Le flou règne au­tour de la ré­in­té­gra­tion des ha­bi­tants

Se­lon Ju­lien Ruas, des ha­bi­tants ont pu re­trou­ver leur im­meuble, sauf que beau­coup ex­pliquent n’avoir ja­mais été éva­cués

20 Minutes (Marseille) - - LA UNE - Adrien Max

« C’est une bonne nou­velle. » Qua­si­ment un mois jour pour jour après la mort de huit per­sonnes dans l’ef­fon­dre­ment de deux im­meubles à Noailles, Ju­lien Ruas, ad­joint à la sé­cu­ri­té, était sou­la­gé, mar­di, d’an­non­cer la nou­velle. « En­vi­ron 70 per­sonnes ha­bi­tant 18 im­meubles de la rue d’Au­bagne et de la rue JeanRoque vont pou­voir ré­in­té­grer leur lo­ge­ment », a-t-il af­fir­mé. « Une bonne nou­velle », alors que 199 im­meubles ont été éva­cués de­puis le 5 no­vembre. Et la liste ne cesse de s’al­lon­ger de jour en jour.

Sauf qu’en se ba­la­dant dans les deux rues concer­nées, mer­cre­di, au­cune ré­in­té­gra­tion ne se pro­file. Et pour cause, les im­meubles ci­tés par Ju­lien Ruas n’ont été éva­cués que tem­po­rai­re­ment, voire pas du tout. « A par­tir du nu­mé­ro 13 de la rue Jean-Roque, tout le monde est là », af­firme Afi­da, qui ha­bite le quar­tier. Un ha­bi­tant du 19 confirme : « Nous avons été éva­cués le 5 no­vembre, avant de ré­in­té­grer nos lo­ge­ments le soir même. » Seuls les nu­mé­ros jus­qu’au 8 sont tou­jours in­ac­ces­sibles, car trop proches du lieu du drame, et in­ter­dits par une bar­rière de sé­cu­ri­té. Au bout de la rue, cer­taines fa­milles ont jus­te­ment ren­dez-vous avec les pom­piers pour ré­cu­pé­rer quelques af­faires en 30 min, montre en main.

« Conne­rie de jour­na­liste »

L’agent de la mai­rie, char­gé de leur ac­cueil, n’est pas au cou­rant des ré­in­té­gra­tions. « Je suis là le jour, le soir, par­fois la nuit, donc je n’ai pas le temps de m’in­for­mer. Mais, sans vous man­quer de res­pect, ça doit en­core être une conne­rie de jour­na­liste », tente-t-il comme ex­pli­ca­tion. Non, sim­ple­ment des an­nonces de la mai­rie lors d’une confé­rence de presse. Ke­vin Va­cher, du col­lec­tif Noailles en co­lère, a, lui, ap­pris les ré­in­té­gra­tions à la suite de cette confé­rence de presse. « Mais de­puis, au­cune nou­velle », ex­plique-t-il de­vant les por­traits des huit per­sonnes dé­cé­dées, rue d’Au­bagne. Là non plus, au­cune ré­in­té­gra­tion à l’ho­ri­zon. Du linge sèche à cer­taines fe­nêtres des im­meubles concer­nés. « J’ai une amie qui ha­bite au nu­mé­ro 58, elle n’a ja­mais été éva­cuée », ex­plique une voi­sine. Au même mo­ment, une femme pousse la porte du 58, ba­layant le doute sur son oc­cu­pa­tion. « A au­cun mo­ment nous n’avons été éva­cués », nous ap­prennent éga­le­ment deux ha­bi­tants du 55. Un com­mer­çant si­tué plus haut af­firme qu’ici aus­si, très peu d’éva­cua­tions ont eu lieu : « Ils ont po­sé des bar­rières, mais elles ont été en­le­vées il y a une di­zaine de jours. Et les gens pas­saient quand même. » La mai­rie pré­cise que « ces im­meubles ne concernent pas for­cé­ment des éva­cua­tions pour sé­cu­ri­té, mais aus­si pour la cou­pure de cer­tains fluides » et ex­plique leur « avoir pro­po­sé des so­lu­tions d’hé­ber­ge­ment au frais de la ville, mais des ha­bi­tants ont re­fu­sé ».

Le dé­but de la rue Jean-Roque est tou­jours in­ter­dit d’ac­cès.

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