L’ac­cu­sé ra­conte sa re­la­tion dif­fi­cile avec son ex-com­pagne

Ouis­sem Me­dou­ni est re­ve­nu sur sa re­la­tion com­pli­quée avec Sa­bri­na Koui­der et a fait part de ses re­grets

20 Minutes (Lyon) - - LA UNE - De notre en­voyé spé­cial à Londres, Thi­baut Che­vil­lard

« C’était comme si j’avais ga­gné à l’Eu­ro­mil­lion.» A la barre de la cour cri­mi­nelle de l’Old Bai­ley, à Londres, Ouis­sem Me­dou­ni ra­conte le jour où il a aper­çu Sa­bri­na Koui­der pour la pre­mière fois. C’était en 2003, à une fête fo­raine, dans la ban­lieue Sud de Pa­ris. Trop ti­mide pour al­ler voir cette jo­lie fille de 19 ans, il avait de­man­dé à un ami d’al­ler ré­cu­pé­rer son nu­mé­ro. A cette époque, ce brillant étu­diant en éco­no­mie ap­pli­quée ne s’ima­gi­nait pas qu’il fi­ni­rait, quinze ans plus tard, ac­cu­sé avec sa belle du meurtre de So­phie Lion­net, leur jeune fille au pair de 21 ans. S’il re­con­naît avoir vou­lu faire dis­pa­raître le corps de la jeune Troyenne en le brû­lant dans leur jar­din lon­do­nien, en sep­tembre, il nie l’avoir tuée. Il a bien re­con­nu, un temps, être im­pli­qué dans la mort de la jeune femme. Mais, de­puis, il s’est ré­trac­té, af­fir­mant avoir avoué pour pro­té­ger celle qui était sa com­pagne et qu’il dit tou­jours ai­mer.

Une com­pagne vio­lente

Leur vie de couple a tou­jours été com­pli­quée. La jo­lie brune pou­vait avoir « des hauts et des bas en l’es­pace de quelques se­condes». L’ac­cu­sé de 40 ans, qui se pré­sente comme «gé­né­reux, tra­vailleur, am­bi­tieux», souffle avoir dé­jà a été vic­time de vio­lence de la part de Sa­bri­na Koui­der. Cer­taines nuits, elle se ré­veillait en criant après avoir rê­vé qu’il la trom­pait avec une autre. Elle au­rait aus­si ten­té à deux re­prises de se sui­ci­der. Leur re­la­tion se­ra en­tre­cou­pée de plu­sieurs rup­tures. Sa­bri­na Koui­der a eu deux en­fants avec deux autres hommes, dont Mark Wal­ton, fon­da­teur ir­lan­dais du boys band Boy­zone. Un homme dont elle est ter­ri­ble­ment ob­sé­dée de­puis leur rup­ture, en 2013, et qu’elle ac­cuse no­tam­ment de pé­do­phi­lie. A l’époque, elle avait rap­pe­lé, une fois de plus, Ouis­sem Me­dou­ni, et s’était re­mise avec lui. «J’étais tou­jours amou­reux d’elle », jus­ti­fie-t-il. En 2015, elle em­bauche So­phie Lion­net, qu’elle paie, se­lon lui, 70 € par mois. Il ne parle pas à la jeune fille « ti­mide et ri­vée sur ton té­lé­phone», car «Sa­bri­na était ja­louse». Dans le cou­rant de l’an­née 2017, cette der­nière lui ra­conte que So­phie Lion­net a com­plo­té avec Mark Wal­ton et, qu’en­semble, ils ont fait du mal à l’un de leurs proches. Sa com­pagne se montre alors de plus en plus vio­lente en­vers leur em­ployée et lui re­proche d’être «de son cô­té». «Quand je re­pense à cette si­tua­tion, je m’en veux vrai­ment. J’au­rais pu l’évi­ter », clame l’ac­cu­sé. Pi­quée au vif par ce té­moi­gnage à charge, l’ac­cu­sée s’em­porte, obli­geant le pré­sident à lui rap­pe­ler qu’elle doit gar­der le si­lence en at­ten­dant son tour. Ce qui dev­rait être le cas ces pro­chains jours, à l’is­sue de l’au­di­tion de ce­lui qui l’aime tou­jours.

Le corps de So­phie Lion­net a été re­trou­vé cal­ci­né dans le jar­din des ac­cu­sés.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.