Bryan Crans­ton aboie dans « L’Ile aux chiens »

L’ac­teur star de « Brea­king Bad » a ins­pi­ré à Wes An­der­son le per­son­nage ca­nin de Chef dans « L’Ile aux chiens »

20 Minutes (Lille) - - LA UNE - Ca­ro­line Vié

Des ca­bots, mais avec un pe­di­gree. Wes An­der­son, Ours d’ar­gent du meilleur réa­li­sa­teur pour L’Ile aux

chiens à Ber­lin, a choi­si de vraies stars pour dou­bler ses cor­niauds. En fran­çais, Isa­belle Hup­pert, Ro­main Du­ris, Louis Gar­rel, Léa Sey­doux et Gre­ta Ger­wig (qui se double elle-même en fran­çais) aboient de conserve.En an­glais, Bryan Crans­ton, star des sé­ries « Brea­king Bad » et « Mal­colm », ne se contente pas de faire par­ler Chef (dou­blé par Vincent Lin­don dans la ver­sion fran­çaise). Il a aus­si ins­pi­ré le réa­li­sa­teur de

Fan­tas­tic Mr. Fox pour créer ce tou­tou sau­vage ten­tant de sur­vivre avec sa bande tan­dis qu’un po­li­ti­cien tente de les ex­ter­mi­ner. « Wes An­der­son a re­pé­ré le chien des rues qui som­meillait en moi », ex­plique le co­mé­dien à 20 Mi­nutes. Fi­dèle à son ha­bi­tude, Wes An­der­son n’a pas fait en­re­gis­trer chaque chien séparément, mais il a réuni tous les ac­teurs du gang pour ob­te­nir un ré­sul­tat na­tu­rel. « Quand vous échan­gez avec des col­lègues comme Bill Mur­ray, Ed­ward Nor­ton ou Bob Ba­la­ban, ça place la barre très haut, et il faut par­fois mon­trer les dents pour se faire res­pec­ter, ce qui a ser­vi mon per­son­nage de mâle do­mi­nant », s’amuse le co­mé­dien. Si tout était écrit, Wes An­der­son a lais­sé à ses chiens (heu… ses co­mé­diens) une cer­taine li­ber­té. « On voyait qu’il étu­diait nos at­ti­tudes pour nour­rir son ima­gi­naire, se sou­vient Bryan Crans­ton. Il nous par­lait comme un chef d’or­chestre en nous de­man­dant de mo­du­ler nos voix. » Le réa­li­sa­teur fai­sait fil­mer leur per­for­mance pen­dant un en­re­gis­tre­ment qui n’a du­ré que deux jours.

Dès leur ren­contre, Chef res­sent un gros faible pour une guer­rière ca­nine que la voix de Scar­lett Jo­hans­son rend en­core plus sé­dui­sante. « Hé­las, Wes ne nous a pas fait tra­vailler en­semble et, pour­tant, j’au­rais bien hur­lé à la lune pour elle », plai­sante Crans­ton. Chef va même jus­qu’à prendre un bain pour sé­duire la belle qui pour­rait lui faire chan­ger de vie ! « L’amour pousse à de ter­ribles ex­tré­mi­tés », dit en riant Bryan Crans­ton.

« C’est le seul chien du film à évo­luer au cours du ré­cit, à avoir un vrai arc dra­ma­tique : il s’ama­doue au fil de l’his­toire », ex­plique Bryan Crans­ton. Un peu comme le co­mé­dien lui­même qui re­con­naît avoir trou­vé la paix et le bon­heur. « J’avais la cin­quan­taine quand “Brea­king Bad” a fait de moi une star et j’ai 62 ans au­jourd’hui. Comme Chef, je suis par­ve­nu à un équi­libre dans ma vie. » Ce chien-là, on est cer­tain que bien des fans se­raient ra­vis de l’adop­ter.

« Wes An­der­son nous par­lait comme un chef d’or­chestre. » Bryan Crans­ton

Le mâle Chef (deuxième à gauche) est dou­blé par l’ac­teur amé­ri­cain dans la VO.

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