Cé­lé­bra­tions his­to­riques de la Na­ti­vi­té

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Le Pape Ta­wa­dros II a pré­si­dé le sa­me­di 6 jan­vier l'of­fice de Noël. Une cé­lé­bra­tion his­to­rique très par­ti­cu­lière, puis­qu’il s’agis­sait de l’inau­gu­ra­tion de la plus grande ca­thé­drale du P- O, la ca­thé­drale de la Na­ti­vi­té de Jé­sus, dans la nou­velle ca­pi­tale ad­mi­nis­tra­tive ac­tuel­le­ment en construc­tion à l’est du Caire en pré­sence du pré­sident Ab­del Fat­tah al- Sis­si.

Les cloches de la ca­thé­drale re­ten­tirent lorsque le Pape Ta­wa­dros re­çut al-Sis­si à l'ex­té­rieur de l'édi­fice et ils y en­trèrent en­semble. Les femmes ont ju­bi­lé et de nom­breux fi­dèles ont agi­té des dra­peaux égyp­tiens ou ont je­té des bou­tons de roses blanches au pré­sident sou­riant, qui a fait un signe et a ser­ré la main de cer­tains d'entre eux.Ar­ri­vé aux cô­tés du Pape Ta­wa­dros II, Sis­si s'est avan­cé jus­qu’à l’au­tel au mi­lieu des youyous de joie et des «nous vous ai­mons» criés par les fi­dèles. «Nous vous ai­mons aus­si», a ré­pon­du le pré­sident, leur sou­hai­tant un joyeux Noël et leur as­su­rant que l'Égypte l'em­por­te­rait sur les ji­ha­distes.

Al-Sis­si a dit que le bien et ceux qui cherchent la paix vont vaincre ceux qui cherchent le mal et la des­truc­tion. "Vous êtes notre fa­mille, vous êtes des nôtres,nous sommes unis et per­sonne ne nous di­vi­se­ra, "a dé­cla­ré M. Sis­si. "Cette ou­ver­ture par­tielle de la ca­thé­drale est un mes­sage très im­por­tant de paix et d'amour non seule­ment pour les Egyp­tiens mais pour le monde en­tier", a dé­cla­ré le pré­sident avant la cé­ré­mo­nie pré­si­dée par le Pape Ta­wa­dros II.

Sa sain­te­té le Pape Ta­wa­dros II a de sa part pro­non­cé une brève al­lo­cu­tion dans la­quelle il s'est ex­pri­mé en ces termes: "Au dé­but, je vou­drais re­mer­cier le pré­sident Ab­del Fat­tah al-Sis­si pour sa pro­messe de construire la nou­velle ca­thé­drale dans la nou­velle ca­pi­tale, avec une grande mos­quée pour être le titre de la ci­vi­li­sa­tion.Cet ex­cellent tra­vail est en­re­gis­tré comme un tra­vail sans pré­cé­dent de­puis 50 ans Comme si le Sei­gneur rap­pe­lait les sou­ve­nirs ; l'inau­gu­ra­tion de la nou­velle ca­thé­drale coïn­cide avec le Ju­bi­lé d'or de la Ca­thé­drale Saint Marc à Ab­bas­seya construite sous le pri­mat du Pape Cy­rille VI qui l’a inau­gu­rée en 1968. Le pré­sident Ga­mal Ab­del-Nas­ser a éga­le­ment as­sis­té à la cé­ré­mo­nie d’inau­gu­ra­tion. L'his­toire va en­re­gis­trer cet évé­ne­ment de la créa­tion de la nou­velle ca­thé­drale réa­li­sé grâce au pré­sident al-Sis­si. Je le re­mer­cie non seule­ment au nom des Coptes mais aus­si au nom des Egyp­tiens, et nous sen­tons que nous com­men­çons une nou­velle ère avec une nou­velle pen­sée pour construire notre Egypte bien-ai­mée.C'est la seule ca­thé­drale por­tant ce nom, comme l'église de la Na­ti­vi­té à Jé­ru­sa­lem, et parce qu'elle a été dé­cla­rée à Noël et est ve­nue du nom de la Na- ti­vi­té (Ch­rist­mas): Ch­rist - le Mes­sie et Mes­si - la nais­sance, termes de la langue égyp­tienne, cet évé­ne­ment res­te­ra au centre de l'at­ten­tion".

