Les 185 ans de Qasr Al-aï­ni

Al Ahram Hebdo - - Mode De Vie - M. A.

Fon­dé en 1827 à l’époque de Mo­ha­mad Ali, l’hô­pi­tal de Qasr Al-aï­ni se trou­vait alors à Abou-zaa­bal, une ban­lieue du Caire. Edi­fié au sein d’un quar­tier po­pu­laire, il ac­cueillait pour­tant les élites de la so­cié­té égyp­tienne. A l’époque, c’était le centre hos­pi­ta­lier le plus im­por­tant du Moyen-orient.

En 1825, Mo­ha­mad Ali char­gea Tour­non, un homme d’af­faires fran­çais ré­si­dant au Caire, d’ame­ner de France un mé­de­cin com­pé­tent, ca­pable d’of­frir les meilleurs ser­vices de san­té pour son ar­mée. A Mar­seille, Tour­non fit part de ce pro­jet à un mé­de­cin de l’hô­pi­tal de la Cha­ri­té, le cé­lèbre chi­rur­gien gre­no­blois, An­toine Ber­te­le­my Clot, connu sous le nom de « Clot bey » . Il fut le 1er Eu­ro­péen à por­ter ce titre ho­no­ri­fique. Ce der­nier or­ga­ni­sa un ser­vice sa­ni­taire aus­si simple qu’ef­fi­cace pour l’ar­mée et la ma­rine égyp­tiennes.

Cet éta­blis­se­ment hos­pi­ta­lier est de­ve­nu, avec l’aide de ce fa­meux chi­rur­gien, la pre­mière école na­tio­nale de mé­de­cine en Egypte. Beau­coup de mé­de­cins fran­çais, eu­ro­péens et arabes ont en­sei­gné par la suite à la fa­cul­té de mé­de­cine de l’uni­ver­si­té du Caire.

En 1837, ce grand éta­blis­se­ment est trans­for­mé en centre hos­pi­ta­lo-uni­ver­si­taire, après l’ou­ver­ture de la fa­cul­té de mé­de­cine de l’uni­ver­si­té du Caire sous le roi Fouad. L’école de mé­de­cine et l’hô­pi­tal furent en­suite trans­fé­rés d’abou-zaa­bal à leur em­pla­ce­ment ac­tuel à Qasr Al-aï­ni.

La du­rée des études de mé­de­cine à cette époque était de 5 ans et le nombre d’étu­diants s’éle­vait à 300.

A l’époque, l’hô­pi­tal de Qasr Al-aï­ni com­pre­nait 100 jeunes mé­de­cins, lo­gés, nour­ris et payés par l’etat. Les soins étaient gra­tuits pour les pa­tients.

La renommée du centre uni­ver­si­taire hos­pi­ta­lier de Qasr Al-aï­ni s’éten­dra en Afrique du Nord, en Ara­bie saou­dite et en Syrie, à tel point que l’émir Bé­chir Al-che­ha­bi, prince du Li­ban, y en­voyait des jeunes mé­de­cins li­ba­nais pour suivre leurs études.

Ces der­nières an­nées, l’hô­pi­tal a peu à peu per­du sa vo­ca­tion à sou­la­ger les souf­frances des pauvres. Au­jourd’hui, les pa­tients s’as­soient par terre, s’en­tassent dans les cou­loirs et at­tendent des heures avant d’être aus­cul­tés. Si le per­son­nel mé­di­cal fait de son mieux, le nombre de pa­tients est trop im­por­tant pour les ef­fec­tifs de l’hô­pi­tal

Se faire ai­der

d’une voix

Ba­dr, un ban­quier, a été bles­sé aux yeux lors du ven­dre­di de la co­lère. Il a per­du son oeil gauche et ne voit qu’à 3 mètres avec son oeil droit. Il suit, grâce à ce centre, un pro­gramme de for­ma­tion pour mal­voyants. Ce genre de pro­grammes consiste à se faire ai­der d’une voix pour uti­li­ser des pro­grammes in­for­ma­tiques. « Le lec­teur d’écran four­nit des des­crip­tions vo­cales et des com­mandes com­plètes par le cla­vier comme so­lu­tion al­ter­na­tive à l’uti­li­sa­tion d’une sou­ris » , dé­taille le di­rec­teur du centre, l’oph­tal­mo­logue Mo­ha­mad Kha­fa­gui. Le centre peut ai­der les per­sonnes qui ont une vi­sion com­prise entre 2 et 3 sur 60.

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