Une mise à jour des dates de consom­ma­tion prô­née pour li­mi­ter le gas­pillage ali­men­taire

Une cam­pagne pour dif­fé­ren­cier les dates de consom­ma­tion des pro­duits est lan­cée La men­tion «date li­mite de consom­ma­tion » est in­con­nue de 53% des consom­ma­teurs.

20 Minutes (Nantes) - - LA UNE - Fa­brice Pou­li­quen

A consom­mer «jus­qu’au» ou «de pré­fé­rence avant ». On a tous dé­jà vu ces re­com­man­da­tions de consom­ma­tion, qui doivent fi­gu­rer sur les den­rées ali­men­taires ven­dues pré­em­bal­lées dans l’Union eu­ro­péenne. Mais con­nait-on vrai­ment la dif­fé­rence entre les deux ? Ce lun­di, l’en­tre­prise Too Good To Go France lance, avec les 51 si­gna­taires du pacte sur les Dates de consom­ma­tion (dis­tri­bu­teurs, in­dus­triels, mi­nis­tères de l’Agri­cul­ture et de la Tran­si­tion éco­lo­gique…), une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion.

De­puis 2018, Too Good To Go se mo­bi­lise no­tam­ment sur les dates de pé­remp­tion et les confu­sions qu’elles gé­nèrent. Ain­si, 53 % des consom­ma­teurs eu­ro­péens ne connaissen­t pas la si­gni­fi­ca­tion de la men­tion «date li­mite de consom­ma­tion» (DLC) [« Consom­mer jus­qu’au »] et 60 % celle de « date de du­ra­bi­li­té mi­ni­male » (DDM) [« Consom­mer de pré­fé­rence avant»], ré­vèle une en­quête d’Eu­ro­ba­ro­mètre, pa­rue en 2017. Ça vaut pour­tant le coup de le sa­voir.

La DLC est une date sa­ni­taire. Au-de­là, consom­mer le pro­duit peut com­por­ter des risques pour la san­té. Ce sont les viandes, les pois­sons, les oeufs, des pro­duits lai­tiers et des jus de fruits frais. La DDM, elle, est ap­po­sée sur les pro­duits moyen­ne­ment et peu pé­ris­sables tels les gâ­teaux secs, les boîtes de conserve ou en­core les sauces. « Pas­sé cette date, le pro­duit peut perdre des qua­li­tés nu­tri­tives et or­ga­no­lep­tiques (gus­ta­tives, ol­fac­tives...), pré­cise Lu­cie Basch, fon­da­trice de Too Good To Go France. Der­rière ces af­fi­chages, il y a l’en­jeu du gas­pillage. Chaque an­née, en France, dix mil­lions de tonnes de nour­ri­ture consom­mable se­raient je­tées à la pou­belle, se­lon l’Agence de la tran­si­tion éco­lo­gique (Ademe). De plus, 33 % du gas­pillage ali­men­taire a lieu dans nos foyers.

Pour Too Good To Go, il est pos­sible d’être plus ex­pli­cite sur les em­bal­lages, afin de mieux dis­tin­guer la DDM de la DLC. L’en­tre­prise, connue pour son ap­pli an­ti­gas­pi, pousse pour ajou­ter après le « à consom­mer de pré­fé­rence avant » la men­tion « mais tou­jours bon après » ou « mais aus­si après ». Le tout ac­com­pa­gné d’un pic­to­gramme in­vi­tant le consom­ma­teur à faire ap­pel à ses sens – « goû­tez, sen­tez, ob­ser­vez ».

Cer­tains in­dus­triels et dis­tri­bu­teurs ont dé­jà ré­pon­du fa­vo­ra­ble­ment à l’ap­pel de Too Good To Go. C’est le cas, de­puis le mois de juin, de Bel pour sa marque La Vache qui rit, dont 17 mil­lions de boîtes in­tègrent dé­sor­mais des ex­pli­ca­tions sur la DDM. No­tam­ment sur les in­ter­ca­laires qui sé­parent les por­tions.

Les gâ­teaux secs font par­tie des pro­duits à «date de du­ra­bi­li­té mi­ni­male».

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