Las las las las las

Pas as­sez dor­mi ? Le manque de som­meil ne re­pré­sente pas la seule ex­pli­ca­tion à la fa­tigue au quo­ti­dien. Elle est aus­si le fruit de mau­vaises ha­bi­tudes qui peuvent être cor­ri­gées.

20 Minutes (Montpellier) - - LA UNE - Anis­sa Bou­me­diene

Les va­cances d’été ne datent que de quelques se­maines et, pour­tant, on se traîne dé­jà. Au-de­là de pa­tho­lo­gies spé­ci­fiques (le syn­drome de fa­tigue chro­nique ou l’apnée du som­meil), d’une ca­rence en fer, du pe­tit dé­jeu­ner zap­pé, voire de l’apé­ro ava­lé trop tard le soir et de la lu­mière bleue émise par les écrans, des causes in­soup­çon­nées liées à nos ha­bi­tudes quo­ti­diennes peuvent ex­pli­quer ce manque d’éner­gie.

> Zap­per la séance de sport. Quand la jour­née a été bien char­gée, et que l’on n’ar­rive plus à mettre un pied de­vant l’autre, rien de plus fa­cile que de sa­cri­fier la séance de sport. Mais « le sport a une ac­tion ré­gu­la­trice de la phy­sio­lo­gie, in­siste Oli­vier Pal­lan­ca*, psy­chiatre et neu­ro­phy­sio­lo­giste spé­cia­liste des pa­tho­lo­gies du som­meil et des troubles de l’at­ten­tion. Par ailleurs, il pro­cure une sen­sa­tion de bien-être en li­bé­rant des en­dor­phines : ce­la per­met de faire une cou­pure dans sa jour­née et de bien dor­mir la nuit.» Con­seil : ne pas s’écou­ter, sauf si l’on est réel­le­ment épui­sé phy­si­que­ment.

> Ne pas boire suf­fi­sam­ment d’eau. Un dé­faut d’hy­dra­ta­tion « en­traîne une ré­duc­tion du vo­lume san­guin : le sang est plus épais », ex­plique Ra­phaël Gru­man, nu­tri­tion­niste. En consé­quence, le coeur four­nit plus d’ef­forts pour pom­per le sang, « ré­dui­sant ain­si la vi­tesse à la­quelle oxy­gène et nu­tri­ments sont trans­por­tés vers les muscles et les or­ganes». Et ce n’est pas tout. « Ce­la a aus­si un im­pact dé­lé­tère sur le foie, qui est l’or­gane d’éli­mi­na­tion, pour­sui­til. Si l’on ne boit pas as­sez d’eau, les toxines res­tent sto­ckées dans le foie et l’en­gorgent. L’or­gane a alors be­soin de beau­coup plus d’éner­gie pour éli­mi­ner ces toxines, ce qui gé­nère une fa­tigue pour l’or­ga­nisme.» Con­seil : avoir tou­jours une bou­teille d’eau à por­tée de main, de­vant l’écran, dans son sac, au pied du lit…

> En­chaî­ner les ca­fés pour te­nir le coup. «Boire trop de ca­fé et autres bois­sons éner­gi­santes aug­mente la ten­sion ar­té­rielle, le rythme car­diaque et le ni­veau de stress», alerte le Dr Pal­lan­ca. Une sur­con­som­ma­tion qui peut aus­si per­tur­ber l’en­dor­mis­se­ment et ac­croître les troubles du som­meil. Con­seil : li­mi­ter les ex­pres­sos et toute bois­son éner­gi­sante.

> Ne pas dé­con­nec­ter du bou­lot. Lut­ter contre l’hy­per­vi­gi­lance est l’un des gros en­jeux du mo­ment, ad­met le Dr Pal­lan­ca. « Lorsque l’on reste sur la brèche, on dort mal, le som­meil est de mau­vaise qua­li­té. On est donc fa­ti­gué, on est moins per­for­mant et là, c’est le cercle vi­cieux qui, dans les cas les plus graves, mène au burn-out.» Con­seil : se fixer des heures au-de­là des­quelles la consul­ta­tion des mails et mes­sages pros est pros­crite.

> Avoir un bu­reau en désordre. Se­lon une étude de l’uni­ver­si­té de Prin­ce­ton, avoir un bu­reau en­com­bré épuise men­ta­le­ment en li­mi­tant la capacité de votre cer­veau à trai­ter des in­for­ma­tions et se concen­trer. Con­seil : ran­ger un mi­ni­mum son es­pace de tra­vail chaque soir.

* Au­teur de Dor­mir, sans mé­doc ni ti­sanes (éd. Ma­ra­bout), à pa­raître ce mar­di.

L’hy­per­vi­gi­lance au bou­lot, ça use. Au point, par­fois, de me­ner au burn-out.

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