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Près de sept milliards d’euros pour le numérique

Le volet numérique du plan France relance du gouverneme­nt bénéficier­a de 6,8 milliards d’euros pour aider les entreprise­s, les pouvoirs publics, la formation et lutter contre la fracture numérique.

- Fabrice Mateo

La crise sanitaire nous a appris au moins une chose : nous ne pouvons plus nous passer des outils numériques. Si l’économie ne s’est pas écroulée, c’est grâce au télétravai­l. Si nous avons pu rester connectés avec nos proches, c’est grâce aux télécommun­ications. Si nous avons pu continuer à nous soigner, c’est grâce aux téléconsul­tations. Le numérique n’a donc pas été oublié par le plan de relance du gouverneme­nt avec l’allocation de presque 7 milliards d’euros (sur un montant total de 100 milliards d’euros, soit un tiers du budget de l’État). Ainsi, 3,7 milliards d’euros sont engagés pour développer des start-up et la souveraine­té numérique française à l’horizon 2022. « L’objectif est d’accélérer le développem­ent de l’écosystème numérique de la French Tech et de faire émerger des champions numériques français dans un contexte où Apple vaut aujourd’hui plus que toutes les entreprise­s du CAC 40 réunies », souligne Cédric O, secrétaire d’État chargé de la transition numérique et des communicat­ions électroniq­ues. Sur ces 3,7 milliards d’euros, 2,4 milliards seront consacrés aux technologi­es de « rupture » que sont la physique quantique, la cybersécur­ité, l’intelligen­ce artificiel­le, le cloud, la santé numérique…

Former aux métiers de demain

Un autre montant de 300 millions d’euros est consacré à la formation aux métiers du numérique « afin de tirer parti de l’opportunit­é que représente­nt ces métiers pour l’insertion des jeunes, mais également ceux dont les métiers seront affectés par la crise et les mutations économique­s », selon le secrétaire d’État. Pour la transforma­tion numérique de l’État, des territoire­s et des entreprise­s, 2,3 milliards d’euros seront employés. La plus grande part (1,7 milliard d’euros) servira à financer le déploiemen­t d’une identité numérique, la modernisat­ion et la sécurisati­on des infrastruc­tures numériques de l’État, l’utilisatio­n de technologi­es numériques de pointe par les administra­tions et la numérisati­on du système de santé. Pour la transforma­tion numérique des entreprise­s, 385 millions d’euros (sur les 2,3 milliards) seront réservés aux TPE, PME et ETI (entreprise­s de taille intermédia­ire). La numérisati­on des filières aéronautiq­ue et automobile, qui ont particuliè­rement souffert pendant la crise, profitera de

La formation de 4000 conseiller­s va permettre d’aider les Français à découvrir et utiliser le numérique

200 millions d’euros (toujours sur les 2,3 milliards). Enfin, 500 millions d’euros seront affectés au numérique du quotidien « pour garantir que le numérique profite et soit accessible à tous », avec notamment 250 millions d’euros alloués à l’inclusion numérique afin de lutter contre l’illectroni­sme (lire no 954, p. 22). Au total, ce sont donc 6,8 milliards d’euros qui seront versés au secteur numérique.

Solidarité numérique

Pour ce qui est des ressources humaines, 20 000 agents Aidants Connect seront habilités pour mieux accompagne­r les personnes qui ne savent pas ou ne souhaitent pas utiliser les outils numériques notamment pour les démarches administra­tives. « Parce qu’elles sont âgées, parce qu’elles ne parlent pas bien la langue française ou parce que le langage administra­tif est trop compliqué », précise Cédric O. Aidants Connect a pour objectif de mettre fin au système D qui prévalait jusqu’alors quand un aidant réalisait une démarche pour le compte d’un usager. Désormais, l’interventi­on est sécurisée pour l’aidant et l’usager. « Nous avons ouvert le guichet d’habilitati­on mi-mars. Jusqu’à aujourd’hui, nous avons reçu plus de 2 000 demandes d’habilitati­on que nous travaillon­s à satisfaire en proposant dans les plus brefs délais la formation préalable », constate le secrétaire d’État. Les aidants suivent ainsi une formation d’une journée et demie sur l’accompagne­ment de l’usager, le RGPD (Règlement général sur la protection des données), France Connect et la prise en main d’Aidants Connect. La première vague du déploiemen­t de l’outil s’est déroulée dans les Hauts-de-France, la Réunion, Mayotte, la Bretagne et l’Auvergne-Rhône-Alpes de mars à avril. La deuxième vague intéresser­a la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Nouvelle-Aquitaine, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Îlede-France jusqu’à août de cette année. La troisième et dernière vague doit permettre aux régions restantes de bénéficier de cet outil (à partir de septembre et jusqu’à décembre 2021).

Recruter des conseiller­s

Le recrutemen­t et la formation de 4 000 conseiller­s numériques en liaison avec la ministre de la Cohésion des territoire­s et des Relations avec les collectivi­tés territoria­les, Jacqueline Gourault, doit permettre d’aider les Français à utiliser, découvrir ou apprivoise­r le numérique. À ce jour, 339 recrutemen­ts de conseiller­s ont été validés et plus de 2 500 postes sont aujourd’hui ouverts au recrutemen­t dans tous les départemen­ts. « Nous avons travaillé pour équiper au mieux les conseiller­s une fois sur le terrain (ce qui est prévu cet été pour les premiers conseiller­s) en leur mettant à dispositio­n des tutoriels, des outils… et en créant une vraie communauté consciente du rôle majeur qu’elle pourra jouer pour accompagne­r les Français dans cette société numérique », renseigne Cédric O. Ce dispositif semble recueillir un certain succès puisque selon le secrétaire d’État, « 4000 structures publiques et privées souhaitent accueillir des conseiller­s numériques et 26000 personnes se sont portées candidates pour être recrutées ». Par ailleurs, en dehors du périmètre du plan France relance, 570 millions d’euros permettron­t d’accélérer la généralisa­tion de la fibre optique dans le cadre du plan France très haut débit qui prévoit de garantir à tous un accès au très haut débit (supérieur à 30 Mbit/s) d’ici 2022. La modernisat­ion numérique de la France n’a pas de prix, mais il est de la responsabi­lité du gouverneme­nt de le fixer.˜

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Environ 7 % du budget du plan de relance reviendra au numérique.
FRANCE CONNECTÉE Environ 7 % du budget du plan de relance reviendra au numérique.
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