20 Minutes (Nantes)

Voies de ré­flexion

Entre in­cer­ti­tudes liées à la crise et né­ces­si­té de re­lan­cer la ma­chine éco­no­mique, le sec­teur des trans­ports tente de re­gar­der droit de­vant.

- Fré­dé­ric Bre­non Transportation · Industries

Comme tous les ré­seaux de trans­ports pu­blics, la Se­mi­tan est, de­puis mars 2020, se­couée par la crise sa­ni­taire et l’in­quié­tude des voya­geurs à par­ta­ger un même vé­hi­cule.

› Où en est la fré­quen­ta­tion? Fin 2020, juste avant la mise en oeuvre du couvre-feu de 18 h, la fré­quen­ta­tion glo­bale du ré­seau TAN était es­ti­mée à 75 % de son ni­veau de l’an pas­sé, se­lon la di­rec­tion. S’il ne se «ré­jouit pas» de cette si­tua­tion « dif­fi­cile », Pas­cal Bo­lo, pré­sident de la Se­mi­tan, consi­dère que le ré­seau nan­tais «li­mite la casse» et s’en sort même « mieux que la moyenne des grands ré­seaux ur­bains». La fré­quen­ta­tion a évi­dem­ment été beau­coup plus faible lors des deux confi­ne­ments, «sur­tout au prin­temps».

› Quelles consé­quences fi­nan­cières ? Les re­cettes billet­te­rie ont chu­té de 24 mil­lions d’eu­ros en 2020. Une perte à la­quelle il faut ajou­ter 3,5 mil­lions d’eu­ros de dé­penses sup­plé­men­taires pour le net­toyage ren­for­cé et la dis­tri­bu­tion de gel. Sans comp­ter une di­mi­nu­tion du ver­se­ment mo­bi­li­té trans­port abon­dé par les en­tre­prises éva­lué à 15 mil­lions d’eu­ros. «C’est du ja­mais vu. C’est quelque chose qui me­nace l’éco­no­mie des trans­ports», s’in­quiète Pas­cal Bo­lo. Heu­reu­se­ment, la TAN a éco­no­mi­sé 12 mil­lions d’eu­ros grâce aux me­sures de chô­mage par­tiel et aux ki­lo­mètres non ef­fec­tués.

› Quel im­pact sur le ser­vice ac­tuel ? Des « ajus­te­ments » ont été ef­fec­tués cou­rant 2020. Les fré­quences ont été ré­duites en fonc­tion des «res­tric­tions de dé­pla­ce­ments», les ho­raires de fin de ser­vice ont été abais­sés le wee­kend. Néan­moins, pas de gros bou­le­ver­se­ments à si­gna­ler. Plu­sieurs lignes chro­no­bus ont même été ren­for­cées au der­nier tri­mestre. «Nous sommes obli­gés de faire des adap­ta­tions, car il ne sert à rien de dé­pen­ser pour faire cir­cu­ler des bus à vide. Mais notre vo­lon­té c’est de main­te­nir l’offre au plus haut ni­veau. On sait très bien que si on la ré­duit, c’est un cercle vi­cieux qui s’opé­re­rait. »

› Com­ment se pas­se­ra 2021 ? « Il faut re­ga­gner la confiance des usa­gers, in­siste Pas­cal Bo­lo. Mal­gré les ap­pa­rences, ce n’est pas dans les trans­ports pu­blics qu’on se conta­mine le plus, bien au contraire.» Le pré­sident re­con­naît tou­te­fois que les pro­fes­sion­nels du sec­teur tablent sur « trois à quatre an­nées» pour un re­tour de fré­quen­ta­tion à la nor­male. En at­ten­dant, les aug­men­ta­tions d’offre pré­vues pour sep­tembre, no­tam­ment pour le su­douest de l’ag­glo­mé­ra­tion, ne sont « pas re­mises en cause ». La gra­tui­té des trans­ports en com­mun le week-end, pro­mise après les mu­ni­ci­pales, pren­dra «bel et bien ef­fet à la ren­trée».

› Les pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment à plus long terme me­na­cés ? La ques­tion se pose avec in­sis­tance à Nantes mé­tro­pole. « On est évi­dem­ment un peu dans le brouillard, mais on ne veut pas se pré­ci­pi­ter pour prendre des dé­ci­sions que l’on pour­rait re­gret­ter plus tard», in­dique Pas­cal Bo­lo. A ce stade, les pro­jets de trois nou­velles lignes de tram­way «se pour­suivent».

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A nos lec­teurs. Re­trou­vez votre jour­nal «20 Mi­nutes» ven­dre­di dans les racks. En at­ten­dant, vous pou­vez suivre toute l’ac­tua­li­té sur l’en­semble de nos sup­ports nu­mé­riques.
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Les re­cettes billet­te­rie ont plon­gé de 24 mil­lions d’eu­ros en 2020.

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