N mer­veilleux fac­teur ixi­té so­ciale

Al Ahram Hebdo - - Au Quotidien - Di­na Dar­wich

va­rie en par­tie se­lon l’ob­jec­tif du sport et les dif­fé­rentes races. « Le pur-sang arabe par­ti­cipe prin­ci­pa­le­ment aux concours de beau­té et fait des courses. L’Egypte est le pays le plus ré­pu­té du Moyen-Orient. L’écu­rie d’Al-Zah­raä à Aïn-Chams pos­sède des pur-sang arabes de­puis l’époque de Mo­ha­mad Ali. D’autres che­vaux par­ti­cipent à des com­pé­ti­tions de dres­sage ou de sauts d’obs­tacles. Ceux-là pro­viennent d’Eu­rope, sur­tout des PaysBas et de la Bel­gique. Les che­vaux de po­lo en Egypte sont im­por­tés d’Argentine », ex­plique Ya­ser As­sar.

6 000 eu­ros

un bon che­val

Les ache­teurs re­tiennent d’abord cer­tains cri­tères en fonc­tion de l’utilisation du che­val : al­lure, do­ci­li­té, vic­toires rem­por­tées ... Ah­mad, 16 ans, a ache­té sa ju­ment à 6 000 eu­ros. Elle a rem­por­té une des pre­mières places à la com­pé­ti­tion du der­by et à la Coupe d’Egypte. Du coup, son prix est au­jourd’hui de 15 000 eu­ros.

Pour­tant, Ah­mad n’a pas vou­lu vendre sa ju­ment. « Quand j’avais ra­me­né cette ju­ment, per­sonne ne pen­sait qu’elle al­lait réa­li­ser des ex­ploits. J’ai dé­ployé de grands ef­forts pour at­teindre cet ob­jec­tif. Quatre ans de dur la­beur pour ar­ri­ver à ce ré­sul­tat », dit-il.

Et dans ce monde où les prix peuvent s’en­vo­ler, les cour­tiers ne sont ja­mais loin. « Le cour­tier, qui sert d’in­ter­mé­diaire entre le client et le com­mer­çant, touche une com­mis­sion de 10 % », pré­cise Ah­mad Ha­zim. Il pour­suit que chaque che­val a son ca­rac­tère, le client de­vant choi­sir se­lon son utilisation : un che­val calme bien dres­sé convient aux dé­bu­tants, un autre plus in­dul­gent par­don­ne­ra les er­reurs de son ca­va­lier, un troi­sième ner­veux ser­vi­ra aux concours ... « L’es­sen­tiel c’est la bonne en­tente entre le che­val et le ca­va­lier », ré­sume Ha­zim.

Dans la car­rière d’équitation du club, on a l’im­pres­sion d’as­sis­ter à un cours par­ti­cu­lier. Il s’agit de dé­bour­rer un troo­per, un pe­tit che­val qui n’a pas en­core été mon­té, se­lon le jar­gon du sport. Il faut que Mah­moud le pré­pare pour le saut d’obs­tacle. « On en­traîne les che­vaux dé­bu­tants comme on le fe­rait pour les ca­va­liers. Cet ef­fort a un prix : 1 500 L.E. par mois », ex­plique Sa­lah, qui pos­sède trois che­vaux en­traî­nés qu’il loue pour une somme de 4 500 L.E. par mois.

Pour le ca­va­lier, les ta­rifs peuvent être en­core plus éle­vés. « Cer­tains pro­fes­seurs sont payés 800 L.E. l’heure », confie un ca­va­lier qui a re­quis l’ano­ny­mat. Et ce n’est pas tout.

Les te­nues d’équitation ont aus­si don­né nais­sance à un vé­ri­table mar­ché. A chaque com­pé­ti­tion, les com­mer­çants plantent leurs pa­ra­sols et étalent leurs ar­ticles : une va­rié­té de t-shirts, bottes et pan­ta­lons sont ex­po­sés. Les clients mar­chandent avec Saïd, le ven­deur. Mais Saïd ne baisse pas ses prix. « Les ven­deurs de te­nues d’équitation savent que ces ar­ticles sont rares, et donc mul­ti­plient les prix par 3 », confie Nour, qui a ache­té un pan­ta­lon im­por­té de France à 500 L.E. En France il coûte 20 eu­ros, soit 200 L.E.

Mais le mar­ché semble s’élar­gir. D’après Yas­ser As­sar, s’il ne touche au­jourd’hui que les 2 % les plus riches de la po­pu­la­tion, la fé­dé­ra­tion es­saye d’at­ti­rer la classe moyenne en or­ga­ni­sant des com­pé­ti­tions avec des moyens qui cadrent avec les ap­ti­tudes des che­vaux égyp­tiens, dont les prix sont moins éle­vés.

Mais cette si­tua­tion de­mande une in­ter­ven­tion de spon­sors, pour ab­sor­ber cer­tains coûts. Le Qa­tar a ré­cem­ment ache­té un che­val à 1,5 mil­lion d’eu­ros pour les Jeux olym­piques

La Fé­dé­ra­tion égyp­tienne d'équitation ho­nore les pa­le­fre­niers des che­vaux triom­phants.

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