Un lien éta­bli entre can­cers et im­plants mam­maires

Cer­taines pro­thèses fa­vo­ri­se­raient le risque de can­cer du sys­tème im­mu­ni­taire

20 Minutes (Lyon) - - GRAND LYON - Anis­sa Bou­me­diene

Dix mil­lions de femmes se­raient por­teuses d’im­plants mam­maires au­jourd’hui dans le monde. Si, pour la grande ma­jo­ri­té d’entre elles, tout se passe pour le mieux, dans de très rares cas, le port de ces pro­thèses a dé­clen­ché l’ap­pa­ri­tion d’un lym­phome ana­pla­sique à grandes cel­lules (LAGC), un can­cer du sys­tème im­mu­ni­taire. Aux Etats-Unis, la Food and Drug Ad­mi­nis­tra­tion (FDA) vient de don­ner l’alerte, re­lève le New York Times. A l’oc­ca­sion d’une mise à jour, fin mars, de son site In­ter­net, l’agence de san­té amé­ri­caine a en ef­fet poin­té l’exis­tence d’un lien entre le port d’im­plants mam­maires et un risque de LAGC. Un lien que l’Ins­ti­tut na­tio­nal du can­cer a, lui, clai­re­ment éta­bli. Et, à ce jour en France, 29 cas de LAGC sont re­cen­sés. Pour Vla­di­mir Mitz, chi­rur­gien es­thé­tique à Pa­ris et au­teur de Chi­rur­gie es­thé­tique, pour ou contre! (éd. Flam­ma­rion), l’ap­pa­ri­tion de la ma­la­die se­rait liée « à la tex­ture même de la pro­thèse ». Plus pré­ci­sé­ment, à sa mem­brane ex­té­rieure.

Les sur­faces tex­tu­rées

Au­jourd’hui, il en existe plu­sieurs types. Celles qui ont une sur­face ve­lou­tée, et celles qui ont une sur­face tex­tu­rée, un peu ru­gueuse. Ces der­nières « ont la cote, car elles per­met­traient un ren­du plus es­thé­tique et un meilleur main­tien de l’im­plant », ex­plique Vla­di­mir Mitz. Le pro­blème, c’est que, jus­te­ment, leur sur­face ru­gueuse « pour­rait, chez cer­taines femmes, pro­vo­quer une ré­ac­tion in­flam­ma­toire qui peut conduire, dans des cas ra­ris­simes, à l’ap­pa­ri­tion d’un lym­phome », ex­pose le Dr Mitz. Une autre théo­rie avance que cette même sur­face pour­rait pié­ger les bac­té­ries, oc­ca­sion­nant une in­fec­tion chro­nique qui pour­rait éga­le­ment, à terme, pro­vo­quer le can­cer, rap­porte le New York Times. Pour l’Ame­ri­can So­cie­ty for Aes­the­tic Plas­tic Sur­ge­ry, le LAGC « semble ac­tuel­le­ment se dé­ve­lop­per ex­clu­si­ve­ment chez les femmes por­teuses d’im­plants tex­tu­rés ». Mais la FDA, pru­dente, at­tend de dis­po­ser d’in­for­ma­tions com­plé­men­taires. Il est donc conseillé aux femmes por­teuses de ces im­plants à sur­face tex­tu­rée de sur­veiller l’ap­pa­ri­tion éven­tuelle de symp­tômes du LAGC, comme « un gon­fle­ment anor­mal du sein au­tour de l’im­plant », re­com­mande le Dr Mitz. L’Ins­ti­tut na­tio­nal du can­cer in­siste, quant à lui, sur l’im­por­tance d’un sui­vi ré­gu­lier, même en l’ab­sence de symp­tôme par­ti­cu­lier.

En France, 29 cas de can­cer lié au port de pro­thèse ont été re­cen­sés.

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