Par ailleurs, dans son Mes­sage à l’oc­ca­sion de la fête de la Na­ti­vi­té le Pape Ta­wa­dros II a in­di­qué que Noël est un re­nou­vel­le­ment que nous cé­lé­brons tous les ans. Nous nous sou­ve­nons de la pre­mière créa­tion lorsque Dieu créa Adam et Ève et, avec eux, a com­men­cé une belle vie. Ils se ré­jouirent de cette vie avec Dieu et vé­curent d’une belle ma­nière dans la pu­re­té. Mais lorsque le pé­ché en­tra dans leur vie, la puis­sante re­la­tion qu’ils avaient avec Dieu se dé­li­ta. Adam et Ève eurent peur et se ca­chèrent. Alors, ils furent chas­sés loin de la face de Dieu. Ils se mul­ti­plièrent sur terre sui­vant le com­man­de­ment de Dieu. Les na­tions et les races se ré­pan­dirent dans di­vers lieux de la terre.L’hu­ma­ni­té se pro­pa­gea et, avec elle, le pé­ché, les conflits, le crime et la vio­lence hu­maine. Les êtres hu­mains en­trèrent en guerres qua­si per­ma­nentes, qu’elles soient des guerres in­ternes ou ex­ternes. Nous en­ten­dons par­ler d’un grand nombre de conflits dans le monde. Nous nous de­man­dons: quelle est la so- lu­tion à ces conflits ? Com­ment l’hu­ma­ni­té peut-elle les confron­ter ? En fait, nous pou­vons trou­ver la ré­ponse à cette ques­tion dans l’his­toire de la Na­ti­vi­té. L’être hu­main doit vivre dans l’es­prit et avec une âme d’en­fant. Voi­ci la ré­ponse à cette ques­tion. Le Ch­rist Jé­sus est ve­nu dans le monde en nais­sant à Beth­léem de Ju­dée comme un pe­tit nour­ris­son.

