Kha­led Ali, un pro­jet mais pas de moyens

Al Ahram Hebdo - - Le Fait De La Semaine - Hé­ba Nas­red­dine Chaï­maa Ab­del-ha­mid

L

E», ex­plique Mo­ha­mad Mous­sa, conseiller mé­dia­tique de la cam­pagne. « Il est im­pos­sible de connaître le nombre de ceux qui tra­vaillent dans cette cam­pagne. Mais en même temps, ils sont tous et sans ex­cep­tion très or­ga­ni­sés et dé­voués à leur

», sou­ligne Mo­ha­mad Is­sa, membre dans cette cam­pagne. Is­sa a dû quit­ter son poste à l’as­so­cia­tion égyp­tienne pour le dé­ve­lop­pe­ment de la par­ti­ci­pa­tion so­ciale pour prendre part à cette cam­pagne. Il n’est pas le seul à faire ce bé­né­vo­lat. Des col­lègues à lui ne tardent pas à of­frir ar­gent et ef­forts pour épau­ler leur can­di­dat dans cette cam­pagne. Par­mi ces vo­lon­taires, fi­gurent des noms cé­lèbres comme Ah­mad Seif Al-is­lam, pré­sident du Centre Hi­cham Mou­ba­rak pour les lois, Alaa Soueif, professeur et écri­vain, qui par­ti­cipe avec Kha­led Ali à la ré­dac­tion de son pro­gramme, et Ga­mal Eid, pré­sident exé­cu­tif du Ré­seau arabe des in­for­ma­tions des droits de l’homme. La cam­pagne ren­ferme éga­le­ment des étu­diants, des ac­ti­vistes, des jeunes de la ré­vo­lu­tion du 25 jan­vier, des in­tel­lec­tuels, des avo­cats, des membres des ONG pour la dé­fense des droits de l’homme et des jour­na­listes. Ce sont des per­sonnes qui viennent d’ho­ri­zons di­vers, mais un seul but les ras­semble : faire de Kha­led Ali le futur pré­sident.

Sous le slo­gan « On va réa­li­ser notre rêve », la cam­pagne élec­to­rale est lan­cée. La mo­bi­li­sa­tion est bien or­ga­ni­sée. Des stages de for­ma­tion pour la com­mu­ni­ca­tion di­recte avec les ci­toyens ont eu lieu. Des com­mis­sions dis­tri­buant les mis­sions de la cam­pagne sont for­mées, entre autres l’or­ga­ni­sa­tion de confé­rences po­pu­laires, le contact avec les mé­dias, la ren­contre des ou­vriers et des pay­sans et la

SIÈGE de la cam­pagne élec­to­rale du can­di­dat in­dé­pen­dant à la pré­si­den­tielle, Kha­led Ali, avo­cat et an­cien pré­sident du Centre égyp­tien pour les droits éco­no­miques et so­ciaux, est comme une ruche d’abeilles. Si­tué au centre-ville du Caire, ce siège ras­semble une cen­taine de jeunes qui sont ve­nus vo­lon­tai­re­ment sou­te­nir sa cam­pagne élec­to­rale. « Le compte à re­bours com­mence. Il ne reste que deux se­maines avant l’élec­tion pré­si­den­tielle. Nous de­vons sillon­ner tous les gou­ver­no­rats et les pro­vinces pour faire connaître notre can­di­dat com­mu­ni­ca­tion In­ter­net. Néan­moins, la pres­sion se fait sen­tir sur les lieux. Ce­ci est dû au manque du fi­nan­ce­ment qui en­trave d’une ma­nière fla­grante le dé­rou­le­ment d’une bonne cam­pagne à même de ri­va­li­ser avec les autres concur­rents. En re­vanche, Kha­led Ali re­fuse ca­té­go­ri­que­ment tout don pré­sen­té par des hommes d’af­faires, par des so­cié­tés pri­vées ou par des or­ga­ni­sa­tions de la so­cié­té ci­vile. La cam­pagne est ba­sée sur le fi­nan­ce­ment in­di­vi­duel et ce­lui des membres de la cam­pagne, d’un cer­tain nombre d’avo­cats et d’ou­vriers et de ci­toyens, no­tam­ment ceux de Da­qah­liya, son gou­ver­no­rat d’ori­gine.

Face à ce manque de fi­nan­ce­ment, les membres de la cam­pagne ont in­ven­té de nou­velles mé­thodes « moins coû­teuses » pour don­ner un coup de main à la cam­pagne de Kha­led, même si elle reste « la plus pauvre ».

