L’Union so­vié­tique en mu­sique (rock)

20 Minutes (Montpellier) - - CINÉMA - C.V.

Les vrais re­belles se moquent des ré­com­penses. Qu’im­porte, donc, si Le­to est ren­tré bre­douille du Fes­ti­val de Cannes. Au moins le film est-il par­ve­nu à faire dan­ser la Croi­sette en l’ab­sence de son réa­li­sa­teur, Ki­rill Se­re­bren­ni­kov, as­si­gné à ré­si­dence à Mos­cou après avoir été ar­rê­té à la fin du tour­nage d’un bio­pic rock qui en­voie du lourd. Dès le dé­but, le spec­ta­teur est em­por­té par le souffle de Ki­no, l’un des groupes les plus im­por­tants en Rus­sie au dé­but des an­nées 1980. «Mon film est une his­toire de rock’n’roll dans un cli­mat to­ta­le­ment hos­tile à cette mu­sique et aux in­fluences oc­ci­den­tales », pré­cise le réa­li­sa­teur du Dis­ciple.

Les plus belles scènes du film sont des pas­sages mu­si­caux où tout le monde chante et danse avec les hé­ros. Une in­ter­pré­ta­tion épa­tante de «Psy­cho Killer» de Tal­king Heads donne en­vie de sau­ter de son fau­teuil pour se joindre aux per­son­nages à l’écran. Est-ce le fait d’avoir ter­mi­né le mon­tage de son film alors qu’il était en­fer­mé chez lui ? Ki­rill Se­re­bren­ni­kov donne une éner­gie com­mu­ni­ca­tive au cri de ré­volte de ses hé­ros. Sans haine ni vio­lence, il fait pas­ser son mes­sage en mu­sique, lé­zar­dant les murs de sa geôle pour don­ner à en­tendre et à voir, tout en fai­sant un ad­mi­rable pied de nez aux au­to­ri­tés. A l’heure où Bo­he­mian Rhap­so­dy ca­ra­cole au som­met du box-of­fice fran­çais, on ne sau­rait trop conseiller de dé­cou­vrir ce bio­pic to­nique et ra­geur.

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