« On es­saie d’être un peu plus dans la zé­ni­tude »

Seul aux com­mandes du MHSC, Laurent Ni­col­lin évoque sa sai­son. « Beau­coup pen­saient qu’on al­lait se cas­ser la gueule »

20 Minutes (Montpellier) - - La Une - Pro­pos re­cueillis par Jé­rôme Dies­nis

Laurent Ni­col­lin est de­ve­nu, cet été, le pa­tron du MHSC, après le dé­cès de son père. Alors que Mont­pel­lier, can­di­dat pour l’Eu­rope, ac­cueille Bor­deaux di­manche, l’an­cien pré­sident dé­lé­gué a ac­cor­dé une in­ter­view à 20 Mi­nutes.

Vous at­ten­diez-vous à une telle sai­son ?

Notre bud­get n’est pas très im­por­tant, on a per­du notre pré­sident, notre meilleur bu­teur, avec un nou­vel en­traî­neur. On ne par­tait pas la fleur au fu­sil, mais presque. Beau­coup de gens pen­saient qu’on al­lait se cas­ser la gueule. La seule dé­cep­tion se­rait de fi­nir au-de­là de la hui­tième place. Si on n’est pas eu­ro­péen, il y au­ra des re­grets, mais on au­ra tout don­né.

Pour­tant c’était mal par­ti. Avez-vous eu peur en dé­but de sai­son ?

Peur, non. In­quiet oui. La défaite à Di­jon ne m’avait pas plu du tout, ni les choses qui s’étaient pas­sées dans le ves­tiaire. Avec Michel [Mé­zy] et Bru­no [Ca­rot­ti], il a fal­lu re­ca­drer tout le monde. J’ai de­man­dé aux joueurs de chan­ger d’état d’es­prit, d’ar­rê­ter de se bra­quer sur des dé­tails dé­biles.

On a l’im­pres­sion que le club a chan­gé. Le cli­mat est plus se­rein…

On es­saie d’être un peu plus dans la zé­ni­tude. Ça n’em­pê­che­ra peut-être pas des gueu­lantes, mais je pré­fère an­ti­ci­per les choses. On en ri­gole par­fois avec Michel Mé­zy. Quand on perd à Mende, contre Ro­dez lors du pre­mier match ami­cal, on sait qu’on au­rait mor­flé dans la voi­ture du re­tour. C’est une autre pé­riode qui nous a fait avan­cer. Même si, pour cer­tains, je suis sans doute un peu trop lisse.

Que change cette pre­mière an­née, seul aux com­mandes ?

Mon or­di­naire n’a pas chan­gé. Je suis dans le même fonc­tion­ne­ment d’échange avec Michel Pey­bernes [DGS], Bru­no Ca­rot­ti, Michel Mé­zy et mon en­traî­neur. La dif­fé­rence est qu’il n’y a plus cette grosse pro­tec­tion mé­dia­tique qu’était Louis Ni­col­lin. Par­fois, il nous pous­sait vers la fa­laise, par­fois il nous re­te­nait. Main­te­nant, on est tout seul pour ne pas tom­ber. Et bien sûr, il y a le cô­té af­fec­tif, la perte de mon père.

Vous l’évo­quez avec beau­coup de pu­deur…

Parce que ça ne re­garde que moi. Cha­cun a per­du un proche, un membre de la fa­mille. C’est quelque chose de per­son­nel. Je n’ai pas à faire pleu­rer dans les chau­mières.

Cette sai­son, c’est aus­si la réus­site d’un très bon re­cru­te­ment ?

La cel­lule de re­cru­te­ment bosse très bien de­puis plu­sieurs an­nées. On fait avec nos moyens, en pri­vi­lé­giant les joueurs libres ou les bons coups. Nos cinq scouts vont voir les matchs de L2. Mais il faut les si­gner en jan­vier. Après, tout le monde est des­sus et c’est trop tard. On a une stra­té­gie sur un an ou deux pour ne pas blo­quer des postes aux­quels pos­tu­le­ront des jeunes is­sus de notre for­ma­tion.

« On es­saie d’être un peu plus dans la zé­ni­tude », évoque Laurent Ni­col­lin.

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