Ré­ou­ver­ture de la bi­blio­thèque Sainte-Ca­the­rine

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية -

Le mi­nistre des An­ti­qui­tés Dr. Kha­led Al- Ana­ni, et le mi­nistre du Dé­ve­lop­pe­ment Lo­cal, Dr. Hi­cham Al- Ché­rif, ac­com­pa­gnés du Ma­jor Gé­né­ral Kha­led Fou­da, Gou­ver­neur du Sud Si­naï, le pré­sident de l'Of­fice de Pro­mo­tion du Tou­risme, Hi­cham Al- Dé­mei­ri, Dr. Ous­sa­ma Al- Abd, pré­sident du Co­mi­té re­li­gieux de la Chambre des re­pré­sen­tants et des dé­pu­tés ont inau­gu­ré la Bi­blio­thèque du mo­nas­tère Sainte- Ca­the­rine, la deuxième bi­blio­thèque de ma­nus­crits an­ciens au monde après celle du Va­ti­can. Après plu­sieurs an­nées de tra­vaux de res­tau­ra­tion du cô­té est, la bi­blio­thèque a rou­vert ses portes le sa­me­di 16 dé­cembre.

La cé­ré­mo­nie d'ou­ver­ture a été sui­vie par les am­bas­sa­deurs de Grèce, Chypre, Croa­tie, Ir­lande, Al­le­magne, Bul­ga­rie, Por­tu­gal, Ser­bie et un cer­tain nombre d'écri­vains et de pro­fes­sion­nels des mé­dias.

Le mo­nas­tère pos­sède une très im­por­tante col­lec­tion de mo­saïques, 2000 icônes grecques et russes, ca­lices (dont ce­lui don­né par Charles VI, en gra­ti­tude pour le doigt de sainte Ca­the­rine, re­lique trans­fé­rée à Rouen) et re­li­quaires.

Les tra­vaux com­pre­naient la res­tau­ra­tion de la mo­saïque du mo­nas­tère Sainte-Ca­the­rine, l'une des plus belles oeuvres de l'art by­zan­tin da­tant du VIe siècle. Elle couvre l'arche du Sanc­tuaire et re­pré­sente la Trans­fi­gu­ra­tion du Ch­rist.

En ce qui concerne la res­tau­ra­tion de la Mo­saïque de la Trans­fi­gu­ra­tion si­tuée dans l'ab­side orien­tale de la grande ba­si­lique du mo­nas­tère, cette pièce de 46 mètres car­rés a été construite à la de­mande de l'em­pe­reur by­zan­tin Jus­ti­nien, qui a éga­le­ment or­don­né la construc­tion du mo­nas­tère.

La mo­saïque de la Trans­fi­gu­ra­tion est une des plus re­mar­quables mo­saïques by­zan­tines. C'est la plus ancienne des mo­saïques des églises d'Orient: plus d'un de­mi-mil­lion de tes­selles (de di­men­sion moyenne de 5-7 mm de cô­té, elles sont prin­ci­pa­le­ment en verre, à l'ex­cep­tion des car­na­tions en pierre naturelle) ont été uti­li­sées pour re­cou­vrir les 46 m2 de l'ab­side. Le Ch­rist trans­fi­gu­ré, bé­nis­sant de la main droite et en­ca­dré par un ha­lo cru­ci­forme, émerge d'une man­dorle bleue. Huit rayons ar­gen­tés ir­ra­dient deux pro­phètes Moïse qui fait le geste ty­po­lo­gique de l'en­sei­gne­ment, Elie té­moins de l’ancienne Al­liance, et plus bas les apôtres Pierre, Jean et Jacques té­moins de la nou­velle Al­liance. Cette scène cen­trale est en­tou­rée d'une bande conte­nant 31 mé­daillons avec les bustes des pro­phètes, évan­gé­listes et apôtres et d'un disque sem­blable à un cli­peus fi­gu­rant une croix. La bande in­fé­rieure est sur­mon­tée de l'ins­crip­tion avec les noms des don- ateurs. Sur l'arc triom­phal sur­plom­bant l'ab­side, sont re­pré­sen­tés deux anges en vol qui convergent vers l'Agnus Dei. Au-des­sus des anges, fi­gurent, à gauche, la scène de Moïse re­ti­rant ses san­dales face au Buis­son ar­dent et, à droite, la scène de la re­mise des Tables de la Loi. Deux mé­daillons sous les anges re­pré­sen­tant Jean-Bap­tiste et la Vierge Ma­rie.

