Crimes de guerre

Des en­quê­teurs sont spé­cia­li­sés dans la re­cherche d’an­ciens au­teurs de mas­sacres

20 Minutes (Marseille) - - ACTUALITÉ -

Des mas­sacres ont été com­mis il y a des an­nées. Les vic­times se comptent par cen­taines de mil­liers. Les au­teurs courent tou­jours. Mais, au qua­trième étage d’une ca­serne aus­tère du 20e ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, une ving­taine de gen­darmes et de po­li­ciers de l’Of­fice cen­tral de lutte contre les crimes contre l’hu­ma­ni­té (OCLCH) se chargent

Pau­line, po­li­cière

de les tra­quer. La de­vise de leur uni­té : «Ho­ra fu­git stat jus.» («L’heure passe, la jus­tice de­meure»). «Notre mis­sion consiste à lut­ter contre l’im­pu­ni­té et ré­ta­blir les vic­times dans leurs droits », ré­sume le co­lo­nel Eric Eme­raux, chef de l’OCLCH. Les ma­gis­trats pa­ri­siens peuvent le sai­sir « lorsque l’au­teur du crime est de na­tio­na­li­té fran­çaise, lorsque la vic­time est un res­sor­tis­sant de notre pays, ou si le sus­pect se trouve sur notre ter­ri­toire ou y ré­side ha­bi­tuel­le­ment ».

Au sein de la di­vi­sion «Afrique», Pau­line pour­chasse ceux qui, vingt-quatre ans plus tôt, ont mas­sa­cré 800000 per­sonnes, es­sen­tiel­le­ment des Tut­sis. Si «re­trou­ver les per­sonnes qui ont vé­cu le gé­no­cide n’est pas un pro­blème», confie la jeune po­li­cière, im­pos­sible, en re­vanche, de mettre la main sur des in­dices ma­té­riels, comme une ma­chette. Les en­quê­teurs doivent se conten­ter de té­moi­gnages, qu’ils re­coupent tant bien que mal, ou d’images de re­por­ters de guerre. « Nous échan­geons aus­si beau­coup d’in­for­ma­tions avec nos ho­mo­logues d’autres pays. Après une guerre, les gens s’épar­pillent un peu par­tout dans le monde et ont par­fois dé­jà été en­ten­dus», ajoute-t-elle, in­sis­tant sur le fait que les en­quê­teurs

« Nous tra­vaillons à charge et à dé­charge. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.