Le face-à-face

Al Ahram Hebdo - - Opinion - Al-ah­ram Heb­do

Avec les ma­ni­fes­ta­tions de ven­dre­di der­nier sur la place Tah­rir, c’est un nou­veau bras de fer qui s’an­nonce entre les forces po­li­tiques, Frères mu­sul­mans et sa­la­fistes en tête, et le Conseil su­prême des forces ar­mées. A un mois du pre­mier tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle, pré­vu les 23 et 24 mai, des di­zaines de mil­liers de ma­ni­fes­tants se sont ras­sem­blés sur la place em­blé­ma­tique du Caire pour ma­ni­fes­ter contre les gé­né­raux, ac­cu­sés de vou­loir se main­te­nir au pou­voir. La ma­ni­fes­ta­tion qui a ras­sem­blé, outre les Frères et les sa­la­fistes, des li­bé­raux, a exi­gé la mise à l’écart des res­pon­sables de l’ère Mou­ba­rak et leur ex­clu­sion de la course à la pré­si­dence de la Ré­pu­blique, de même que la te­nue des élec­tions pré­si­den­tielles à leur date pré­vue et la re­mise du pou­voir par les mi­li­taires à une au­to­ri­té ci­vile élue avant le 30 juin pro­chain. Pour­quoi cette mo­bi­li­sa­tion ? Long­temps en­ga­gés dans une « lune de miel » avec le CSFA, les Frères ont vu leurs re­la­tions se dé­gra­der peu à peu avec le Conseil. Frus­trés de ne pas pou­voir gou­ver­ner alors qu’ils pos­sèdent le pou­voir lé­gis­la­tif, ils ont ré­cla­mé le droit de for­mer un gou­ver­ne­ment mais se sont heur­tés à un re­fus du CSFA. Face à ce re­fus, les Frères, qui sont sou­mis à des pres­sions de la part de leur élec­to­rat, qui leur de­mande de mettre en oeuvre des po­li­tiques concrètes, ont ri­pos­té en pro­po­sant la can­di­da­ture d’al-cha­ter à l’élec­tion pré­si­den­tielle. Face à l’ex­clu­sion de ce der­nier, ils n’avaient d’autres choix que de des­cendre dans la rue. Les Frères et les sa­la­fistes ont sur­tout le sen­ti­ment per­sis­tant de faire l’ob­jet d’un « com­plot » fo­men­té par le CSFA. Ils voient d’un très mau­vais oeil l’ex­clu­sion de leurs can­di­dats res­pec­tifs, Khaï­rat Al-cha­ter et Ha­zem Sa­lah Abou-ismaïl, de la course à la pré­si­den­tielle. AlC­ha­ter, em­pri­son­né sous Mou­ba­rak, a été écar­té en rai­son d’une loi sti­pu­lant que toute per­sonne ayant été condam­née à la pri­son ne re­trouve ses droits ci­viques que 6 ans après la fin de sa peine. AbouIs­maïl, lui, a été ex­clu à cause de la na­tio­na­li­té amé­ri­caine de sa mère, fait qui ne lui per­met pas de se pré­sen­ter aux élec­tions en ver­tu de la loi. Quant aux li­bé­raux, ils par­tagent la crainte des is­la­mistes de voir les mi­li­taires se main­te­nir au pou­voir. Les ma­ni­fes­ta­tions de cette se­maine sur la place Tah­rir ne sont que le re­flet d’un nou­veau bras de fer entre les is­la­mistes et les mi­li­taires au pou­voir

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