20 Minutes (Lille)

La fête en temps de crise com­porte plus d’un risque

Jus­tice Or­ga­ni­ser un ras­sem­ble­ment clan­des­tin peut don­ner lieu à des ver­ba­li­sa­tions

- Mi­kaël Li­bert

Les me­sures contre l’épi­dé­mie de co­ro­na­vi­rus ont abou­ti à la fer­me­ture des res­tau­rants, bars, boîtes et lieux cultu­rels. «La bam­boche, c’est ter­mi­né », avait dé­cla­ré le pré­fet de la ré­gion Centre-Val-de-Loire, Pierre Pouës­sel. Sauf qu’il ne se passe pas une se­maine sans que la po­lice in­ter­vienne dans la mé­tro­pole pour faire ces­ser une « fête clan­des­tine ». Les deux der­nières dont nous avons eu connais­sance se sont te­nues en fin de se­maine der­nière, à Lille. Les par­ti­ci­pants et or­ga­ni­sa­teurs étaient des étu­diants pour la ma­jo­ri­té. Pré­ve­nus par un ou des ap­pels au 17, les po­li­ciers ont ver­ba­li­sé les par­ti­ci­pants pour le non-res­pect du couvre-feu. « Les po­li­ciers ne peuvent pas pé­né­trer dans un do­mi­cile pri­vé la nuit sans y avoir été in­vi­tés. Mais, sou­vent, ils par­viennent à se faire ou­vrir la porte et, tech­nique clas­sique, lorsqu’ils de­mandent aux par­ti­ci­pants de ren­trer chez eux, ils les ver­ba­lisent pour non-res­pect du couvre-feu », ex­plique Me Mar­gaux Ma­chart, avo­cate pé­na­liste lil­loise. « Lors d’une soi­rée “clan­des­tine” or­ga­ni­sée dans une ha­bi­ta­tion pri­vée, les par­ti­ci­pants peuvent être ver­ba­li­sés au mo­tif d’un dé­pla­ce­ment hors du do­mi­cile », confirme le par­quet de Lille. Le mo­tif de ver­ba­li­sa­tion pour non-port du masque, qui avait été évo­qué par la di­rec­tion dé­par­te­men­tale de la sé­cu­ri­té pu­blique (DDSP) pour l’une de ces soi­rées, ne peut être re­te­nu que lorsque les per­sonnes sont hors du do­mi­cile. Se­lon le par­quet, des ver­ba­li­sa­tions pour ce mo­tif sont moins plau­sibles que celles pour vio­la­tion du couvre-feu.

«Mise en dan­ger» d’au­trui

Pour les « fêtes clan­des­tines », mais aus­si lors de la dé­cou­verte de bars clan­des­tins, les or­ga­ni­sa­teurs sont pla­cés en garde à vue sur le chef de « mise en dan­ger de la vie d’au­trui », pas­sible d’un an d’em­pri­son­ne­ment et de 15 000 € d’amende. « Se­lon moi, c’est une qua­li­fi­ca­tion ex­ces­sive, ré­torque Me Ma­chart, la mise en dan­ger d’au­trui im­pli­quant l’exis­tence d’un risque im­mé­diat de mort ou de bles­sure. »

 ??  ??
 ??  ?? Les or­ga­ni­sa­teurs, mais aus­si les in­vi­tés, sont vi­sés par la po­lice.
Les or­ga­ni­sa­teurs, mais aus­si les in­vi­tés, sont vi­sés par la po­lice.

Newspapers in French

Newspapers from France