L’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle bien­tôt en tête?

Fu­tur «West­world» sai­son 2 sort en Blu-ray et DVD, l’oc­ca­sion d’ima­gi­ner la place de l’IA de­main

20 Minutes (Lyon) - - MAGAZINE -

In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, peur réelle

Il « IA » un pro­blème. Que ce soit dans « Ma­trix », I, Ro­bot, « Ter­mi­na­tor », ou la sé­rie « West­world », qui sort au­jourd’hui sa sai­son 2 en DVD et Blu-ray, la fic­tion voit les ma­chines se sou­le­ver contre leurs créa­teurs. Laurent Alexandre, co­fon­da­teur du groupe de ré­flexion Ins­ti­tut sa­piens et au­teur de La Guerre des in­tel­li­gences, le dit aus­si : « C’est une blague d’ima­gi­ner qu’une in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle (IA) forte res­pec­te­rait les règles d’Asi­mov », qui édictent no­tam­ment qu’un « ro­bot ne peut por­ter at­teinte à un être hu­main ». En gros, une IA douée de conscience ne res­te­rait pas à la solde des hu­mains bien long­temps. «A sa place, ce se­rait la pre­mière chose que je fe­rais, an­ni­hi­ler l’es­pèce hu­maine », af­firme-t-il avec hu­mour. Pa­trick Bé­ja, hôte du pod­cast «Le Ren­dez-vous tech», se montre plus nuan­cé. « La mé­fiance est lé­gi­time, on ne sait pas ce qui va se pas­ser. Mais les scé­na­rios ca­tas­trophe pa­raissent peu pro­bables. » La fic­tion ali­mente cette peur, mais ce n’est pas parce que les IA nous battent aux échecs et au go qu’elles sont prêtes à do­mi­ner le monde.

2

Ho­lo­gramme, vou­lez­vous m’épou­ser?

Epou­ser un ho­lo­gramme, ça vous tente? Un Ja­po­nais l’a fait avec la chan­teuse nu­mé­rique Hat­sune Mi­ku. Le couple mène de­puis une vie presque nor­male au do­mi­cile du ma­rié. Ce der­nier pos­sède un boî­tier in­tel­li­gent où est pro­je­té un ho­lo­gramme de la star, qui fait éga­le­ment of­fice d’as­sis­tante per­son­nelle. Sans va­leur, le ma­riage a at­ti­ré les mé­dias, moins la fa­mille.

3

« L’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle n’existe pas»

C’est le co-créa­teur de Si­ri, Luc Ju­lia, qui le dit et l’écrit dans un livre qui sor­ti­ra en jan­vier. Il parle plu­tôt de ma­chine lear­ning, ou connais­sance ar­ti­fi­cielle. Pour­quoi ? Les IA ont be­soin de beau­coup de don­nées, de connais­sances, pour fonc­tion­ner.

4

L’homme dit : «Fai­sons le ro­bot à notre image»

Notre ap­proche de la ro­bo­tique manque-t-elle d’in­ven­ti­vi­té ? Si nos ro­bots imitent nos traits, « c’est une ques­tion de fa­mi­lia­ri­té. On au­ra be­soin que la pre­mière gé­né­ra­tion nous res­semble. A terme, ce se­ra dif­fé­rent », es­time Pa­trick Bé­ja. Pour Laurent Alexandre, « c’est plus ri­go­lo d’avoir une IA ro­bo­ti­sée avec un corps », no­tam­ment dans les fic­tions.

5 L’IA ou la science sans conscience

Des au­to­mates se pre­nant pour des hu­mains, ce n’est pas pour de­main. « Pour avoir une IA avec la­quelle on peut vrai­ment dis­cu­ter, il faut at­tendre vingt ans mi­ni­mum », es­time Laurent Alexandre. Au­jourd’hui, « elles ana­lysent une mo­lé­cule mieux que nous. Pour les su­jets avec beau­coup de don­nées, l’IA nous dé­passe. S’il y en a peu, le cer­veau est meilleur. » La re­cherche pro­gresse sur­tout sur la vi­tesse de trai­te­ment des in­for­ma­tions. Pa­trick Bé­ja met aus­si en garde, la «conscience ar­ti­fi­cielle est plus un fan­tasme ». Pour l’ins­tant, il n’y a que des in­tel­li­gences.

6 Je pense, donc je suis un ro­bot?

« Si­ri, ap­pelle Mi­chel. » « Non, je ne suis pas ton as­sis­tant per­son­nel. » Ce­la pour­rait ar­ri­ver si les IA pen­saient être hu­maines. Pour en ar­ri­ver là, de nom­breuses avan­cées tech­no­lo­giques res­tent à ac­com­plir. Et des ques­tions éthiques à se po­ser. Si le ro­bot se croit hu­main, doit-on le consi­dé­rer comme tel? «Peut-on le tuer? Le frap­per? Il y a mille ques­tions », af­firme Laurent Alexandre. Et au­tant de lois à mettre en place. Pour l’ins­tant, l’Eu­rope ne fait que ré­flé­chir à ac­cor­der une per­son­na­li­té ju­ri­dique et mo­rale aux ro­bots.

7

So­phia, une in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle pas si in­tel­lo

So­phia, le ro­bot à ap­pa­rence hu­maine du Hong­kon­gais Han­son Ro­bo­tics, fait par­ler d’elle pour sa ca­pa­ci­té à re­pro­duire des ex­pres­sions fa­ciales, mais son in­tel­li­gence reste très scrip­tée, son IA très peu avan­cée. « C’est un au­to­mate, il n’y a pas d’IA de­dans, seu­le­ment un suc­cès ro­bo­tique », as­sène Laurent Alexandre.

8

Plu­tôt parc d’at­trac­tions ou jeux vi­déo?

Est-il plus sou­hai­table de s’amu­ser dans un monde ar­ti­fi­ciel comme dans « West­world », ou d’in­car­ner un ava­tar dans un monde vir­tuel, fa­çon Rea­dy Player One ? Deux phi­lo­so­phies s’op­posent. Pour Pa­trick Bé­ja, « re­pro­duire la réa­li­té n’est pas très in­té­res­sant ». Quitte à ré­in­ven­ter sa vie, au­tant le faire dans un uni­vers to­ta­le­ment nou­veau. Et pour vous ? Vous avez trois heures.

9 L’in­tel­li­gence, un en­jeu po­li­tique d’ave­nir?

Com­ment la France en­vi­sage les dé­ve­lop­pe­ments de l’IA Le pré­sident de la Ré­pu­blique a an­non­cé l’oc­troi de 1,5 mil­liard d’eu­ros de cré­dits pu­blics à la re­cherche sur l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle pen­dant la du­rée du quin­quen­nat, pour faire de la France un des lea­ders du do­maine.

10 C’est twee­té!

« Le fu­tur de l’#IA : l’in­ter­ac­ti­vi­té, l’éthique, l’au­to­ma­ti­sa­tion, le Big da­ta, la qua­li­té et la puis­sance. »

@di­dier_­gaul­tier

Vous voyez un ro­bot ou un hu­main sur cette image de «West­world»?

Em­ma­nuel Ma­cron, le 29 mars 2018 au Col­lège de France, dis­cou­rant de la stra­té­gie fran­çaise en ma­tière d’IA.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.