«Le mé­tro, un bon su­jet de cam­pagne»

Livre ses idées pour amé­lio­rer les dé­pla­ce­ments dans la mé­tro­pole

20 Minutes (Bordeaux) - - GRAND BORDEAUX -

Le maire de Bor­deaux, qui doit faire face à des pro­blèmes d’em­bou­teillages rou­tiers et de sa­tu­ra­tion du ré­seau de tram dans une ville vic­time de son at­trac­ti­vi­té dé­mo­gra­phique, s’est confié à 20 Mi­nutes.

Dans votre livre, Dic­tion­naire amou­reux de Bor­deaux, vous évo­quez la dif­fi­cul­té de lut­ter contre la conges­tion ur­baine. Quelles sont les so­lu­tions à court terme ?

On dé­ve­loppe une stra­té­gie tous azi­muts. Je viens d’ap­prendre une bonne nou­velle, la com­mis­sion d’en­quête a don­né un avis fa­vo­rable et sans ré­serve au pro­lon­ge­ment de la ligne A du tram vers l’aé­ro­port [le chan­tier pour­rait dé­mar­rer au prin­temps 2019, pour une li­vrai­son fin 2021].

La prin­ci­pale rai­son de la conges­tion au­jourd’hui, c’est le sous di­men­sion­ne­ment de notre ro­cade, et il faut que l’Etat prenne ses res­pon­sa­bi­li­tés. Je vais sai­sir la mi­nistre et le pré­fet pour en­vi­sa­ger de ré­gu­ler le tra­fic des poids lourds aux heures de pointe. Ce­la, c’est le pre­mier en­jeu, mais à moyen terme, on ne pour­ra pas conti­nuer à élu­der le contour­ne­ment de Bor­deaux. Est-ce que c’est un grand ou un pe­tit contour­ne­ment ? A l’est ou à l’ouest ? On ne peut pas conti­nuer à igno­rer cette ques­tion, si­non Bor­deaux va fi­na­le­ment être la seule grande ag­glo­mé­ra­tion à ne pas avoir de grand contour­ne­ment. Des cars ex­press sont-ils aus­si en­vi­sa­gés ?

On a deux pro­jets : l’un avec le Cub­za­dais et l’autre avec le Li­bour­nais, pour al­ler vers le centre de Bor­deaux. La ré­gion me dit qu’il faut pen­ser à une voie spé­ciale, pour que le temps de tra­jet soit plus in­té­res­sant par rap­port à la voi­ture. Il fau­dra donc évo­luer vers une voie ré­ser­vée, sur l’A 89 par exemple.

Face au ré­seau de tram sa­tu­ré, que pen­sez-vous de l’idée du mé­tro, qui a re­fait sur­face ré­cem­ment ?

On n’en est pas plus loin que le « pour­quoi pas ». Ce­la peut être un su­jet de pro­gramme de cam­pagne. Je n’ai pas en­core de­man­dé à nos ser­vices, qui sont ex­tra­or­di­nai­re­ment char­gés avec ces ques­tions de mo­bi­li­té, de se consa­crer prio­ri­tai­re­ment à ce su­jet. Et pour l’ins­tant, comme vous l’avez vu, j’ai d’autres prio­ri­tés en la ma­tière.

Où en est-on sur le dos­sier du pont Si­mone-Veil, chan­tier sur le­quel le construc­teur Fayat est en dif­fi­cul­té ? On a dé­si­gné un mé­dia­teur, on va ar­ri­ver à une so­lu­tion avant la fin

«On au­ra deux ans de re­tard sur la li­vrai­son du pont Si­mone-Veil. »

de l’an­née, je pense. Il est vrai­sem­blable qu’on se­ra conduit à lan­cer une nou­velle consul­ta­tion et donc qu’on au­ra deux ans de re­tard [soit 2022 au lieu de 2020].

Le contexte so­cial re­met-il en cause l’ins­tal­la­tion d’une zone à faibles émis­sions ?

Il faut y al­ler avec pru­dence. Si on le fait, on le fe­ra avec une cer­taine pro­gres­si­vi­té. Ce­la pour­rait concer­ner des voi­tures de plus de 10 ans ou 12 ans, avec des taux de pol­lu­tion très éle­vés, et la cir­cu­la­tion se­rait li­mi­tée après trois ou quatre jours de pics de pol­lu­tion, par exemple. Ce se­rait un pre­mier pas avant d’avoir une zone plus stricte et plus or­ga­ni­sée. Pro­pos re­cueillis par Mi­ckaël Bos­re­don et El­sa Pro­ven­za­no

Le pré­sident de la mé­tro­pole veut trai­ter le su­jet de la ro­cade en prio­ri­té.

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