Mo­na Seif, ini­tia­trice de la cam­pagne « Les mi­li­taires sont des men­teurs », qui dif­fuse des vi­déos prou­vant les men­songes des mi­li­taires, a dé­ci­dé de me­ner une cam­pagne au­dio­vi­suelle en uti­li­sant le pro­jec­teur. « Les élec­teurs ont du mal à lire les pro­grammes. Ils pré­fèrent plu­tôt l’image et le son. A cet ef­fet, on a col­lec­té les propos les plus im­por­tants de Kha­led Ali ain­si que des images de ses mee­tings po­pu­laires où il af­firme ses po­si­tions an­ti-pri­va­ti­sa­tion et pour la dé­fense des droits des ou­vriers. Ces vi­déos sont dif­fu­sées dans les ca­fés et sur les places pu­bliques », ex­plique May Ab­del­Ha­mid, membre au sein de la com­mis­sion des mé­dias. Des mee­tings sont éga­le­ment or­ga­ni­sés dans les sta­tions de mé­tro où l’on dis­tri­bue son pro­gramme im­pri­mé sur « du pa­pier de qua­li­té moyenne ». Les graf­fi­tis oc­cupent aus­si une place im­por­tante, rem­pla­çant les af­fiches qui coûtent cher et qui risquent d’être dé­chi­rées. Les ban­de­roles sont col­lées « gra­tui­te­ment » sur les bal­cons des membres de la cam­pagne ou de leurs fa­milles. Les pos­ters sont col­lés sur les voi­tures des membres de la cam­pagne, uti­li­sées dans les tour­nées de Kha­led Ali, qui n’en pos­sède pas une

Une nou­velle mé­thode est adop­tée par les membres de la cam­pagne de Kha­led Ali : les graf­fi­tis. Ils des­sinent le por­trait du can­di­dat sur les murs ain­si que le slo­gan de sa cam­pagne. Ces graf­fi­tis pré­cèdent la vi­site du can­di­dat en pro­vince. Une ma­nière pour contour­ner la cher­té des af­fiches et des pos­ters.

Dans la cam­pagne de Mous­sa, on voit des di­plo­mates. L’am­bas­sa­deur Hi­cham Yous­sef, son bras droit et an­cien di­rec­teur de son ca­bi­net à la Ligue arabe, est le di­rec­teur de la cam­pagne, le di­plo­mate Achraf Sou­we­lam qui a tra­vaillé avec l’homme d’af­faires très proche de l’an­cien ré­gime, Cha­fiq Ga­br, est char­gé du pro­gramme élec­to­ral. Sou­we­lam est aus­si le fils de l’un des prin­ci­paux ad­joints d’omar So­li­man. La fille de Mous­sa, Ha­nia, est aus­si une co­or­di­na­trice im­por­tante de la cam­pagne.

Aux cô­tés, des étu­diants, des pay­sans, des femmes, et même des éco­liers. « On compte sur­tout sur la di­ver­si­té qui peut trans­mettre notre vi­sion et notre voix dans leur en­tou­rage tra­vail », lance Moe­taz sans ré­vé­ler plus de dé­tails. La grande ma­jo­ri­té sont des vo­lon­taires, af­firme- t- il. Voire, ils n’hé­sitent pas à in­vi­ter leurs amis à les re­joindre et un nombre d’entre eux sont payés, tels que ceux qui s’oc­cupent de la dis­tri­bu­tion des bro­chures ou de l’ac­cro­chage des af­fiches.

La cam­pagne ren­ferme des dé­par­te­ments. Ce­lui des vo­lon­taires pré­si­dé par Mo­ha­mad Fa­del se charge d’ac­cueillir toute per­sonne vou­lant par­ti-

sur

Les membres de la cam­pagne de Amr Mous­sa comptent sur une tour­née de leur can­di­dat dans les quatre coins du pays. Se­lon eux, Mous­sa est le can­di­dat qui a vi­si­té le plus grand nombre de gou­ver­no­rats. Le Si­naï, ré­gion né­gli­gée pen­dant long­temps, vient sans doute en tête de cette cam­pagne. ci­per à la cam­pagne et dont l’âge ne doit pas dé­pas­ser les 40 ans. Quel que soit leur do­maine de tra­vail, Fa­del s’oc­cupe de leur confier des tâches se­lon leurs ca­pa­ci­tés.

Des ras­sem­ble­ments ont eu lieu dans tous les gou­ver­no­rats pour faire la pro­pa­gande de leur can­di­dat. Des voi­tures, des mo­tos, des bi­cy­clettes et des tok­toks tra­versent les rues des villes pour dis­tri­buer des t-shirts por­tant le slo­gan de la cam­pagne. Mais des ren­dez-vous plu­tôt clas­siques dans des hô­tels ou en­core des ren­contres plus mo­destes dans une mai­son d’un pay­san ont été or­ga­ni­sés. La cam­pagne compte au to­tal 150 bu­reaux sur tout le ter­ri­toire égyp­tien. Si le tra­vail est bien or­ga­ni­sé, c’est qu’une grande com­pa­gnie de mar­ke­ting s’en oc­cupe même si les membres de la cam­pagne tentent de ne pas le ré­vé­ler. Bref, mon­sieur le di­plo­mate a choi­si une équipe bien or­ga­ni­sée. On parle aus­si très peu du fi­nan­ce­ment. Une seule ré­ponse se fait tou­jours en­tendre : On res­pecte bien la loi im­po­sée

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