Payet ca­pi­taine, ça n’avait rien d’une évi­dence

Di­mi­tri Payet, le mi­lieu de ter­rain de l’Olym­pique de Mar­seille, re­trouve Nantes, où il a été for­mé, ce mer­cre­di (19 h)

20 Minutes (Nantes) - - NEWS - Da­vid Phe­lip­peau et Jean Saint-Marc

Adil Ra­mi, le nez dans ses pompes. Bou­na Sarr, les yeux dans le vide. La longue cau­se­rie de Di­mi­tri Payet, di­manche avant OM-Reims, n’a pas cap­ti­vé tous les Mar­seillais – ou alors cer­tains sont des gé­nies de la dis­si­mu­la­tion. L’at­ta­quant mar­seillais doit pour­tant ré­gu­liè­re­ment ha­ran­guer ses troupes, cette sai­son : Mar­seille ga­lère et gagne moins d’un match sur deux. «Ce doit être une pé­riode dif­fi­cile pour Di­mi­tri : l’OM n’est que l’ombre de lui-même et Dim n’est pas non plus à son ni­veau maxi­mal », souffle Fous­se­ni Dia­wa­ra, qui l’a cô­toyé à Saint-Etienne.

A l’époque, Payet était plu­tôt du genre à se faire dis­cret dans un coin du ves­tiaire. Rio Ma­vu­ba, qui était son ca­pi­taine à Lille quelques an­nées plus tard, avoue avoir été «sur­pris» quand Ru­di Gar­cia a don­né le bras­sard à Payet : « Quand je l’ai connu, il pre­nait très peu la pa­role. En plus, Ru­di pré­fère, en gé­né­ral, nom­mer des joueurs dé­fen­sifs. Il y a cinq ou six ans, je n’au­rais ja­mais pro­nos­ti­qué que Dim de­vien­drait ca­pi­taine ! » Oli­vier Quint, qui l’a connu au FCN, n’au­rait pas mi­sé, lui non plus, ses der­niers sa­laires de joueur pro sur un Payet ca­pi­taine d’un des plus grands clubs fran­çais : « C’était un ga­min, un ti­mide, qui par­lait peu. »

Le ca­rac­tère de sa mère?

« J’ai connu des joueurs vrai­ment ti­mides, vrai­ment ren­fer­més, comme Da­vid Hel­le­buyck, par exemple. Di­mi­tri par­lait peu, mais don­nait quand même son avis », nuance pour­tant Fous­se­ni Dia­wa­ra. « Il y avait pas mal d’an­ciens, dont je fai­sais par­tie, em­braie Geof­frey Der­nis, autre an­cien joueur de l’ASSE. Donc il était va­che­ment à l’écoute, mais on sent qu’il était le cul entre deux chaises : il vou­lait s’af­fir­mer, mais pas trop non plus. »

Ti­mide, mais « pas do­cile non plus », com­plète Re­né De­genne, qui l’a re­cru­té à La Réunion et l’a fait ve­nir à Nantes. Le sym­pa­thique oc­to­gé­naire se sou­vient bien de quelques dis­cus­sions mus­clées entre le jeune me­neur de jeu et Laurent Guyot, di­rec­teur du centre de for­ma­tion. Une ques­tion de gé­né­tique, es­time De­genne, qui connaît très bien les Payet : « Di­mi­tri tient aus­si sa per­son­na­li­té de sa mère, une femme char­mante, très di­rec­tive ! Quand on va dî­ner chez eux, c’est elle qui in­vite, pas son ma­ri ! Elle prend toutes les dé­ci­sions. » En plein « sprint » hi­ver­nal, l’OM joue tous les trois jours : ce n’est pas trop le bon mo­ment pour les grands re­pas d’équipe or­ga­ni­sés par le ca­pi­taine. Mais après une « pa­ren­thèse dif­fi­cile » (l’eu­phé­misme est d’Adil Ra­mi) à Franc­fort, «Di­mi­tri a réus­si à ins­til­ler une am­biance saine au sein de l’équipe », nous jure Hi­ro­ki Sa­kai, « plu­tôt sur­pris. » Com­ment donc ? « Ce n’était pas for­cé­ment avec de grands dis­cours, non… C’était bien plus sub­til ! »

Payet, ici en 2007 avec le FCN face à Se­dan, re­trouve la Beau­joire avec l’OM.

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