Les deux Sou­dan au bord de la guerre

Al Ahram Hebdo - - Re Iè E N Ur R De He -

La terre tremble tou­jours entre les deux voi­sins. Le Sou­dan, qui re­fuse de re­ve­nir à la table des né­go­cia­tions avec le Sou­dan du Sud mal­gré les ap­pels au calme lan­cés par la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale, ac­cuse Ju­ba de vou­loir « ébran­ler sa sta­bi­li­té » en conti­nuant à sou­te­nir les re­belles sur son ter­ri­toire. Le Sou­dan du Sud, lui, ac­cuse Khar­toum d’avoir de nou­veau bom­bar­dé son ter­ri­toire, fai­sant 2 morts. Une ac­cu­sa­tion dé­men­tie par son voi­sin. « Le gou­ver­ne­ment sud-sou­da­nais n’a pas ré­pon­du aux ap­pels ré­pé­tés de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale et conti­nue ses ac­ti­vi­tés hos­tiles pour ébran­ler la sta­bi­li­té et la sé­cu­ri­té du Sou­dan », a dé­non­cé le mi­nis­tère sou­da­nais des Af­faires étran­gères dans un com­mu­ni­qué. Le Sou­dan ac­cuse ré­gu­liè­re­ment Ju­ba de sou­te­nir les mou­ve­ments re­belles opé­rant dans la ré­gion du Dar­four (ouest), en proie à une guerre ci­vile, de même que dans les Etats fron­ta­liers du Nil Bleu et du Kor­do­fan-sud, ce que son voi­sin dé­ment. Le mi­nis­tère a no­tam­ment fait ré­fé­rence à la ville de Ta­lo­di, au Kor­do­fan-sud, dont les re­belles de la branche nord du Mou­ve­ment Po­pu­laire de

Li­bé­ra­tion du Sou­dan (SPLM-N) ont af­fir­mé avoir pris par­tiel­le­ment le contrôle di­manche soir. Les in­sur­gés avaient as­sié­gé cette ville du­rant plu­sieurs jours dé­but avril, avant que les troupes gou­ver­ne­men­tales n’en re­prennent le contrôle.

Le mi­nis­tère des Af­faires étran­gères a sou­li­gné que les forces ar­mées fe­raient usage de « leur droit à l’au­to­dé­fense » et « pour­sui­vraient les agres­seurs où qu’ils soient ».

Cé­lé­brant la re­prise de la zone pé­tro­li­fère de He­glig à son voi­sin après des se­maines de com­bats achar­nés, le pré­sident sou­da­nais Omar Al-bé­chir avait mar­te­lé qu’il ne né­go­cie­rait pas avec le Sou­dan du Sud. « Il n’y au­ra pas de né­go­cia­tions avec ces gens. Avec eux, nous né­go­cions avec des fu­sils et des balles », avait-il ajou­té, trois jours après avoir triom­pha­le­ment an­non­cé que ses forces avaient chas­sé l’ar­mée sud-sou­da­naise de He­glig, oc­cu­pée pen­dant 10 jours.

Pour sa part, le Sou­dan du Sud a évo­qué un re­trait vo­lon­taire, sous la pres­sion in­ter­na­tio­nale, qui s’est ache­vée di­manche.

Signe des ten­sions gran­dis­santes, le gou­ver­neur de l’etat sud-sou­da­nais de l’uni­té, Ta­ban Deng, a af­fir­mé que des avions sou­da­nais avaient me­né, lun­di, un nou­veau raid sur Ben­tiu, la ca­pi­tale de cet Etat pé­tro­li­fère, tuant au moins 2 en­fants. Mais un res­pon­sable du mi­nis­tère sou­da­nais des Af­faires étran­gères a dé­men­ti toute sorte de bom­bar­de­ment sur la frontière du Sou­dan du Sud.

Pour évi­ter l’écla­te­ment d’une nou­velle guerre entre les deux voi­sins, le se­cré­taire gé­né­ral de l’onu, Ban Ki-moon, a condam­né le bom­bar­de­ment aé­rien du Sou­dan du Sud et de­man­dé au gou­ver­ne­ment sou­da­nais de ces­ser im­mé­dia­te­ment toutes les hos­ti­li­tés. Il a aus­si ap­pe­lé les pré­si­dents des deux pays à re­prendre le dia­logue de toute ur­gence. Par­ta­geant le même avis, le pré­sident des Etats-unis Ba­rack Oba­ma, a af­fir­mé que les tue­ries d’in­no­cents doivent ces­ser, de­man­dant aux deux pré­si­dents « d’avoir le cou­rage de né­go­cier, parce que les peuples du Sou­dan et du Sou­dan du Sud mé­ritent la paix ».

En ef­fet, les ten­sions n’ont ces­sé de s’ag­gra­ver de­puis l’in­dé­pen­dance du Sou­dan du Sud, en juillet 2011, au­tour no­tam­ment des zones fron­ta­lières contes­tées et des re­ve­nus du pé­trole. Le pré­sident sud-sou­da­nais, Sal­va Kiir, doit d’ailleurs être re­çu à par­tir de mar­di à Pékin, très im­por­tant client du pé­trole dont le Sou­dan et le Sou­dan du Sud se dis­putent le par­tage et l’ex­por­ta­tion.

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