20 Minutes (Nantes)

La fé­dé s’est-elle re­mise en piste?

Na­tha­lie Pé­cha­lat, qui a suc­cé­dé à Di­dier Gail­ha­guet, a en­tre­pris un tra­vail de re­fon­da­tion consi­dé­rable, mais en­core per­fec­tible

- Ju­lien La­loye Paris · Nathalie Pechalat

Il pa­raît que c’est de­ve­nu un pe­tit jeu dans les cou­loirs de la fé­dé­ra­tion fran­çaise des sports de Glace (FFSG), rue de Reuilly (Pa­ris, 12e). De­vi­ner d’où sor­ti­ra la pro­chaine lettre ano­nyme, op­por­tu­né­ment en­voyée à toutes les boîtes mail qui comptent. La der­nière se paie Na­tha­lie Pé­cha­lat. Ce se­rait bien dans le style Gail­ha­guet, per­sifle-t-on en in­terne. Ain­si, en sep­tembre, un mail en­flam­mé a été en­voyé à nombre de pré­si­dents de club avant la grande as­sem­blée gé­né­rale de va­li­da­tion des nou­veaux sta­tuts, vi­sant à étouf­fer dans l’oeuf une ré­forme phare de la nou­velle gou­ver­nance : la li­mi­ta­tion à trois man­dats pré­si­den­tiels. Une ma­nière de clou­ter un peu plus fort le cer­cueil de Di­dier Gail­ha­guet (lire l’en­ca­dré), alors em­pê­ché de re­ve­nir pour de bon.

Une ten­ta­tive de re­tour vite avor­tée : 83 % de pour. Ce vote marque un tour­nant dans la crise que tra­verse la FFSG de­puis les ré­vé­la­tions de Sa­rah Abit­bol, Hé­lène Go­dard ou Anne Bru­ne­teaux sur les vio­lences sexuelles com­mises lors des der­nières dé­cen­nies. «On avait peur que ça ne passe pas, ou que ça passe très juste, et là ça lé­gi­ti­mait d’une cer­taine fa­çon la nou­velle di­rec­tion », se fé­li­cite un membre du co­mi­té fé­dé­ral.

«Na­tha­lie a fait le mé­nage»

Pas juste un sa­tis­fe­cit pour l’ego. Avec ces nou­veaux sta­tuts, la FFSG s’est en­fin mise dans les clous du mi­nis­tère des Sports. Onze ar­ticles ont été re­vi­si­tés de fond en comble pour mettre les textes en confor­mi­té avec la loi. « Un bou­lot de dingue, qua­torze heures par jour, pour faire en six mois ce qu’on réus­sit d’ha­bi­tude en un an », ex­plique-t-on au sein du bu­reau exé­cu­tif. Quelques glo­rieux an­ciens de l’époque Gail­ha­guet ont mis la main à la pâte sans re­chi­gner, ce qui a pu faire grin­cer quelques dents. La fé­dé se jus­ti­fie : « Il n’y avait plus d’ar­chives, plus rien, les com­mis­sions ne pou­vaient plus fonc­tion­ner lé­ga­le­ment. ll a fal­lu tout re­bâ­tir de zé­ro, on n’au­rait rien pu faire sans eux, même si Na­tha­lie a fait le mé­nage. » Les al­liés les plus im­pli­qués de l’ère gla­ciaire ont en ef­fet été priés d’al­ler voir ailleurs. Sub­siste tou­te­fois une deuxième ins­pec­tion gé­né­rale, cette fois sur le vo­let fi­nan­cier de la ges­tion fé­dé­rale. Ses conclu­sions sont at­ten­dues dans les se­maines à ve­nir.

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«ll a fal­lu tout re­bâ­tir de zé­ro», sou­ligne-t-on du cô­té de la fé­dé­ra­tion.

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