« L’omer­ta dans le sport existe »

#MeToo La mi­nistre des Sports Roxa­na Ma­ra­ci­nea­nu s’en­gage pour un chan­ge­ment dans le trai­te­ment des vio­lences sexuelles

20 Minutes (Montpellier) - - SPORTS - Pro­pos re­cueillis par Ni­co­las Ca­mus

De­puis le dé­but de l’affaire Wein­stein, le monde du sport a été ab­sent des dé­bats sur le har­cè­le­ment et les vio­lences sexuelles, en tout cas en France. Et rien n’est ve­nu du mi­nis­tère de la Jeu­nesse et des Sports pour faire un état des lieux et ré­flé­chir à la pré­ven­tion. Roxa­na Ma­ra­ci­nea­nu veut croire que les choses vont chan­ger.

La li­bé­ra­tion de la pa­role n’a pas concer­né le mi­lieu du sport. Est-ce que ce­la vous étonne ?

Oui, ce­la m’étonne parce qu’il n’y a pas de rai­son que le sport échappe à ce type de com­por­te­ment, de har­cè­le­ments ou de vio­lences sexuels. Ce­la touche tous les pans de la so­cié­té.

Votre pré­dé­ces­seure, Lau­ra Fles­sel, as­su­rait qu’il n’y avait pas d’omer­ta. Le pen­sez-vous aus­si ?

Je ne sais pas quelle était pré­ci­sé­ment la po­si­tion de mes pré­dé­ces­seurs, mais la mienne, c’est que cette omer­ta existe. On va tout faire pour que tous les ac­teurs du sport soient sen­si­bi­li­sés à cette pro­blé­ma­tique. D’où vient ce si­lence, se­lon vous ?

Il y a une dif­fi­cul­té de la part des ac­teurs de ter­rain à sa­voir com­ment ré­agir quand ce­la ar­rive. Une autre rai­son est que c’est in­hé­rent au sport. Dans cer­taines dis­ci­plines, pour pou­voir en­sei­gner la pra­tique, on doit être en contact phy­sique avec les per­sonnes, et no­tam­ment des femmes ou des mi­neurs. La fron­tière peut être floue, pas as­sez bien expliquée. J’ai­me­rais ai­der les ac­teurs à po­ser la li­mite du geste, de la pa­role, du re­gard, du com­por­te­ment en gé­né­ral, au bon en­droit.

Quelle prio­ri­té al­lez-vous don­ner à ces ques­tions dans votre ac­tion ?

Une prio­ri­té haute. Le Pre­mier mi­nistre est par­ti­cu­liè­re­ment im­pli­qué sur ces ques­tions, je vais me ser­vir de ça pour por­ter ce mes­sage im­por­tant pour le monde du sport. Il n’a peut-être pas été consi­dé­ré comme tel avant, mais moi, je le trouve im­por­tant. C’est vrai­ment dans la for­ma­tion et la pré­ven­tion que l’on peut être plus ac­tif et plus ef­fi­cace. En por­tant ce dis­cours, j’es­père que les vic­times vont se sen­tir plus consi­dé­rées et que ce­la va li­bé­rer la pa­role.

Con­crè­te­ment, à quoi doit-on s’at­tendre dans les pro­chains mois ?

Nous al­lons es­sayer de dif­fu­ser plus lar­ge­ment les ou­tils qui existent. En­suite, il faut adap­ter les mo­dules de for­ma­tion pour les rendre plus im­por­tants pour les édu­ca­teurs, les di­ri­geants et les bé­né­voles. Nous sou­hai­tons éga­le­ment en­cou­ra­ger la dé­non­cia­tion de ces com­por­te­ments. Et pas que de la part des vic­times. Si vous en­ten­dez au­tour de vous que ce­la ar­rive, il ne faut pas fer­mer les yeux.

« J’es­père que les vic­times vont se sen­tir plus consi­dé­rées. »

Roxa­na Ma­ra­ci­nea­nu sou­haite for­mer les édu­ca­teurs face au har­cè­le­ment.

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