L’enfarineur de la maire écope d’une peine avec sur­sis

L’homme s’en était pris à Jo­han­na Rolland en oc­tobre

20 Minutes (Nantes) - - LA UNE - Ju­lie Ur­bach

Mer­credi après-mi­di, au tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Nantes, un jeune homme de 24 ans était ac­cu­sé d’avoir en­fa­ri­né la maire de Nantes Jo­han­na Rolland (PS), en oc­tobre der­nier. Il a été condam­né à un mois de pri­son avec sur­sis pour vio­lences. Ses sou­tiens, ve­nus nom­breux as­sis­ter à ce pro­cès peu ba­nal, se sont ex­pri­més bruyam­ment à l’an­nonce de la peine.

« Un acte in­élé­gant »

Quelques heures plus tôt, à la barre, cet étu­diant en droit au look soi­gné et au ca­sier ju­di­ciaire vierge a re­con­nu son geste. Oui, il s’est bien ren­du le 6 oc­tobre der­nier au mar­ché de la Pe­tite-Hol­lande pour croi­ser Jo­han­na Rolland, qui or­ga­ni­sait une réunion pu­blique en com­pa­gnie d’autres élus. Oui, il a ache­té sur place un ki­lo de fa­rine bio avant d’en sai­sir une poi­gnée et de la pro­je­ter sur l’édile, sans la bles­ser. « C’est un acte in­élé­gant, je le re­con­nais, a lan­cé ce­lui qui a en­suite mis cinq jours à se li­vrer à la po­lice. Je ne vou­lais pas que ce soit violent, mais sou­hai­tais l’in­ter­pel­ler pour mettre le su­jet des mi­grants sur la table. »

Pour le jeune homme, cet acte vi­sait donc à dé­non­cer la po­li­tique de la ville vis-à-vis des exi­lés, et no­tam­ment des ar­res­ta­tions et éva­cua­tions. « C’est une cause qui m’est im­por­tante, a cal­me­ment jus­ti­fié le pré­ve­nu, membre ac­tif de l’as­so­cia­tion l’Autre Can­tine, qui pré­pare des re­pas pour les mi­grants. Ce n’est pas pos­sible que des élus fassent ce genre de choses et rompent le dia­logue avec les as­so­cia­tions. » « Cer­taines dé­ci­sions mé­ritent des dé­bats. Nous sommes dans une so­cié­té dé­mo­cra­tique où l’on ne s’en prend pas aux élus dans l’exer­cice de leurs fonc­tions, a de son cô­té es­ti­mé le mi­nis­tère pu­blic, qui avait re­quis quatre mois de pri­son avec sur­sis. Ce jet de fa­rine a été fait par sur­prise, au vi­sage, ce sont de vé­ri­tables vio­lences à mon sens. Le but n’était pas d’ob­te­nir une ré­ponse mais d’hu­mi­lier et d’at­ta­quer la fonc­tion. »

La maire or­ga­ni­sait une réunion pu­blique avec d’autres élus.

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