Agres­sé, un Lyon­nais ra­conte sa co­lère et son désar­roi

Ho­mo­pho­bie Un Lyon­nais confie sa co­lère après avoir été vic­time d’une agres­sion ho­mo­phobe

20 Minutes (Lyon) - - LA UNE - Eli­sa Fri­sul­lo

Lors­qu’ils sont al­lés se ba­la­der pour ache­ver leur week-end entre amis, ils n’ima­gi­naient pas un ins­tant la vio­lence dont ils se­raient vic­times. Lun­di, un Lyon­nais de 28 ans a por­té plainte pour « agres­sion ho­mo­phobe », après avoir été pris pour cible di­manche place Bel­le­cour. Dans l’après-mi­di, ce jour-là, Si­mon La­bouy­rie sor­tait d’un fast-food, ac­com­pa­gné de cinq amis, lorsque quatre hommes d’une ving­taine d’an­nées ont com­men­cé à les in­ter­pel­ler. «Ils nous ont d’abord dit “sa­lut les filles”. Quand nous nous sommes re­tour­nés, ils nous ont lan­cé “sales pé­dés” », confie à 20 Mi­nutes Si­mon La­bouy­rie. Le jeune homme, agent ter­ri­to­rial, dé­cide alors de s’ap­pro­cher du groupe pour leur faire prendre conscience que « s’ils trou­vaient ça drôle, pour nous, ça ne l’était pas du tout ».

La si­tua­tion dé­gé­nère lorsque Si­mon La­bouy­rie sort son té­lé­phone pour ap­pe­ler la police. « L’un des jeunes s’est ap­pro­ché de moi pour m’em­pê­cher d’ap­pe­ler, et alors que je me re­tour­nais pour ran­ger mon té­lé­phone, il m’a por­té un coup de poing très violent à la nuque », ajoute-til. L’un de ses amis est éga­le­ment frap­pé, tan­dis qu’une pe­tite foule de ba­dauds com­mence à se for­mer pour re­gar­der la scène.

«Quand ils ont vu qu’il y avait beau­coup de monde au­tour de nous, nos agres­seurs ont fi­ni par s’en­fuir dans le mé­tro. » Par­mi les spec­ta­teurs, per­sonne ne bouge. Lorsque Si­mon La­bouy­rie par­vient à joindre la police, son in­ter­lo­cu­teur lui de­mande « d’al­ler vé­ri­fier dans le mé­tro si les agres­seurs sont tou­jours par là, ra­con­tet-il. J’ai ré­pon­du au po­li­cier que, vu l’agres­sion dont nous ve­nions d’être vic­times, je n’étais pas ras­su­ré. Puis, j’ai re­gar­dé dans l’en­trée du mé­tro. J’ai ex­pli­qué que je ne les voyais pas. Le fonc­tion­naire m’a ré­pon­du que les agres­seurs étaient sans doute par­tis et que, du coup, la police ne vien­drait pas. Il m’a conseillé d’al­ler por­ter plainte », ajoute-t-il, écoeu­ré. « Au-de­là des coups, j’ai res­sen­ti un im­mense sen­ti­ment de so­li­tude en voyant que per­sonne, par­mi les té­moins de l’agres­sion, n’in­ter­ve­nait. Et que même la police ne se dé­pla­çait pas pour des vio­lences sur­ve­nues un di­manche après-mi­di place Bel­le­cour. » Si­mon La­bouy­rie, qui a su­bi trois jours d’ITT, a te­nu à té­moi­gner pour dire sa co­lère et sa « crainte ». « Si j’ai en­vie de me pro­me­ner en don­nant la main à mon pe­tit ami, je le fais. Là, je ne sais pas quand je vais pou­voir le faire de nou­veau sans avoir peur. »

« Per­sonne, par­mi les té­moins, n’est in­ter­ve­nu. »

Si­mon La­bouy­rie

Lun­di, la vic­time de l’agres­sion à ca­rac­tère ho­mo­phobe a por­té plainte.

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