Gilles Lel­louche, on l’adopte

Drame Le réa­li­sa­teur du «Grand Bain» émeut comme ac­teur dans «Pu­pille», un film qui s’ajoute à la liste de ses réus­sites en 2018

20 Minutes (Montpellier) - - CINÉMA - Ca­ro­line Vié

Di­sons-le tout net : Gilles Lel­louche mé­ri­te­rait un cé­sar pour sa pres­ta­tion dans Pu­pille de Jeanne Her­ry. L’ac­teur est mer­veilleux de sen­si­bi­li­té en tra­vailleur so­cial ac­cueillant un bé­bé chez lui avant l’adop­tion de ce der­nier. « Jeanne Her­ry bos­sait sur son film à l’étage où je pré­pa­rais Le Grand Bain, confie l’ac­teur à 20 Mi­nutes. Elle écri­vait en en­ten­dant ma voix. C’est ce qui l’a pous­sée à m’at­tri­buer le rôle. » L’an­née 2018 est fa­vo­rable à Gilles Lel­louche. Le triomphe au box-of­fice du Grand Bain et de très beaux rôles, dans Pu­pille ou L’amour est une fête de Cé­dric An­ger le comblent. « Ces films ont pour point com­mun l’im­por­tance du col­lec­tif, un su­jet qui me tient vrai­ment à coeur », ex­plique l’ac­teur. La chaîne de so­li­da­ri­té qui se forme au­tour du bé­bé de Pu­pille, de sa nais­sance sous X à son dé­part chez sa mère adop­tive, en est un bel exemple.

« La ma­tu­ri­té et la pa­ter­ni­té m’ont per­mis de m’af­fir­mer en homme sen­sible. »

« J’ai été hap­pé par le cô­té bling­bling de mon mé­tier, ra­conte Gilles Lel­louche. On m’a long­temps per­çu comme quel­qu’un d’ar­ro­gant, et ce­la me fai­sait souf­frir. Mais la ma­tu­ri­té et la pa­ter­ni­té m’ont per­mis de m’af­fir­mer en homme sen­sible qui n’a rien d’un ma­cho. » C’est ce qui ap­pa­raît dans Pu­pille où sa fra­gi­li­té vi­rile sé­duit une col­lègue cé­li­ba­taire in­car­née par San­drine Ki­ber­lain. Sa ten­dresse pour son épouse comme celle qu’il ma­ni­feste au nour­ris­son dont il a la garde sont ré­vé­la­trices. « Pu­pille et Le Grand Bain me montrent tel que je suis vrai­ment », es­time l’ac­teur de 46 prin­temps.

Le suc­cès semble cu­rieu­se­ment avoir dé­gon­flé la tête de Gilles Lel­louche. « C’est vrai que j’ai été pré­ten­tieux, re­con­naît-il. La réus­site m’a re­mis les idées en place. Je suis plus vivable parce que je suis mieux dans ma peau, moins en­clin à me pro­té­ger par ti­mi­di­té. »

« Etre dans la vraie vie »

Gilles Lel­louche ne com­prend pas en­core bien ce qui lui ar­rive. Les ré­ac­tions en­thou­siastes sur les ré­seaux so­ciaux le ren­seignent sur sa po­pu­la­ri­té gran­dis­sante. « Je plains les réa­li­sa­teurs qui n’avaient pas Twit­ter et ne pou­vaient pas être en contact avec leurs fans, plai­san­tet-il. Je suis très ému de voir que Le Grand Bain, qui est “vrai­ment moi”, peut plaire au­tant. » Gilles Lel­louche est ré­so­lu à pro­fi­ter de toutes ces bonnes ondes. « Je n’ai ja­mais été aus­si vi­vant de toute mon exis­tence, j’ai en­vie d’être dans la vraie vie et pas seule­ment dans le bou­lot. » Il va prendre un peu de re­cul avant de se re­mettre au tra­vail en lais­sant le mer­veilleux Pu­pille à ses fans pour té­moi­gner de sa mé­ta­mor­phose.

L’ac­teur in­ter­prète un tra­vailleur so­cial ac­cueillant un bé­bé chez lui.

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