En­suite il gran­dit comme un en­fant puis un jeune homme. A chaque fois que nous cé­lé­brons la Na­ti­vi­té, nous cé­lé­brons l’en­fance. Nous pou­vons dire que l’en­fance est la clef qui donne la so­lu­tion au pro­blème. Com­ment ? Il s'agit de l’âme d’en­fant, celle que nous re­trou­vons dans cha­cun d’entre eux.L’en­fance est la clef de la so­lu­tion par ses ca­rac­té­ris­tiques et son es­prit. La sainte Bible, dans l’évan­gile de saint Mat­tieu au cha­pitre 18 in­dique cet en­sei­gne­ment de notre Sei­gneur Jé­sus Ch­rist: «si vous ne chan­gez pas pour de­ve­nir comme les en­fants, vous n’en­tre­rez pas dans le royaume des Cieux.» (Mt 18 : 3) Com­ment pou­vons-nous re­ve­nir à l’en­fance ? Ce re­tour se fe­ra à tra­vers les ca­rac­té­ris­tiques de l’en­fance et que nous re­trou­vons chez de nom­breux per­son­nages de la Na­ti­vi­té.En pre­mier lieu, la sim- pli­ci­té de l’en­fance que l’on re­trouve chez les mo­destes ber­gers qui gar­daient leurs trou­peaux dans les champs. L’ange leur ap­pa­rut et leur don­na la bonne nou­velle. Les ber­gers sont des no­mades qui migrent de place en place. Leur vie est ré­gie par la sim­pli­ci­té, celle de leurs mi­gra­tions, de leur nour­ri­ture et de leur breu­vage ain­si que celle de leur lo­ge­ment. L’être hu­main a be­soin de re­ve­nir à la sim­pli­ci­té. La se­conde ca­rac­té­ris­tique de l’en­fant est la confiance, la foi, la cer­ti­tude. Dans son in­no­cence il croit tout. Nous re­trou­vons ce­la dans les évè­ne­ments de la Na­ti­vi­té avec le prêtre Za­cha­rie et sa femme Eli­sa­beth. Lorsque Za­cha­rie en­ten­dit la pro­cla­ma­tion de l’ange, il de­vint si­len­cieux comme le ventre d’Eli­sa­beth l’était et comme le ciel sem­blait l’être. Mais au temps op­por­tun, Dieu leur don­na un fils, le plus grand par­mi ceux qui sont nés d’une femme, et dont la Bible a beau­coup par­lé. Sainte Eli­sa­beth fit une puis­sante pro­cla­ma­tion «Il a po­sé son re­gard sur moi pour ef­fa­cer ce qui était ma honte de­vant les hommes.» (Lc 1 : 25) Ain­si elle croyait, elle avait la foi et était confiante.La troi­sième ca­rac­té­ris­tique est la pu­re­té. L’en­fant est une page blanche ; il est pur de coeur. Nous re­trou­vons clai­re­ment cette ca­rac­té­ris­tique chez notre mère, la sainte Vierge Ma­rie qui re­çut l’an­nonce de l’ange et ré­pon­dit avec grande in­no­cence. «Com­ment ce­la va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme?» (Lc 1 : 34) Lorsque l’ange lui ex­pli­qua: «L’Es­prit Saint vien­dra sur toi, et la puis­sance du Très-Haut te pren­dra sous son ombre ; c’est pourquoi ce­lui qui va naître se­ra saint, il se­ra ap­pe­lé Fils de Dieu.» (Lc 1 : 35) elle ré­pon­dit avec sim­pli­ci­té et pu­re­té de coeur: «Voi­ci la ser­vante du Sei­gneur; que tout m’ad­vienne se­lon ta pa­role.» (Lc 1 : 38) Le monde a be­soin main­te­nant de cette ca­rac­té­ris­tique de l’en­fance. La qua­trième ca­rac­té­ris­tique de l’en­fance est la joie et la louange. Comme nous le sa­vons les en­fants aiment la mu­sique, les chants et les can­tiques. Dans les évè­ne­ments de la Na­ti­vi­té nous re­trou­vons les anges qui ap­pa­rurent avec joie. Ils for­mèrent un grand choeur et dirent ce chant cé­leste: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime.» (Lc 2 :14). C’est une ex­pres­sion puis­sante et mé­lo­dieuse. Le monde a be­soin d’ap­prendre la mu­sique qui est un art très raf­fi­né. Lorsque l’être hu­main ap­prend la mu­sique, il peut re­pous­ser le pé­ché car la mu­sique le rend très sen­sible. La per­sonne qui ap­prend la mu­sique a la joie per­pé­tuelle. Elle trouve que sa vie est belle et peut sur­mon­ter les conflits.Le cin­quième signe est la sa­gesse qui est une ca­rac­té­ris­tique des adultes. Sou­vent nous trou­vons que les ré­ponses que font les en­fants ré­vèlent une grande sa­gesse. Les pro­blèmes des adultes peuvent être ré­so­lus grâce à leur sa­gesse. Nous re­trou­vons la sa­gesse chez les mages qui vinrent d’orient pour of­frir des ca­deaux : de l’or, de l’en­cens et de la myrrhe. Les évè­ne­ments de la Na­ti­vi­té nous in­vitent à vivre ces cinq ca­rac­té­ris­tiques de l’en­fance. Grâce à elles, nous pou­vons af­fron­ter les conflits qui se ré­pandent à tra­vers le monde.

Pour ter­mi­ner je n'ou­blie pas de faire part de ma gra­ti­tude aux mar­tyrs de la pa­trie et de ré­con­for­ter les bles­sés. Que Dieu sauve l'Egypte et le monde en­tier et sou­tienne tous les res­pon­sables en Egypte pour as­su­mer toutes leurs res­pon­sa­bi­li­tés.

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