Le choix du Rwan­da, où l’an­glais a rem­pla­cé le fran­çais, fait par­ler

20 Minutes (Lille) - - ACTUALITÉ -

L’Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale de la fran­co­pho­nie (OIF), réunie à Ere­van (Ar­mé­nie), doit nom­mer ce ven­dre­di à sa tête pour quatre ans Louise Mu­shi­ki­wa­bo, la mi­nistre rwan­daise des Af­faires étran­gères.

Une no­mi­na­tion qui est « ac­quise » de­puis que le Ca­na­da a an­non­cé, avec le Qué­bec, qu’il re­ti­rait son sou­tien à la se­cré­taire gé­né­rale sor­tante, la Ca­na­dienne d’ori­gine haï­tienne Mi­chaëlle Jean. Ce choix consacre aus­si le « re­tour » de l’Afrique à la tête de l’OIF, qui avait tou­jours été di­ri­gée par des Afri­cains avant Mi­chaëlle Jean, et qui en­té­rine son rôle in­con­tour­nable de lo­co­mo­tive de la fran­co­pho­nie. « L’épi­centre de la langue fran­çaise est sans doute dans le bas­sin du fleuve Con­go », a ain­si ré­pé­té le pré­sident fran­çais Em­ma­nuel Ma­cron. Mais cette no­mi­na­tion fait grin­cer des dents. La can­di­da­ture rwan­daise est ac­cu­sée d’être contraire à la charte de l’OIF, qui a ins­crit «le sou­tien aux droits de l’homme » par­mi ses mis­sions pre­mières. Or, le Rwan­da pra­tique « cen­sure, me­naces, ar­res­ta­tions, vio­lences, as­sas­si­nats» contre les jour­na­listes qui osent dé­non­cer l’au­to­ri­ta­risme de ses di­ri­geants, a dé­non­cé Re­por­ters sans fron­tières. Mais ce n’est pas le seul grief. Le pays a en ef­fet rem­pla­cé le fran­çais par l’an­glais en tant que langue obli­ga­toire à l’école et a re­joint le Com­mon­wealth, pen­dant an­glo­phone de l’OIF. C’est d’ailleurs en an­glais que le pré­sident rwan­dais Paul Ka­game avait an­non­cé la can­di­da­ture de sa mi­nistre.

La Rwan­daise Louise Mu­shi­ki­wa­bo pour­rait prendre la tête de l’OIF.

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