Cec­chi­na­to comme une balle

In­con­nu du pu­blic avant Ro­land-Gar­ros, Mar­co Cec­chi­na­to se re­trouve aux portes de la fi­nale. Gus­ta­vo Kuerten, qui a fait sen­sa­tion à son époque, parle du phé­no­mène.

20 Minutes (Nantes) - - GRAND NANTES - William Pe­rei­ra

Il avait beau crier « ouin » à chaque coup, Gus­ta­vo Kuerten, « c’est un sou­rire », a ra­con­té Ber­nard Giu­di­cel­li, le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de tennis, au mo­ment de nom­mer le Bré­si­lien pre­mier am­bas­sa­deur du tour­noi, jeu­di. Son pre­mier sacre, en 1997, était ce­lui d’un in­con­nu au ric­tus conta­gieux, qui sym­bo­li­sait l’amour du tour­noi pa­ri­sien pour les causes per­dues. Vingt et un ans plus tard, un phé­no­mène sem­blable émerge : il est ita­lien, s’ap­pelle Mar­co Cec­chi­na­to et joue une de­mi-fi­nale face à Do­mi­nic Thiem ce ven­dre­di.

In­con­nu avant le tour­noi. Quand il dé­barque à Pa­ris avec sa cas­quette et son ban­da­na en 1997, Kuerten n’est per­sonne : le Bré­si­lien est 66e mon­dial et n’a ja­mais rem­por­té un match à Pa­ris. Pa­reil pour l’Ita­lien, 72e mon­dial. « Cec­chi­na­to trouve, ici à Ro­land-Gar­ros, quelque chose qu’il ne connais­sait pas, la vic­toire, comme ce­la a été le cas avec moi en 1997, com­mente le triple-lau­réat du tour­noi. Et quand vous n’avez rien à perdre vous êtes re­dou­table. »

« Au pro­chain tour, il sort ». Ubal­do Sca­na­gat­ta, jour­na­liste trans­al­pin, voit un autre point com­mun entre les deux joueurs. « Quand Kuerten a rem­por­té son pre­mier Ro­land, il avait ga­gné plu­sieurs matchs contre des fa­vo­ris [Ka­fel­ni­kov, Bru­ge­ra, Mus­ter] et chaque fois on di­sait : “Bon, c’est le nu­mé­ro 66 mon­dial, il n’a ja­mais ga­gné de tour­noi de sa vie, il n’ira pas au bout.”» Peu de monde voyait Cec­chi­na­to battre Gof­fin, après avoir sor­ti la tête de sé­rie nu­mé­ro 10 Car­reño

Bus­ta, et en­core moins Djo­ko­vic en quarts de fi­nale. « Ce que Mar­co est en train de faire, c’est fou. Il faut un ni­veau de confiance en soi très au-des­sus de la moyenne pour y par­ve­nir », s’en­thou­siasme « Gu­ga ».

Une vie vouée à chan­ger. Qu’il s’ar­rête en de­mie, qu’il échoue en fi­nale ou sou­lève le tro­phée di­manche, Mar­co Cec­chi­na­to ne se­ra plus le même lun­di. « Votre vie change, as­sure Kuerten. D’un coup, vous vous re­trou­vez à par­ler de­vant 100 jour­na­listes qui parlent di­verses langues, il y a des at­tentes au­tour de vous. Main­te­nant, il va ren­trer sur un tour­noi et va vou­loir ga­gner trois matchs, alors qu’avant, il n’es­pé­rait n’en ga­gner qu’un. » L’Ita­lien n’en est pas là, mais il sait dé­jà qu’il se­ra tête de sé­rie à Wim­ble­don.

« Ce que Mar­co est en train de faire, c’est fou. » Gus­ta­vo Kuerten

Mar­co Cec­chi­na­to af­fronte Do­mi­nic Thiem en de­mi-fi­nale ce ven­dre­di.

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