Un coût dur à en­cais­ser

Le gou­ver­ne­ment ac­cuse le mou­ve­ment so­cial d’être à l’ori­gine de la baisse de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique. Une po­si­tion contes­tée, no­tam­ment par les in­ter­nautes de «20 Mi­nutes».

20 Minutes (Montpellier) - - NEWS - Ni­co­las Raf­fin

Quel ef­fet le mou­ve­ment des « gi­lets jaunes » a-t-il sur l’éco­no­mie fran­çaise ? Pour le gou­ver­ne­ment, la cause est en­ten­due : la mo­bi­li­sa­tion a fait ra­len­tir la crois­sance du PIB à la fin de l’an­née 2018. La mi­nistre du Tra­vail, Mu­riel Pé­ni­caud, a même es­ti­mé cette se­maine que l’ac­crois­se­ment du chô­mage par­tiel était lié aux « gi­lets jaunes ».

Du cô­té des in­ter­nautes de 20 Mi­nutes, les avis sont plus par­ta­gés. « Même si nous sommes ins­tal­lés dans un vil­lage de 300 ha­bi­tants à l’écart des grands axes, le mou­ve­ment a for­te­ment tou­ché notre ac­ti­vi­té, es­time Emile Le­feuvre, pa­tron d’une au­berge dans le Loir-et-Cher. Sur le mois de dé­cembre, notre chiffre d’af­faires est en re­cul de 60 %, puisque les tou­ristes qui se dé­pla­çaient ha­bi­tuel­le­ment ne sont pas ve­nus par peur des blo­cages et des pé­nu­ries d’es­sence. »

« Je m’es­time chan­ceux »

En consé­quence, pour­suit le chef d’en­tre­prise, « nous avons été obli­gés de mettre nos sa­la­riés au re­pos for­cé pen­dant quelques jours. Bien­tôt, ce se­ra du chô­mage par­tiel, car nous avons dé­ci­dé de fer­mer plu­sieurs jours en jan­vier du fait du manque d’ac­ti­vi­té. Si ce­la per­dure, il fau­dra même en­vi­sa­ger le dé­pôt de bi­lan.» « En neuf ans d’ac­ti­vi­té, c’est notre pre­mière baisse de chiffre d’af­faires, constate Yves, com­mer­çant. Mais je m’es­time chan­ceux par rap­port à cer­tains qui ne s’en sor­ti­ront pas ! » D’autres in­ter­nautes es­timent que l’ex­pli­ca­tion du gou­ver­ne­ment est un peu fa­cile. « La crise est bien plus an­cienne, écrit Mic Dem sur la page Fa­ce­book de 20 Mi­nutes. Les “gi­lets jaunes” ne sont pas res­pon­sables de tout. Nombre de com­merces étaient dé­jà en difficulté avant, donc ar­rê­tez de tout leur mettre sur leur dos, c’est hon­teux. » Do­mi­nique ren­ché­rit : « S’il y avait eu des né­go­cia­tions hon­nêtes de­puis le dé­but au lieu de lais­ser pour­rir la si­tua­tion, les en­tre­prises n’en se­raient pas là. »

En at­ten­dant les pro­chaines mo­bi­li­sa­tions, de nom­breux com­mer­çants misent sur les soldes, qui ont com­men­cé mer­credi. « Mais en­core faut-il que la ville soit ac­ces­sible», a glis­sé à l’AFP Ch­ris­tian Baulme, pré­sident de la Ronde des quar­tiers, prin­ci­pale as­so­cia­tion de com­mer­çants à Bor­deaux.

A Pa­ris, lors de l’acte 4, le 8 dé­cembre 2018.

Pour le gou­ver­ne­ment, la mo­bi­li­sa­tion a par­ti­ci­pé au ra­len­tis­se­ment de la crois­sance du PIB à la fin de l’an­née 2018.

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