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif avait in­ter­dit au gou­ver­ne­ment d’ex­por­ter du gaz à Is­raël, ap­pe­lant à ré­vi­ser le contrat. De­puis, l’egypte s’est en­ga­gée à né­go­cier des prix plus éle­vés, mais n’a ja­mais in­ter­rom­pu ses ex­por­ta­tions vers Is­raël.

Les op­po­sants à l’ac­cord, qui four­nit à Is­raël plus de 20 % de ses be­soins en gaz, ont ac­cu­sé le gou­ver­ne­ment de fi­nan­cer Is­raël dans sa guerre contre les Pa­les­ti­niens. De­puis la ré­vo­lu­tion de jan­vier 2011, le ga­zo­duc trans­por­tant le gaz vers Is­raël a été 14 fois l’ob­jet d’ex­plo­sions. Le gou­ver­ne­ment n’a tou­jours pas ar­rê­té les au­teurs de ces sa­bo­tages à ré­pé­ti­tion

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