L’hy­per­ac­ti­vi­té des en­fants di­vise les mé­de­cins

Bien que re­con­nus et mieux diag­nos­ti­qués, les dys­fonc­tion­ne­ments de l’at­ten­tion chez l’en­fant di­visent les mé­de­cins

20 Minutes (Nantes) - - GRAND NANTES - Oi­ha­na Ga­briel

Dans les « dys », ces troubles des ap­pren­tis­sages chez l’en­fant que sont la dys­lexie, la dys­praxie ou en­core la dys­gra­phie (une Jour­née na­tio­nale leur était consa­crée mer­cre­di), il y a aus­si les TDAH, soit les troubles de dé­fi­cit de l’at­ten­tion, avec ou sans hy­per­ac­ti­vi­té. Un dys­fonc­tion­ne­ment lourd à vivre au quo­ti­dien, pour ceux qui en sont at­teints comme pour leurs proches, ain­si que com­plexe à diag­nos­ti­quer, comme en té­moignent à la fois le web­do­cu­men­taire Plon­gez en nos troubles* et la confé­rence Stop à l’épi­dé­mie de TDAH, or­ga­ni­sée sa­me­di à Paris**. «Tur­bu­lent ne veut pas dire hy­per­ac­tif », re­cadre Ch­ris­telle Chan­treau-Bé­chouche. La co­au­teure de Dys, TDAH, EIP, le ma­nuel de sur­vie pour les pa­rents (Jo­sette Lyon) sait de quoi elle parle, elle qui a vu son aî­né «être in­at­ten­tif à l’école, ne pas te­nir en place à la mai­son, ré­pondre sans ré­flé­chir et ex­plo­ser un puzzle tant il était im­pa­tient. » Rien à voir, donc, avec « un en­fant pré­oc­cu­pé, et donc moins concen­tré, parce que, par exemple, ses pa­rents di­vorcent ». L’autre dif­fi­cul­té, c’est que les symp­tômes des TDAH peuvent faire pen­ser à d’autres pa­tho­lo­gies : dé­pres­sion, an­goisse, au­tisme, troubles du dé­ve­lop­pe­ment…

Un sur­diag­nos­tic ?

Sources de souf­france, les TDAH sont aus­si une source de cris­pa­tion au sein du monde mé­di­cal. « Nous pen­sons que, glo­ba­le­ment, les TDAH sont une créa­tion pour col­ler à l’ac­tion d’un mé­di­ca­ment qui marche, la Ri­ta­line, avance l’or­ga­ni­sa­teur de la confé­rence de sa­me­di, le psy­chiatre Pa­trick Land­man. Je pré­dis l’épi­dé­mie, mais j’es­père me trom­per. » Aux Etats-Unis, le nombre d’en­fants et d’ados diag­nos­ti­qués TDAH a bon­di de 43 %, entre 2003 et 2011. Quid en France ? « On était à 1 % d’en­fants diag­nos­ti­qués en 2005, au­jourd’hui, on est au­tour de 3%», avance Mi­chel Bot­bol, pé­do­psy­chiatre à Brest. Une pro­gres­sion qui s’ex­plique par « une meilleure sen­si­bi­li­sa­tion des mé­de­cins, et donc un meilleur re­pé­rage des en­fants», ex­plique Eric Ko­no­fal, spé­cia­liste du som­meil, entre autres, à l’hô­pi­tal Ro­bert-De­bré et au­teur de His­toire illus­trée de l’hy­per­ac­ti­vi­té (Im­pul­sion na­tu­relle). De­puis 2015, la Haute Au­to­ri­té de santé (HAS) a en ef­fet pu­blié des re­com­man­da­tions pour ai­der gé­né­ra­listes comme spé­cia­listes à mieux dé­pis­ter. « Le but était de cla­ri­fier les choses en sor­tant des po­lé­miques : ce n’est ni une créa­tion de la so­cié­té, ni une ma­la­die épi­dé­mique, tranche le Dr Grou­ch­ka, membre du Col­lège de la HAS. Il y a sur­tout des en­fants qui souffrent…» * Réa­li­sé par Ben­ja­min Laurent et fi­nan­cé, entre autres, par le Co­mi­té de co­or­di­na­tion d’Ac­tion han­di­cap. A re­trou­ver sur Plon­ge­zen­nos­troubles.com.

** A par­tir de 9 h, am­phi­théâtre Char­cot, hô­pi­tal La Pi­tié-Sal­pé­trière, 13e.

« Etre tur­bu­lent ne veut pas dire hy­per­ac­tif », re­cadre une mère de fa­mille.

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