20 Minutes (Lille)

Avant Mars, une zone de ter­reur at­tend «Per­se­ve­rance»

Jeu­di, avant de tou­cher le sol mar­tien, le ro­ver de­vra réus­sir une dé­li­cate chute

- Fa­brice Pou­li­quen Space Research · Planets · Space · Solar System · Science · Milky Way Galaxy · Mars 2020 · Cape Canaveral · NASA · CRPG

Sept mi­nutes de ter­reur. A 21 h 55, jeu­di, le ro­ver Per­se­ve­rance s’ap­prê­te­ra à en­trer dans l’at­mo­sphère de Mars. L’avant-der­nière étape d’un voyage de 480 mil­lions de ki­lo­mètres com­men­cé le 30 juillet par un dé­col­lage réus­si de­puis Cap Ca­na­ve­ral (Flo­ride). Au­tre­ment dit, Per­se­ve­rance se­ra tout près de pou­voir com­men­cer sa mis­sion : ar­pen­ter la pla­nète rouge pour y trou­ver d’éven­tuelles traces de vie, et même col­lec­ter des échan­tillons de roches mar­tiennes. Avec l’es­poir, un jour, de les rap­por­ter sur Terre.

Avant de pou­voir se mettre au tra­vail, Per­se­ve­rance de­vra en pas­ser par ces « sept mi­nutes de ter­reur », ex­pres­sion uti­li­sée par la Na­sa pour évo­quer ce mo­ment pé­rilleux qu’est l’at­ter­ris­sage. La nou­veau­té, c’est la grue vo­lante, Sky Crane. Elle n’était pas là «pour Vi­king 1 et 2 [dans les an­nées 1970] ou pour InSight [en 2018]», ex­plique Olivier San­guy, mé­dia­teur scien­ti­fique de la Ci­té de l’es­pace à Tou­louse. Il faut ima­gi­ner une masse de 3 t – le ro­ver et tout

«Pen­dant ces “sept mi­nutes de ter­reur”, on ne peut rien faire de­puis la Terre.»

Jes­si­ca Fla­haut, géo­logue

ce qui l’en­toure pour fa­ci­li­ter sa des­cente – dé­bou­ler dans l’at­mo­sphère mar­tienne à 20000 km/h. Et ima­gi­ner un bou­clier ther­mique, qui pro­tège le ro­ver de la cha­leur pen­dant la des­cente, su­bir une tem­pé­ra­ture de 1300 °C.

Et ce ne sont que les grandes étapes. Entre elles, il y a à chaque fois une mul­ti­tude d’ac­tions qui doivent se com­bi­ner, sans er­reur pos­sible. «Un exemple : quand le ro­ver se pose au sol, il est tou­jours re­te­nu par des câbles à la grue vo­lante juste au-des­sus de lui, illustre Olivier San­guy. Il fau­dra alors que de pe­tits ex­plo­sifs, sur Per­se­ve­rance, poussent des lames pour qu’elles coupent ces liens. Si ce mé­ca­nisme se grippe, la Sky Crane, qui pèse 1 t, res­te­ra re­liée au ro­ver, ce qui com­pro­met­trait la mis­sion.»

«Mais si la Na­sa parle de “sept mi­nutes de ter­reur”, c’est aus­si parce que, dans ce laps de temps, on ne peut rien faire de­puis la Terre, re­prend Jes­si­ca Fla­haut, géo­logue mar­tienne et lu­naire du Centre de re­cherches pé­tro­gra­phiques et géo­chi­miques. La dis­tance entre les deux pla­nètes fait que les com­mu­ni­ca­tions vont mettre un peu plus de onze mi­nutes pour al­ler de la Terre au ro­bot et in­ver­se­ment. En cas de pro­blème, le temps que le si­gnal nous par­vienne, le ro­bot se se­ra dé­jà écra­sé. »

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Un bou­clier ther­mique pro­tège le ro­ver pen­dant la des­cente vers Mars.

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