La mo­saïque se dé­té­rio­rant sous l'ef­fet prin­ci­pa­le­ment des in­fil­tra­tions et des séismes, trois cam­pagnes de res­tau­ra­tions ont été me­nées en 1847, en 1959 et de 2005 à 2010 par l'équipe de conser­va­teurs-res­tau­ra­teurs de mo­saïques du Centre de Conser­va­tion Ar­chéo­lo­gique (Cen­tro di Con­ser­va­zione Ar­cheo­lo­gi­ca di Ro­ma).

La bi­blio­thèque abrite en­vi­ron 3300 ma­nus­crits, prin­ci­pa­le­ment des textes chré­tiens en grec, arabe, sy­riaque, géor­gien, sla­von, entre autres langues. Elle contient égale- ment des mil­liers de livres et de rou­leaux da­tant du 4ème siècle.

Au moins 160 des ma­nus­crits com­portent de lé­gères éra­flures et des traces d'encre is­sues d'écri­tures plus ré­centes. Les pa­limp­sestes ont pro­ba­ble­ment été abî­més par les moines du mo­nas­tère et réuti­li­sés entre les 8 ème et 12 ème siècles.

Au cours de la ré­no­va­tion de la bi­blio­thèque, les ar­chéo­logues ont trou­vé ce qui pour­rait être des in­di­ca­tions pour des re­mèdes mé­di­caux d'Hip­po­crate, mé­de­cin grec de l'an­ti­qui­té, consi­dé­ré comme le "père de la mé­de­cine oc­ci­den­tale".

Pen­dant plu­sieurs siècles, le mo­nas­tère a abri­té le Co­dex Si­nai­ti­cus, la plus vieille trans­crip­tion connue à ce jour du Nou­veau Tes­ta­ment dans son in­té­gra­li­té, réa­li­sé au IVe siècle. Il a été trou­vé par le cé­lèbre scien­ti­fique C. Tis- chen­drof, quand il a vi­si­té le mo­nas­tère en 1896. Il est écrit à la main sur des co­peaux de pa­py­rus. Le ma­nus­crit a ce­pen­dant été trans­por­té en Rus­sie puis ven­du au RoyaumeUni au XXe siècle, ne lais­sant en Égypte que quelques pages et frag­ments.

La bi­blio­thèque a éga­le­ment conser­vé des pein­tures an­ciennes qui sont ac­tuel­le­ment ex­po­sées dans le mu­sée du mo­nas­tère.

Un grand groupe de ma­nus­crits aborde l'émer­gence du mo­na­chisme en Egypte par les deux saints Antoine et Paul et les règles de saint Pa­côme. Les en­sei­gne­ments de ces moines pro­jettent la lu­mière sur l'édu­ca­tion ini­tiale du mo­na­chisme et ses lois. Ces ma­nus­crits mettent en lu­mière la fa­çon de dé­pla­ce­ment de l'Ordre mo­nas­tique de l'Egypte à l'Eu­rope par le biais de Saint-Atha­nase, 20ème Pa­triarche apos­to­lique de l'Eglise copte pen­dant son se­cond exil à la ville de Rome, où il a ré­di­gé la bio­gra­phie de saint Antoine le Grand, et saint Jérôme, qui a vi­si­té l'Egypte et a connu les mo­nas­tères égyp­tiens, ain­si que Saint-Ba­la­dios, au­teur d'un livre bien connu sous le nom de «Jar­din des Moines». Ces ma­nus­crits ra­content aus­si le dé­pla­ce­ment de l'Ordre mo­nas­tique d'Egypte à l'Em­pire by­zan­tin par le biais de saint Ba­sile le Grand. Les ma­nus­crits arabes conser­vés au mo­nas­tère Sainte-Ca­the­rine ré­vèlent les conflits sec­taires et les di­vi­sions re­li­gieuses qui ont exis­té entre les chré­tiens en 451 au Ve siècle, lors de la te­nue du Conseil de Chal­cé­doine.

Sainte-Ca­the­rine, si­tué au pied du Mont Si­naï, éga­le­ment connu sous le nom de Dje­bel Mous­sa ou Mont Ho­reb, où Moïse au­rait re­çu les Dix Com­man­de­ments, se­lon la Bible, est un en­droit vé­né­ré par les fi­dèles des trois re­li­gions mo­no­théistes, le ju­daïsme, le chris­tia­nisme et l'is­lam. Comme la Vieille ville de Jé­ru­sa­lem, le mo­nas­tère est une des­ti­na­tion pri­sée de pè­le­rins et des tou­ristes du monde en­tier.

Vue de l'in­té­rieur de la bi­blio­thèque

La Mo­saïque de la Trans­fi­gu­ra­tion

Les of­fi­ciels à l'ou­ver­ture de la bi­blio­thèque

Newspapers in French

Newspapers from Egypt

© PressReader. All rights reserved.