Des in­for­ma­tions contra­dic­toires sur le lieu où ont été pré­pa­rés les plats

20 Minutes (Lille) - - ACTUALITÉ - B.C.

«On nous a tou­jours as­su­ré que les re­pas étaient faits sur place, mais je viens d’ap­prendre qu’ils au­raient été li­vrés. » Lun­di, quelques heures après le dé­cès de sa mère – une des cinq vic­times de l’in­toxi­ca­tion ali­men­taire qui a tou­ché la mai­son de re­traite La Chê­ne­raie –, Alain La­peyre ful­mi­nait. Ha­bi­tant d’une com­mune de la Haute-Ga­ronne, il juge « in­ad­mis­sible » ce qui est ar­ri­vé dans cet éta­blis­se­ment du sud de Tou­louse, lui qui dé­bour­sait avec ses autres pa­rents 3 000 € par mois pour que sa ma­man puisse être prise en charge.

Si la ques­tion du manque d’ef­fec­tifs est re­ve­nue très ré­gu­liè­re­ment lun­di dans les té­moi­gnages des fa­milles, celle de la confec­tion des re­pas est plus di­rec­te­ment en jeu dans cette affaire d’in­toxi­ca­tion ali­men­taire. Plu­sieurs fa­milles ont en tout cas re­çu des in­for­ma­tions contra­dic­toires sur le lieu de pré­pa­ra­tion, en in­terne ou en ex­terne. Se­lon les pre­miers élé­ments de l’en­quête, ce sont les re­pas mixés, pris par les ré­si­dents très dé­pen­dants, et pour nombre d’entre eux ma­lades d’Alz­hei­mer, qui sont à l’ori­gine de l’in­toxi­ca­tion. Des re­pas confec­tion­nés sur place, a as­su­ré le groupe Ko­rian, qui a ra­che­té en fé­vrier cet éta­blis­se­ment de 80 ré­si­dents. « Nous confir­mons que tous les plats ser­vis aux ré­si­dents de La Chê­ne­raie sont cui­si­nés sur place par le chef cui­si­nier et son équipe, salariés de l’éta­blis­se­ment, à par­tir de den­rées li­vrées par des four­nis­seurs lo­caux», a in­di­qué dans un com­mu­ni­qué le nu­mé­ro un des mai­sons de re­traite en Europe. L’en­quête, ouverte pour ho­mi­cides in­vo­lon­taires et bles­sures in­vo­lon­taires par le par­quet de Tou­louse, de­vra confir­mer cette in­for­ma­tion et le­ver les doutes des fa­milles. En at­ten­dant les conclu­sions, la cui­sine a été mise sous scel­lés par les en­quê­teurs de la bri­gade de gen­dar­me­rie de Mu­ret dans la nuit de di­manche à lun­di.

«Au­cune pré­pa­ra­tion d’aliment ne se­ra plus réa­li­sée sur place. »

Ko­rian, pro­prié­taire de l’Eh­pad

Les ana­lyses des pré­lè­ve­ments toxi­co­lo­giques ef­fec­tués sur place sont en cours. A titre ex­cep­tion­nel, c’est la so­cié­té So­dexo qui va ap­pro­vi­sion­ner en plats pré­pa­rés la mai­son de re­traite et ils se­ront ré­chauf­fés sur place. « Par me­sure de pré­cau­tion, au­cune pré­pa­ra­tion d’ali­ments ne se­ra plus réa­li­sée sur place tant que les ré­sul­tats des ana­lyses ne se­ront pas connus », in­dique le groupe Ko­rian. Pour com­prendre l’ori­gine du choc toxique qui a conduit aux dé­cès de cinq pen­sion­naires et à l’hos­pi­ta­li­sa­tion de quinze autres, les au­top­sies de­vraient avoir lieu ra­pi­de­ment.

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