Re­dé­cou­vrir la sa­veur de l’eau

Nantes mé­tro­pole mène des ex­pé­riences éton­nantes pour vé­ri­fier si le goût de l’eau du ro­bi­net est ap­prou­vé

20 Minutes (Nantes) - - Grand Nantes - Frédéric Bre­non

L’eau du ro­bi­net est-elle ap­pré­ciée ? Son goût peut-il être amé­lio­ré ? C’est ce que tente de dé­ter­mi­ner Nantes mé­tro­pole, ges­tion­naire de l’eau po­table dis­tri­buée pour 85 % de la consom­ma­tion mé­tro­po­li­taine. La col­lec­ti­vi­té sol­li­cite ré­gu­liè­re­ment l’avis des ha­bi­tants via des ques­tion­naires. Mais, de­puis sep­tembre, elle a ren­for­cé sa dé­marche en créant un « ob­ser­va­toire du goût de l’eau ». Chaque tri­mestre, dix ha­bi­tants sont réunis pour goû­ter des échan­tillons d’eau pré­le­vés à dif­fé­rents points de l’ag­glo­mé­ra­tion. Leurs ré­ac­tions phy­sio­lo­giques sont me­su­rées à l’aide de plu­sieurs cap­teurs (au doigt, à la poi­trine, à la cla­vi­cule, à la che­ville). « Le corps va ré­agir à la sa­veur en ex­pri­mant un cer­tain nombre de ré­ac­tions im­per­cep­tibles. Les cap­teurs vont s’en rendre compte, comme un dé­tec­teur de mensonges », ex­plique Gwé­naëlle Haese, in­gé­nieure au Centre scien­ti­fique et tech­nique du bâ­ti­ment (CSTB), qui su­per­vise l’ex­pé­rience. « Ces tests sont im­por­tants car on ne peut pas se conten­ter des ques­tion­naires, pour­suit la scien­ti­fique. Sou­vent, les gens ont du mal à ex­pli­quer pour­quoi ils ont ai­mé une eau plu­tôt qu’une autre. »

« Plu­tôt ap­pré­ciée »

L’ob­jec­tif im­mé­diat pour Nantes mé­tro­pole est de vé­ri­fier que l’im­por­tante mo­der­ni­sa­tion en cours de l’usine d’eau, si­tuée à Ma­la­koff, n’al­tère pas le goût. A plus long terme, le but est de « réus­sir à dé­fi­nir une sa­veur ré­fé­rence qui soit ap­pré­ciée par le plus grand nombre ». Se­lon les pre­miers ré­sul­tats, l’eau nan­taise se­rait « plu­tôt ap­pré­ciée ». « Ses notes sont neutres, ce qui est re­cher­ché, confie Gwé­naëlle Haese. Sur cer­tains pré­lè­ve­ments un peu plus chlo­rés, on voit bien que les ré­ac­tions sont plus né­ga­tives. » « Le goût est lié au trai­te­ment, mais aus­si au lieu de pom­page, ex­plique Amé­lie Ger­main, char­gée de la re­la­tion à l’usa­ger à la di­rec­tion du cycle de l’eau de la mé­tro­pole. A Nantes, on puise dans la Loire, l’eau est ex­trê­me­ment di­luée. Le goût est aus­si une ques­tion d’ha­bi­tude. C’est aus­si pour ça que les gens bu­vant prin­ci­pa­le­ment de l’eau mi­né­rale trouvent par­fois l’eau du ro­bi­net moins bonne. »

Equi­pés de cap­teurs sen­so­riels, les ha­bi­tants goûtent plu­sieurs échan­tillons.

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